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Tangerine Dream › Encore (Live 1977)

4 titres - 71:49 min

  • 1. Cherokee Lane (16:19)
  • 2. Monolight (19:54)
  • 3. Coldwater Canyon (18:06)
  • 4. Desert Dream (17:30)

enregistrement

Enregistré lors de la tournée Nord Américaine du printemps 1977

line up

Peter Baumann (keyboards & synth mellotron), Christopher Franke (keyboards, séquenceurs et percussions), Edgar Froese (guitares & synthétiseurs)

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique berlin school

Durant les années 70, les concerts de Tangerine Dream étaient uniques. En raison de la délicatesse des équipements analogues, le trio Allemeand improvisait chaque soir un nouveau spectacle. Certes, certaines lignes se rapprochaient, mais Le Rêve Mandarin épousait sur le vif les principales lignes d’un long concert où la furie séquentielle supportait la rage des synthés, claviers et mellotron, de même que l’approche assez rock de la guitare de Froese. Encore est l’archive et le témoin sonore de cette furieuse tournée Nord Américaine, dont j’ai eu la chance de voir à Montréal, qui démontrait que la MÉ était plus qu’un musique flottante non identifiable. Un étrange vent métallique et spectral soulève les particules sonores d’une lugubre atmosphère placide. L’intro de Cherokee Lane plonge dans un univers sonore syncrétique où des lignes de vieux orgues ténébreux flottent et s’entrecroisent dans une valse pour âmes errantes. Elles se perdent dans le rythme dandinant d’une douce séquence, parfumée des douces couches du mellotron rêveur de Baumann. Erratiques et titubants, les accords du séquenceur embrassent une tendre ligne flûtée et une chaleureuse ligne de basse, guidant Cherokee Lane vers un violent rythme lourd, bien attendu et fort prisé d’une audience qui se souvient des premières lourdeurs séquentielles de Cherokee Lane. Rythme lourd sur une ligne basse percutante, Cherokee Lane laisse entendre une habile fusion des albums précédents Rubycon et Phaedra. Les synthés et mellotrons bouillent sur des rythmes tourbillonnant et enivrant, échappant de furieux solos de synthé et mellotron, harponnés par la ténacité séquentielle de Franke qui pianote le mouvement de violents accords. Le synthé hurle et ourle ses solos dans une parfaite symbiose avec le mellotron, alors que Cherokee Lane devient de plus en plus lourd avant de s’éteindre très lentement sous les réflecteurs des lueurs diurnes. Monolight débute avec un piano volage qui s’égare sur des airs de Rubycon. Un doux piano, un peu mélancolique, joint par un bref passage de mellotron avant qu’il ne s’efface dans un enfer empli de grincements et grondements métalliques et des hurlements de synthés affolés. On se croirait à l’époque psychédélique de Pink Floyd dans Ummagumma. Un léger roulement de percussion en sort, accompagnant les notes d’un clavier et les souffles de synthé qui moulent une superbe mélodie. Une tendre mélodie qui accroche un soupir à l’âme et qui se perd dans ses sonorités métalliques qui s’entrechoquent dans un lourd tintamarre. Une mélodie qui servira aussi de tremplin au single Encore et un prétexte pour propulser Monolight vers un furieux mouvement séquentiel, mordu par une lourde basse et cerné par de superbes solos d’un synthé aux ululements apocalyptiques. Monolight bifurque vers un monumental trio de synthés qui chantent une superbe mélodie avec des solos gras et symphoniques qui circulent et emplissent l’air tout en croisant les séquences de Stratosfear. Monolight continue sa route mélodieuse vers des grondements de soufre et termine sa furie vers un splendide piano que les enfers musicaux agrippent de leurs ombres synthétisées. Des accords froids et résonnants tombent comme les dernières gouttes d’une glaciale pluie automnale en ouverture de Coldwater Canyon. Très lourd et psychédélique, Coldwater Canyon est le titre à Edgar. Sur une structure musicale en constante déclinaison, et qui ressemble à un lent et saccadé mouvement de Stratosfear, Edgar laisse aller sa folie électrique dans une pure improvisation, tel une rock star accompagnée de comparses dociles. Des solos torsadés, mordus par de lourds riffs et aux boucles spiralées, survolent un mouvement minimalisme qui s’essouffle graduellement. C’est un titre tranchant qui se démarque du répertoire de TD, quoique les nappes de claviers, les séquences et percussions hachurées ne mentent point quand à leurs origines. Ils se fondent dans de bouillantes ambiances autant électroniques, progressives qu’hétéroclites. J’aime bien, mais je préfère un partage plus égal entre synthés et guitares. Desert Dream clôture ce double live avec un long titre atmosphérique qui s’étire dans une nuée de sonorités flottantes et ambigües. C’est la pure magie électronique des années analogues qui défilent dans nos oreilles avec une intro très ambiante avec des sonorités hétéroclites qui flottent dans un univers onirique. Le tout se termine par un beau mélange de piano électrique, synthé symphonique et mellotron brumeux, rappelant les effluves d’Invisible Limits sur Stratosfear. Encore reflète, de façon condensée, l’unique magie des concerts de Tangerine Dream de cette époque. Chaque soir était un happening musical différent qui ravissait les fans. De l’improvisation pure sur des effets sonores et des jeux de laser surprenant. Des moments uniques, gravés juste pour nos mémoires contemplatives, dont la mienne.

note       Publiée le samedi 5 août 2006

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Aladdin_Sane › samedi 29 octobre 2011 - 17:25  message privé !

J'ai cru entendre un des thèmes mélodiques de Force Majeure sur Monolight. Trés bon live qui débute la période que je préfère chez TD.

ph7 › mardi 25 octobre 2011 - 08:35  message privé !

Un univers initiatique qui demeure amèrement enfoui dans le passé. Très bonne critique.

mangetout › vendredi 22 avril 2011 - 14:33  message privé !

???

dariev stands › vendredi 22 avril 2011 - 14:26  message privé !
avatar

Si si, avec toi, ça fait au moins un Boulez, déjà. (et pour les quelques Kraftwerk encore manquants, c'est toujours prévu, patience !)

mangetout › vendredi 22 avril 2011 - 13:50  message privé !

C'était de l'humour Paul, je sais qu'il y a beaucoup d'autres choses aussi, je lisais encore tout récemment un article dans mon journal local, parlant d'un concert à venir des Legendary Pink Dots, dans lequel l'organisateur du dit concert citait Guts Of Darkness, je sais pertinemment que c'est devenu une base de données qui commence à se voir dans le paysage virtuel francophone (et même dans le domaine électronique). Après tu sais ce n'est pas parce que tu me sorts 46 noms de groupes plus ou moins connus que ça apporte la preuve de quoi que ce soit, je pourrais t'en sortir autant en musique concrète, expérimentale ou autres qui ne sont pas ici ou très peu (à titre d'exemple : 4 malheureuses chroniques de François Bayle, 3 de Bernard Parmegiani, 1 de AMM et... 0 de Boulez).