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Tangerine Dream › Poland - The Warsaw Concert

4 titres - 77:06 min

  • 1. Poland (22.00)
  • 2. Tangent (19.52)
  • 3. Barbakane (13.49)
  • 4. Horizon (20.49)

line up

Christopher Franke (synthesizers, keyboards), Edgar Froese (guitars, synthesizers, keyboards), Johannes Schmoelling : Synthesizers, Keyboards

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique berlin school

Ah Poland! Combien de fois vous ai-je parlé de Poland? Et combien de fois j’ai entendu Poland? Sérieusement? Plus de 10 000 écoutes….minimum . J’ai ri, pleuré, pensé et rêvé sur Poland. Tant l’histoire est mythique. Tant les atmosphères sont variantes; de l’ambiant à des salves séquentielles effrénées enveloppées de nappes et couches d’un synthé métallique. Des moments uniques qui ont investi bon nombres de jeunes artistes et ingénieurs de son. Une histoire qui grossit encore la légende de Tangerine Dream. Un rendez-vous avec le temps. Un rendez-vous culturel historique, car Poland a changé le cours de la MÉ. En 1983 Tangerine Dream endisque l’étonnant Hyperborea. Innovateurs, les membres du groupe avec Franke en tête, mettent au point des échantillonnages de différentes percussions et créent des nouvelles structures rythmiques qui se fondent sur des harmonies, quand elles ne sont pas utilisées elles-mêmes comme harmonies. Nouveautés qui allaient se faire les dents en concert au Japon et en Grèce, à l’été 83. Et finalement à Warsaw, en Pologne le 10 Décembre 1983. Un froid glacial y sévit. Tangerine Dream se prépare à donner 2 concerts, un en après-midi et l’autre en soirée, au Ice Stadium de Warsaw en Pologne. Les éléments naturels étaient ligués contre TD avec un froid intense et une neige abondante qui allait faire effondrer une partie du toit. Pour ne pas déplaire aux nombreux fans, TD donne tout de même les concerts dans des conditions arctiques. Imaginez, il y avait des chaudières d’eau bouillante pour réchauffer les mains de Franke, Froese et Schmoelling lors de leurs prestations. À travers des coupures de courant et cette atmosphère glaciale, le trio Berlinois sera incroyablement inspiré et donnera toute une prestation et les Polonais assisteront à un concert magique dont naîtra un album superbe; Poland – The Warsaw Concert. On sent cette atmosphère glaciale dès qu’une lourde note, un peu comme l’ouverture de Sphinx Lightning sur Hyperborea, sonne le début de la pièce éponyme. Un lent beat hypnotique se fait entendre et trace la ligne à 22 minutes de pure magie. Des percussions lentes, nappées d’un synthé dont les brumeuses réverbérations croisent de belles couches mélodieuses forment une structure hachurée où des stries et chœurs fantomatiques survolent une panoplie de percussions qui s’entrechoquent, comme des milliers de boules magnétiques qui se frappent et convergent en une harmonieuse corrida rythmique truffée de percussions qui rebondissent dans une douce anarchie sonore. Un moment magique et unique en MÉ qui servira de modèles à de futures percussions électroniques séquentielles. Cette cacophonie percutante donne naissance à un rythme mouvant qui danse sur un séquenceur et une guitare qui deviennent plus agressifs. Mourante, la six-cordes à Froese s’écrase sur un passage ambiant où l’on retrouve une première quiétude. Et même dans ses moments de tranquillité, le trio allemand retient notre attention. L’atonie filtre des synthés à l’image d’un vent discret et le beat mue sur des pulsations synthétiques qui augmentent en cadence avec des percussions éparses. Le crescendo se dresse sur des effets sonores géniaux et un soyeux synthé aux lueurs flûtés. Un festin pour les oreilles, Poland se termine sur un refrain synthétique qui colle et un roulement de percussions infernales. À ce jour, peu de titres peuvent surpasser la complexité rythmique et harmonique de Poland. Tangent débute sur un alliage synthétique mélodieux. Lentement un nuage vaporeux jette ses exhalations et un bon jeu de percussion séquencée trace la ligne à un tempo suavement sensuel que les mellotrons embaument de voix fort suggestives. Ce long passage ambiant se termine sur un rythme plus joyeux et animé aux couleurs de Logos. Barbakane laisse échapper une légère flûte sur un nuage synthétique. Cette douce complainte s’anime de plus en plus sur un séquenceur, des effets sonores et des percussions qui s’unissent pour former un rythme statique entouré d’objets sonores non identifiés qui se perdent dans un court silence atmosphérique. Il faut saisir ce moment pour fixer le néant et se laisser emporter par les vagues de la finale de Barbakane. Car c’est ici que se cache l’un des beaux joyaux harmonieux de TD; Warsaw in the Sun. Disponible également en maxi single, Warsaw in the Sun est un hymne à la liberté, à la fraternité et à l’amour. Une mélodie extrêmement forte qui souffle notre colonne et inonde notre corps de mille et un frissons. Les frissons de l’incrédibilité, devant une telle mélodie, qui nous pourchasse sans arrêt et qui, 30 ans plus tard, provoque le même effet, toujours et toujours. Horizon clôture ce spectacle sur une intro très ambiante. Le souffle des synthés croise des notes discordantes qui cherchent à provoquer une harmonie. Une harmonie froide qui se calque sur une ligne plus chaleureuse, guidée par des percussions séquentielles et des nappes de synthé. Des gémissements synthétiques survolent un néant intersidéral. Fans de TD, nous savons. Nous savons comment TD achève ses concerts. Nous savons que TD inondera nos oreilles, mais jamais nous nous attendions à une telle finale! Le séquenceur à fond sur des percussions qui roulent et se bousculent. Une discorde totale qui gagne en rythme sur les assauts de la six-cordes à Froese et les charges séquentielles de Franke. Stoïque, Schmoelling tient le fort avec un synthé tout aussi dominant et harmonieux. La finale de Poland demeure encore à ce jour un des hauts faits d’arme dans l’étonnante carrière de Tangerine Dream. Avec Poland, Tangerine Dream a insufflé un renouveau dans la MÉ. Aujourd’hui, il n’est pas rare d’entendre, ici et là, des lignes séquentielles qui sortent tout droit de l’imagination débridée que l’on retrouve un peu partout sur les quatre plages qui constituent ce concert unique. Poland est, à mon opinion, un classique de la Musique Électronique. Une œuvre majeure que tout amateur de MÉ, et même de techno (ne serait-ce que pour comprendre l’évolution de la musique synthétique) se doit de posséder. Moi, il fait parti de mon top 5 à vie. Une place et une opinion partagées par bien des amateurs de MÉ, progressive et expérimentale.

note       Publiée le lundi 22 mai 2006

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Demonaz Vikernes › mercredi 24 avril 2019 - 22:57  message privé !

Un live superbe bien qu'assez hétérogène. La première face est absolument incroyable, l'une des plus belles pièces de TD. A l'inverse, j'ai beaucoup de mal avec la seconde face et son passage "happy 80s" qui ne passe pas. La troisième face est bonne et Horizon termine le concert d'une très belle manière (sans atteindre le niveau de la piste d'ouverture).

Note donnée au disque :       
taillesque › lundi 22 juillet 2013 - 13:54  message privé !

Je ne comprends pas l'engouement pour ce double live. En effet, malgré de nombreuses écoutes, 3 titres sur 4 m'ennuient profondément. C'est d'autant plus regrettable que le premier titre "Poland" (22'00) est ce que j'ai entendu de plus exaltant, de plus enthousiasmant de la part de TD en concert. J'adore la construction de cette pièce sans-doute en partie improvisée. Deux parties construisent l'édifice, agencées de la même façon c'est-à-dire dans le sens d'un crescendo admirable où les séquences de Franke atteignent leur apogée artistique. Je défie quiconque de résister à ces rythmes martelées qui accélèrent jusqu'à donner le vertige. Vraiment du grand art, le Franke ! Ce qui est admirable aussi dans cette pièce, c'est la partie centrale, celle qui sert de pont entre les deux parties. Après 11 minutes de crescendo absolument démentielles, le rythme s'estompe jusqu'à disparaître dans des échos ambient. On croit que le titre est terminé, que le plus beau, le plus fort du morceau est déjà passé. Détrompez-vous. Td va repartir, lentement mais sûrement, va progressivement vous emporter dans un second crescendo encore plus efficace, encore plus démentiel jusqu'à l'orgasme final. Le live "Poland" ne vaut selon moi que pour ce premier titre. Mais quelle claque !!!

Aladdin_Sane › vendredi 14 octobre 2011 - 22:11  message privé !

Je viens de me procurer la version remasterisée 2 CD d'Esoteric Recordings. Moi qui suit plutôt un grand fan de la période White eagle/Hyperborea, je recommande chaudement (c'est le cas de la dire) cet album de musique électronique hivernal.

Note donnée au disque :       
snooky › mardi 30 novembre 2010 - 20:13  message privé !

C'est vrai qu"au niveau émotionnel, c'est pas le plus mauvais.Et puis, il y a les conditions climatiques.Mais, il lui manque un quelque chose d'indéfinissable qui tempère mon enthousiasme.Mais je crois que je le mettrais dans mon top 5 aussi.Surtout après avoir écouté le décevant "Booster III".

Note donnée au disque :       
Phaedream › mardi 30 novembre 2010 - 17:06  message privé !
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Écouté récemment et j'ai toujours les mêmes émotions. Superbe!