Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesTTangerine Dream › Mala Kunia

Tangerine Dream › Mala Kunia

  • 2014 - Eastgate, Eastgate - 071 CD (1 cd digipack)

cd | 7 titres | 52:14 min

  • 1 Shadow and Sun [ 7:54]
  • 2 Madagaskunia [ 6:51]
  • 3 Madagasmala [ 7:04]
  • 4 Beyond Uluru [ 7:49]
  • 5 Vision of the Blue Birds [ 8:39]
  • 6 Snake Men's Dance at Dawn [ 5:51]
  • 7 Power of the Rainbow Serpent [ 8:03]

enregistrement

Composé et enregistré à l'automne 2014

line up

Edgar Froese (claviers, synthés et guitare), Thorsten Quaeschning (Claviers, synthés et séquenceurs) Ulrich Schnauss (Claviers et synthés) Hoshiko Yamane (Violon et violoncelle)

chronique

Styles
musique électronique
Styles personnels
edm, synth-pop, new berlin school

Voici le premier et le dernier album, quoiqu'il soit listé comme étant un Cup Disc, de la dernière mouture du grand projet d'Edgar Froese; les Quantum Years. Et aussi injuste que cela puisse paraître aux yeux des premiers fans et de ceux qui vénéraient le vaisseau sonique des années 80, cette délicieuse réorientation de Tangerine Dream, toujours selon les propos d'Edgar qui spécifiait que le groupe retournerait à la base avec des équipements purement électroniques, ne donnerait qu'un mince aperçu de tout son potentiel. Car le potentiel était bel et bien là. Ce “Mala Kunia” en fait toute la preuve. Fini les percussions sans âmes et le saxophone sans destin, place à l'électronique. Fini la guitare, sauf pour ses riffs. Et fini les violons! Même si listés, on les entends à peine ici. Place à la MÉ! Et surtout, place à Ulrich Schnauss dont la renommée n'est pas surfaite et dont la collaboration avec Froese/ Quaeschning me fait penser vaguement à ce vent de fraîcheur que l'arrivée de Schmoelling insufflait à Franke et Froese au tournant des années 80. Un rythme sombre, vif et palpitant émerge des ondes qui dansotent et chatoient vivement comme les reflets des aurores boréales caressent l'ouverture de "Shadow and Sun". On sent ici un duel entre ces rythmes trépignant d'incertitude du Dream des années Eastgate et l'approche rythmique plus harmonique d'Ulrich Schnauss qui cosigne ce titre, ainsi que "Madagasmala", avec Edgar. Étouffé dans sa lourde structure, "Shadow and Sun" tangue entre un rock électronique lourd à la TD, apprêté de nappes de voix et de riffs, et ces structures harmoniques électroniques de Schnauss qui sont ornées de tintements et de bribes de mélodie à la Jerome Froese. Y a-t'il un drapeau rouge qui se lève quelque part? La signature rythmique converge avec cette nuée de petits pas séquencés qui sautillent et frétillent comme un concert de pas de canards s'agitant frénétiquement sous des eaux agitées. C'est de la bonne MÉ qui laissait effectivement entrevoir de belles possibilités, j'aime mieux l'approche plus enjouée et harmonique de "Madagasmala", mais qui semble aussi se chercher dans cette nouvelle direction qu'Edgar veut insuffler à son Dream. Une direction qui est très apparente avec le très bon "Madagaskunia" où tout, mais tout, nous ramène dans les années Stuntman et Pinnacles, mais avec une superbe enveloppe contemporaine. C'est signé Edgar et c'est superbement bon. "Beyond Uluru" arbore les années Eastgate avec une rythme sautillant dont le chevrotement forge une discrète mais efficace structure stroboscopique. Les effets sonores sont dominants alors que les sombres harmonies rejoignent cette touche de morosité qui caractérise les dernières œuvres d'Edgar. C'est bon, mais il n'y a pas d'effets d'intensité. Tout est linéaire dans ce Cup Disc, mis à part les compositions du tandem Froese/Schnauss qui semblent avoir plus de courbes et de profondeur rythmique. "Vision of the Blue Birds" va nous faire la même impression que "Madagaskunia". C'est un bon titre où les vieux parfums d'Edgar trônent comme cet effet d'essentialité qui tenaille les fans de la première heure de son vaisseau. On ne saura jamais la suite, quoique l'album au complet est promis pour le début 2016 avec la participation de Peter Baumann (sic!), mais les fenêtres du royaume Froese étaient grandes ouvertes ici. Et même si "Snake Men's Dance at Dawn" fait genre western électronique bourré de pastiches aux années Eastgate, on aime! C'est du bon Edgar qui fait siffloter son synthé comme les harmonies sifflées par un cowboy nonchalant. Composé par Thorsten Quaeschning, "Power of the Rainbow Serpent" offre une superbe tangente croissante avec une nuée d'ions séquencés qui papillonnent vivement dans les caresses soniques de beaux arrangements. Ces violons tissent des harmonies éthérées sur une structure de rythme à moitié ambiant, presqu'un down-tempo cinématographique, qui laisse ses empreintes sur nos émotions avec de bonnes pulsations sourdes dont les résonnances flirtent avec un beau maillage de séquences et percussions. C'est du très bon Thorsten Quaeschning qui, par moments, sonne tellement comme Edgar. On fait beaucoup de tapage sur l'arrivée d'Ulrich Schnauss. Et avec raison! Le son de Tangerine Dream change littéralement avec "Shadow and Sun" et "Madagasmala". Sauf que les bijoux de ce “Mala Kunia” sont bel et bien les compositions d'Edgar qui est ici plus séduisant que jamais. Mais ce Cup Disc a aussi ce gros défaut des dernières œuvres de la gang à Edgar; il est trop linéaire. Il n'y a pas d'explosion dans les rythmes, ni dans les émotions. Individuellement et piste par piste écouté ici et là, la musique sonne très bien. C'est lorsque l'on écoute “Mala Kunia” que l'on se rend compte de son manque de profondeur. Mais oui, j'anticiperais des belles choses. Sauf que l'on ne le saura jamais. Edgar est parti trop vite. J'espère sincèrement que la suite de “Mala Kunia” trouve sa conclusion. Pour la suite, j'espère qu'Eastgate aura la décence de respecter la mémoire de sa principale raison d'exister et que Tangerine Dream ira rejoindre Edgar à sa nouvelle demeure cosmique.

note       Publiée le mardi 8 septembre 2015

partagez 'Mala Kunia' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Mala Kunia"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Mala Kunia".

ajoutez une note sur : "Mala Kunia"

Note moyenne :        1 vote

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Mala Kunia".

ajoutez un commentaire sur : "Mala Kunia"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Mala Kunia".

snooky › dimanche 9 octobre 2016 - 14:31  message privé !

Assez tenté par la chronique de Sylvain ,je l'ai finalement écouté cet album ! Encore un coup d'épée dans l'eau ! Certes , ca passe bien , agréable aux oreilles , peut être un peu trop ! A l'écoute des deux premiers morceaux , je m'étais dit qu'il allait se passer quelque chose ! Bien rythmés , dynamiques et ce , même si l'intro du 2 est sirupeuse à souhait. Mais la suite n'a pas confirmé. Aucune innovation , aucune trouvaille , tout est lisse , sans aspérités. Sans parler de la répétitivité qui confère à l'ensemble une monotonie générale. Je suis bien d'accord avec etiennefroes , et sans faire de mauvais jeux de mots avec la disparition récente d'EF , Tangerine Dream est bel et bien mort... De toutes façons , il était mort bien avant ! Mais j'ai voulu essayer...Et y croire !

etiennefroes › dimanche 22 novembre 2015 - 09:10  message privé !

Pour moi, l'aventure Tangerine dream est terminée. Il y aura encore 2 parutions où on verra peu ou prou la trace d'Edgar Froese. Après Schnauss et quaeschnig ont une carrière individuelle importante. Je les vois mal continuer à faire de l'Edgar Froese. Eastgate a encore tous les concerts parus dans les tangerine tree et leaves et non publiés d'une manière officielle.

le mourm › jeudi 10 septembre 2015 - 14:56  message privé !

Pas encore écouté, mais ta chronique me tente bien. C'est vrai que les derniers albums sortis ont tous de très bons moments, mais qu'écoutés en entier ils paraissent un peu trop linéaire. Tellement homogène que tout finit par se ressembler et l'attention se dilue. J'adhère complètement à ta conclusion : je pense tout comme toi que, mis à part ce dernier projet, rien ne devrait plus être créé sous le nom "Tangerine Dream", quand bien même Baumann serait à nouveau dans l'équipe. Question de cohérence : Froese était le leader, le créateur, et le seul membre permanent du groupe depuis 1967. En revanche, Eastgate peut encore se faire beaucoup de sous en nous proposant des enregistrements professionnels de certains concerts mythiques des années 70 et 80, comme ils avaient commencé à le faire avec les deux Live 1986 de Vault IV. Si possible, des concerts d'avant 1982, quand il y avait encore beaucoup de choses "live" par dessus le playback (les bootlegs du Tour 1980 sont à ce titre très intéressants)...

snooky › mardi 8 septembre 2015 - 19:03  message privé !

J'avoue que la chronique de Phaedream m'interpelle quelque peu ! Et je serais bien curieux de l'écouter celui là ! :))