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Tangerine Dream › Pergamon

2 titres - 46:11 min

  • Quichotte Part One| 23:33
  • Quichotte Part Two| 22:38

enregistrement

Enregistré en concert le 31 Janvier 1980 au Palast der Republik à Berlin

line up

Edgar Froese (Claviers, synthés, Mellotron et guitars) Chris Franke (Claviers, synthés, séquenceurs et percussions électronique) Johannes Schmoelling (Claviers, synthés et piano)

chronique

“Pergamon” est l'histoire typique du cheminement des raretés de TD qui s'écoulaient à prix d'or dans les circuits alternatifs des bootleggers de l'époque et plus tard sur eBay. Tiré lors de deux mémorables concerts performés en Allemagne de l'Est le 31 Janvier 1980, “Pergamon”, nommé d'après le musé sis non loin du concert mémorable dont il est tiré, soit le Palast der Republik, succédait à la sortie de Tangram, dont l'ambiance en est fortement imprégnée, et présentait aussi le tout dernier membre de Tangerine Dream: Johannes Schmoelling. Ces concerts amenèrent les célèbres bootlegs White Clothes, Staatsgrenze West et Don Quixote. Et lorsque le concert en soirée fut retransmis près de 1 mois plus tard par une station de radio, il y a eu une recrudescence d'enregistrements pirates disponibles en format cassette qui circulaient partout en Europe. C'est dans cette foulée que paraissait Quichotte, un premier album officiel disponible seulement en Allemagne de l'Est sur le label Amiga, en Juin 1980. Près de 6 ans plus tard Virgin s'emparait des droits et distribuait Quichotte au niveau international sous le nom de “Pergamon”. Et 25 ans plus tard, après plusieurs bootlegs et un superbe enregistrement en entier du spectacle disponible via le Tangerine Tree (Vol. 17), “Pergamon” fait son neuf avec un très bon remixage par le label Esoteric qui, à défaut d'apporter quelque chose de nouveau, offre une pochette vivifiée et un beau livret de 16 pages avec plusieurs belles photos. Était-ce nécessaire? La musique? Ah oui, j'oubliais! “Pergamon” est un magnifique album qui offre deux très beaux extraits d'un célèbre concert avec deux longs titres inédits qui s'inspirent de Tangram. Les notes d'un piano dramatique s’abattent avec éclat, enveloppant d'aise un Johannes Schmoelling timide qui étend les délicates harmonies d'une introduction qui le poursuivra tout au long de sa carrière. Le piano est mélodieux et ses notes défilent dans un chassé-croisé harmonieux, alliant rythme acoustique et rêverie en embrassant au passage des tintements qui sont plus perceptibles sur cette réédition. Le piano se fond dans les ondoyantes lignes d'un synthé éthéré, évaporant sa mélodie dans des strates bleutées qui flottent sur une ligne de basse au pas furtifs. Le synthé rappelle les ambiances des œuvres solos d'Edgar Froese avec sa tonalité nasillarde. Et tranquillement, et dans ce que l’on peut présumer être un passage d'improvisation contenue, la ligne de basse, les séquences et les lignes de synthé valsent dans une incohérence harmonieuse qui dirige "Quichotte Part One" vers une phase rythmique qui galope avec fureur sur de lourdes séquences d'un séquenceur-basse. Ces séquences hoquètent de leurs élans désarticulés, moulant un rythme lourd et spasmodique qui se noie dans des solos de synthés dont les brumes et les harmonies vaporeuses dansent, virevoltent et chantent sur une structure lourde qui ne peut que décroitre son tempo hargneux et belliqueux. Disons que c'est de la dynamite compressée! Après un départ atmosphérique nébuleux où des lignes de synthé croassent dans une faune électronique bigarrée qui s'apparente à un vide interstellaire, "Quichotte Part Two" prend vie avec des séquences agiles qui alternent leurs touches sur les sourdes pulsations d'une ligne de basse. Des solos évasifs ondulant comme des spectres irisés recouvrent ce rythme embryonnaire qui est ardemment pilonné d'un incessant mouvement linéaire. Et la mélodie s'installe avec des accords de clavier qui sont déposés avec candeur, forgeant les préceptes d’un lourd rock progressif électronique qui croisse avec lourdeur sur des roulements de percussions électroniques. Et notre ami Edgar va torturer "Quichotte Part Two" de superbes solos d'une six-cordes enflammée et aussi vicieuse qu'hallucinante. Des solos qui sont une pièce d'anthologie dans l'univers de Tangerine Dream et qu'Edgar réussi à merveille à concocter pour une judicieuse insertion dans ces tourbillons de séquences lourdes qui survoltent les concerts magiques du Dream. Et tranquillement, Franke et Schmoelling saisissent les derniers cris de la guitare de Froese pour les joindre à des synthés mélodieux qui modèrent graduellement la cadence jusqu'au dernier souffle de "Quichotte Part Two". Puissant et surtout intemporel! “Pergamon” est arrivé dans un contexte que personne n'attendait. Tangerine Dream avait délaissé ses longues structures aux odeurs d'improvisation contrôlée et de folies créatrices pour des titres plus courts. C'était un cadeau inespéré dans une période où le Dream voguait sur différents labels à la recherche d’une identité artistique qui inquiétait leurs fans. C'est un superbe album qui démontre encore toute la magie derrière ce mythique groupe Allemand qui avait encore des choses séduisantes, en portions parcimonieuses, à offrir à ses fans. Voilà bien un des derniers vestiges du trio de MÉ le plus rock que l'histoire ait connu; Franke-Froese-Schmoelling. Un incontournable, un indispensable, un autre classique!

note       Publiée le dimanche 5 novembre 2006

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Misquamacus › mardi 21 juillet 2015 - 23:29  message privé !

Très bon live. "Tangram" certes, mais aussi quelques passages de "Wavelenght".

snooky › lundi 2 juillet 2012 - 13:10  message privé !

Je le trouve assez réussi celui là ! L'intro au piano est magnifique ! Mais la première partie me semble un peu poussive par rapport à la deuxième plus nerveuse ...

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Logosman › samedi 16 février 2008 - 17:12  message privé !
Je suis assez d'accord avec le Mourm. Ce fut l'un des premiers albums du groupe que j'acheta, et il m'arrive de revenir dessus de temps à autre. Mais je n'accroche jamais vraiment. Le solo de piano de Johannes en début d'album est juste à pleurer, mais la suite de l'album à tendance à se dilluer dans un Tangram Bis. Les mélodies sont là, mais on sent que les séquences veulent décoller, mais n'y parviennent jamais vraiment. Si le concert du Tangerine Tree est plus complet (puisque intégrale, hihi), il ne m'a pas non plus marqué plus que ça. A croire que le groupe était passé à autre chose de moins improvisé (ce fut le dernier concert improvisé du groupe, si je ne me trompe pas).
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le mourm › vendredi 15 février 2008 - 15:27  message privé !
Bizarre... ce disque est "culte" pour pas mal de fans. Perso je le trouve légèrement chiant. Après un bon début (l'intro au piano, géniale) on entend passer une séquence de Tangram, mais les impros faites dessus ne sont pas du niveau. Globalement, elles me semblent toutes assez peu inspirées. Pour relativiser, après écoute du bootleg intégral je dirai qu'Amiga n'a pas choisi les moments les plus réussis du concert.
claudeorange › jeudi 27 décembre 2007 - 18:51  message privé !
Sans m'étaler comme d'habitude, je pense que cet album est à classer dans les 10 meilleurs du groupe. La face 2 est fantastique. 6/6 comme certains autres albums.
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