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Tangerine Dream › Kyoto

11 titres - 65:31 min

  • 1. Streets of Kyoto (7:26)
  • 2. Industrial life (5:54)
  • 3. Chilly Moons (8:55)
  • 4. Lizard lounge (4:42)
  • 5. Cherry blossom road (5:59)
  • 6. Tamago Yaki (7:48)
  • 7. Craving for silence (6.13)
  • 8. Mad Sumo yamoto (3.19)
  • 9. Kyoto sunrise (4:00)
  • 10. Last train to Osaka (3:44)
  • 11. Shogun`s prayer (7:25)

line up

Edgar Froese (keyboards & guitares), Johannes Schmoelling : Keyboards

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique berlin school

Lorsque j’ai eu vent que TDI allait mettre sur cd des enregistrements inédits d’Edgar Froese et Johannes Schmoelling écrits en 1983, je me suis dit; WOW! 1983…l’année de Poland, le chef d’œuvre des années 80. Les informations se précisaient. Ce serait un cd comprenant des compositions lors de la tournée Japonaise de 83. Du coup je me suis redit; WOW encore. Est-ce possible? Allais-je ré entendre ses longues envolées séquentielles? Ses longues pièces qui prennent des tournures surprenantes aux folles envolées synthétiques? Plus la publicité passait, plus je déchantais. J’ai compris qu’il s’agissait d’un recueil d’une dizaine de titres, donc de courtes pièces. Mais je gardais espoir. La sonorité, l’ingéniosité des années 80 serait au rendez-vous. Commet pouvait-il en être autrement? Et c’est à demi vrai. Kyoto n’offre pas de délires séquentiels, cosmiques ou psychédéliques. C’est effectivement un recueil de 11 pièces, mais par endroits on sent un souffle court de l’essence de TD. Streets of Kyoto se lâche lousse sur un rythme échevelé et hachuré, galopant sur des percussions nerveuses. L’atmosphère est très Froese. Industrial Life laisse échapper quelques percussions vaporeuses, un peu comme sur Dream Mixes 3 et The Spirit Of The Czar, qui remuent les cendres de The Keep. Mêmes lignes, même sonorité et même atmosphère. La guitare est mordante et oscille à travers des ondes électroniques qui perdent impact sur des percussions descendantes. Une courte pénombre et le rythme revient enjoué et soutenu. Un voyage musical aux limites de Near Dark. Un bon titre. En fait, Kyoto me semble être un clin d’oeil aux trames sonores que TD réalisaient à la tonne dans les années 80. Chilly Moons monte en choeur sur des notes en suspension et une fine ligne basse s’installe. À la Wavelenght, le synthé émet une ligne séquentielle nerveuse. C’est doux et léger et ça roule sur des percussions et un synthé en loupe. Le rythme est conservateur et se nourrit de percussions qui claquent. Lizard Lounge est atmosphériques. Les notes se font écho sur des tintements de cymbales. Dans un tel climat vaseux, ça engendre une étrange incantation musicale. Les effets sonores, les arrangements et les percussions sauvent la mise à un titre qui aurait pu être simplement que du vent. Deux lignes de piano mélodieuses s’épousent pour former une douce berceuse sur Cherry Blossom Road. Cette mélopée prend un peu plus de coffres avec de superbes arrangements. Un beau rendez-vous musical. Après ce moment tendresse, Tamago Yaki nous sert un rythme punché. Un tempo statique qui tourne autour de percussions assommantes qui gagnent en force avec progression. Une autre ballade nous attend avec Craving for Silence. Les arrangements, notamment les claquettes qui suintent sur une course de piano, sont brillantes. Mad Sumo Yamoto laisse échapper des notes qui forment une loupe séquentielle avec percussions agencées. Le synthé est aussi suave que tordu sur un rythme cassant. Ce beat est superbement soutenu par un génial jeu de synthé qui tourne, tel un cyclone sonore. Une excellente atmosphère bouclée. Avec sa ligne basse échevelée, Kyoto Sunrise sort tout droit de Sorcerer, surtout lorsque les effets sonores et un tabla synthétique entre en scène. Bonne pièce à la TD. Comme son titre l’indique Last train to Osaka ne peut être qu’une ballade nostalgique. Debout sur le bord qu quai, notre copine qui nous quitte, le cœur qui nous étreint. Cette brûlante émotion Edgar l’a saisie. Doucement divin. Un gros roulement de percussion annonce la fin de Kyoto avec Shogun`s Prayer. Un titre nerveux. Un rock symphonique, comme on en trouve sur Melrose. Même si nous sommes fort loin des classiques auxquels Schmoelling a participé avec TD, j’ai passé d’agréables moments en écoutant Kyoto. Il y a trop de référence au matériel de la période Schmoelling pour ne pas l’apprécier. Évidement Edgar a Froeséifié les plages. C’est peut-être cet assaisonnement maison qui donne des airs plus jeunot, car si l’essence Schmoelling est présente, il faut creuser fort parmi les arrangements d’Edgar pour en saisir toute la dimension. Car, par endroits, ça sonne comme le TD post Johannes ou les œuvres solitaires de Froese. Avec Kyoto, j’ai cessé d’espérer qu’il y aurait effectivement des restants de studio des grandes œuvres du Rêve Mandarin. C’est clair, tout le matériel semble avoir passé dans les innombrables compilations et/ou trames sonores qu’Edgar a multiplié depuis les années 80. Kyoto n’est pas du grand TD. Mais c’est ce qui se rapproche le plus de la grande époque des années 80. Par moments, on dirait un restant de trames sonores comme Sorcerer (je sais Schmoelling n’y était pas), The Keep, Wavelenght ou Near Dark.

note       Publiée le jeudi 18 mai 2006

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le mourm › lundi 30 juillet 2007 - 19:48  message privé !
Autant Blue Dawn l'album d'inédits de 1988 fut une agréable découverte, autant ce Kyoto pourtant enregistré en 1983 avec J.Schmoelling (mon troisième homme préféré dans TD) est décevant. Rien ne se détache vraiment, mis à part peut-être Kyoto Sunrise, qui dégage quelque chose. On n'est en effet pas loin des trames sonores que le groupe pondait industriellement à l'époque.Je soupçonne ces morceaux d'être des chutes de ces innombrables soundtracks. Car ce sont des ambiances, rythmiques ou harmoniques,plus que des compositions. Vu l'effrayante propension à la mythomanie de Froese, il ne serait pas étonnant qu'il ait inventé de toutes pièces cette histoire d'album prévu pour le marché japonais, puis annulé. Le problème sur Kyoto vient surtout du traitement qu'il a imposé à chacune des pièces: on tend l'oreille dans l'espoir de percevoir des bribes des sons originaux, ceux qui faisaient l'âme du TD avec Schmoelling. Mais la moindre séquence est systématiquement démantibulée, écrasée, concassée par de grosses percussions bien lourdingues de 2006,ou noyée sous des hectolitres de nappes numériques sans intérêt. Dommage.
Note donnée au disque :       
Logosman › mercredi 18 avril 2007 - 22:18  message privé !
Un album sympathique malgré le remixage des pistes qui tend à dénaturer la forme originelle des compositions (le son Schmoelling en particulier). Surtout que je viens à l'instant de me pencher sur l'album Assorted Secrets 3 des Tangerine Tree qui offre la version originale de la chanson Kyoto Sunrise. Un très bon morceau qui soutenu par 4 accords de piano, emballe une ligne de séquence réverbé du plus bel effet. Alors quid? Quelqu'un pense que le matériau original et intégral de Kyoto existerait encore? Ca serait vraiment bien.
Note donnée au disque :       
etiennefroes › mercredi 17 janvier 2007 - 15:02  message privé !
Ce cd révèle l'importance qu'a eu Johannès schmoelling dans Tangerine dream. Les trouvailles de percussions ou les inventions sonores trop souvent attribuées à Christoph Franke sont en fait de lui. On retrouve dans kyoto des morceaux de musiques présents dans le cd the park is mine
mangetout › dimanche 21 mai 2006 - 21:33  message privé !
Entièrement d'accord avec toi Phaedream, bien que je n'accroche plus au T.D. d'aprés 1984 (j'en ai écouté beaucoup de "Underwater sunlight" jusqu'à l'époque "220 volt") il est intéressant d'avoir cette approche globale. Et vu que leur discographie est Kolossale je te souhaite de belles heures de "gratte clavier". Euh, si tu t'attaques à celle de Klaus Schulze c'est plus de 60 CD ! Enfin bon tu fais un boulôt énorme et pas facile donc bonne chance !
Phaedream › vendredi 19 mai 2006 - 20:43  message privé !
avatar
Bonjour ''mangetout'' ça s'en vient. Tu as donc raison. Poland et Tangram! Deux joyaux de la culture électronique. Aujourd'hui je parle de Ricochet. Je tente de parler des extrêmes dans TD, de même que je veux aussi parler des nouvelles créations (Binar, RMI,Keller Schonwalder et autres). Mais il n'y a rien à date qui surpasse les glorieuses années de TD, de 73 à 83 avec Poland.