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Tangerine Dream › Optical Race

10 titres - 53:39 min

  • Marakesh| 8:17
  • Atlas Eyes| 4:04
  • Mothers of Rain| 5:13
  • Twin Soul Tribe| 4:28
  • Optical Race| 3:13
  • Cat Scan| 5:35
  • Sun Gate| 4:44
  • Turning Off the Wheel| 6:11
  • The Midnight Trail| 6:54
  • Ghazal (Love Song)| 5:00

enregistrement

Enregistré à Vienne et Berlin au printemps 1988 Composé par Edgar Froese, Paul Haslinger et Ralf Wadephul

line up

Edgar Froese (synthétiseurs et guitares), Paul Haslinger : Synthétiseurs, Grand piano et guitares

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique new age

Tangerine Dream qui renoue avec Peter Baumann et qui perd Chris Franke! Tout un paradoxe! C’est un pan de l’histoire du Dream qui se termine, ou une nouvelle qui s’écrit, c’est selon, avec la parution d’Optical Race. C’est un Tangerine Dream amputé de son maître aux séquences, séquences qui pourtant pétillent avec fringance, qui entreprend l’écriture de cet album. Un album qui initiera aussi le nouveau label de Peter Baumann; Private Music. Un label qui offrira quelques perles, dont cet album, si si et ceux de Chris Franke (Pacific Coast Highway) et Eddie Jobson (Theme of Secrets). Un nouveau venu, Ralf Wadephul, participe à la composition de l’album et à la tournée Nord Américaine qui s’ensuit, mais à cause de différents irréconciliables il quittera TD à la fin de cette tournée. Mis à part la perte de Franke, Tangerine Dream entreprend un énorme virage technologique avec une utilisation massive d’instruments numériques qui changera à tout jamais le son du groupe pour un son plus mathématique. Un son aux couleurs sonores plus froides où chaque pas, chaque orientation et chaque changement de structures se fait dans la brusquerie, dans une certaine froideur analytique. Nous sommes au début des années Melrose. Aux années où Tangerine Dream part à la conquête américain et se vend, oui oui, pour des trames sonores à la qualité assez moyenne. Ces années s’étendent d’Optical Race jusqu’en 1995 où la confusion règne alors que le Dream est toujours chez Miramar. Mais pour les faiseux d’histoire; les années Melrose et Seattle se terminent en 1995. D’emblée ce ne sont pas mes années préférées, Tangerine Dream change littéralement son son et tente farouchement une percée commerciale aux USA. Pour les fans des années 70, c’était la fin d’une grande époque et certains iront jusqu’à dire qu’Edgar aurait dû changer le nom de son groupe. Sauf que Tangerine Dream avait déjà entrepris un virage plus commercial avec la parution de Le Par cet Underwater Sunlight. Donc on aurait dû comprendre qu’inexorablement, le Dream changerait de peau musicale. Et l’on comprendra aussi plus tard que l’âme de TD était bel et bien Edgar Froese. Malgré toutes ces récriminations, ainsi que les critiques acerbes des médias et des fans, Optical Race n’est pas si mauvais. Un peu comme Le Parc, il est structuré sur de courtes pièces mélodieuses, rythmées et mélancoliques qui s’attachent autour d’un même lien musical. En ce qui me concerne, c’est sans doute le plus bel album de Tangerine Dream dans son attaque commerciale du marchée américain. Et ce malgré quelques perles d’inepties. Un tendre voile de morosité tombe et les premières séquences sautillent comme des billes de bois sur les rondeurs de sourdes pulsations. Marakesh attaque nos oreilles mielleusement avant de forcer un rythme du genre synth-pop clanique. Ce rythme bifurque sèchement vers une approche tribale du Moyen Orient. Marakesh présente une série de permutations rythmiques aussi drastiques qu’imprévues. Les harmonies sont teintées de voix séraphiques qui chantonnent sur un rythme qui passe du gros rock à des danses tribales éthérées pour revenir aux structures de séquences et pulsations qui se noient dans de violentes percussions électroniques. C’est un bon titre que j’aime bien car il contient une fougue sauvage tout de même assez harmonique. Mais il y a des titres qui sont assez ordinaires. Beau, mais ordinaire si l’on considère que c’est Tangerine Dream. Nous sommes dans les années américaines et le Dream tente de séduire un public radiophonique friand de New Age. Twin Soul Tribe et sa flûte sans vie en est un parfait exemple. C’est un titre qui se répète constamment et dont les fragiles nuances ne peuvent sauver de l’ennui. Je pense aussi à Atlas Eyes et ces voix fades qui hument sur un rythme aussi sauvage que Marakesh mais qui est nettement un pâle reflet. Et il y a la pièce-titre qui est du gros rock speedé aux harmonies froides mais qui présente une fascinante spirale harmonique et finalement à The Midnight Trail qui sonne comme un prélude aux nombreuses trames sonores à venir. Je ne dis pas que c’est mauvais, quoiqu’il y en a une ou deux…, mais on parle de Tangerine Dream. Un Tangerine Dream qui séduit tout de même avec Mothers of Rain, la perle d’entre tous, quoique j’aime assez bien la spirale crescendique de Turning Off The Wheel et son hypnotique aura de New Berlin School qui expire sur de minimalistes pulsations linéaires. Bon, Mothers of Rain est une superbe ballade qui offre un beau bouquet d’émotions avec ses percussions qui roulent dans leurs ombres et ses harmonies d’un synthé qui pleure en solitaire. C’est très beau et c’est sans doute ce qui donne tout son cachet à Cat Scan qui hérite un peu de la structure des séquences de Mothers of Rain. Dans le département : je veux brailler, il y a le très beau Sun Gate et son lourd rythme se ballade synth-pop des années encore imberbes de MTV. Le solo de guitare est à fendre toute âme qui refuse de dire que c’est beau. Bon! C.est un autre débat. Mais ça fait le travail. J’ai oublié Ghazal (Love Song)? Non pas vraiment. C’est le genre de truc qui aurait charmer les ados branchés toujours sur MTV avec une belle ballade qui se rive les émotions sur des gros coups de tambours. Je ne dis pas que ce n’est pas beau, mais il y a une très belle nuance entre bon et beau. Et c’est tout le cœur du débat de Tangerine Dream, d’Optical Race, qui est fort agréable à entendre en passant, et des années Melrose/Seattle. Qu’on le veuille ou non, la percée, timide va sans dire, de Tangerine Dream allait faire avancer la cause de la MÉ sur la scène américaine. Je sais pour y avoir vu un paquet d’albums débarqués chez les disquaires de par chez nous. On a qu’à penser au label Innovative Communication qui s’est implanté dans les HMV, de même que les labels XYZ et Erdenklang. La preuve est qu’envers et contre tous, le Dream sera toujours un groupe phare, un groupe précurseur. Mais cela n’anoblit pas totalement Optical Race. Mais l’aventure a tourné au cauchemar. Les Amerloques se sont emparé du style New Berlin School pour le diluer dans du fade New Age,de la musique de méditation. C’était l’époque des dieux communs et de leur fumisterie, ainsi que du mouvement Zen. C’est entre ces eaux difficiles à naviguer que le Dream allait ramer, y allant d’albums d’une qualité effroyable. Tangerine Dream qui fait du New Age c’est comme si Rogers Waters aurait conservé le nom de Pink Floyd pour faire du hip hop!

note       Publiée le dimanche 28 janvier 2007

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Aladdin_Sane › dimanche 19 mai 2019 - 16:23  message privé !

Ok, ça n'est clairement pas le meilleur TD mais je lui trouve quand même un côté sympathique à ce "Optical Race" (Twin Soul Tribe et Marakesh valent le détour). Je possède une autre version que celle chroniquée (avec une pochette plutôt moche d'ailleurs), je ne sais pas s'il y a des différences notables avec la version d'origine, à part l'ordre des morceaux qui a changé.

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Misquamacus › mardi 21 juillet 2015 - 23:50  message privé !

Je connais cette album par cœur à force d'écoute. Pas le meilleur mais certainement un des plus accessibles et facile à écouter. Et parfait pour faire son jogging en + !

Psafel › vendredi 10 octobre 2014 - 23:07  message privé !

Premier CD de Tangerine Dream que je me suis acheté l'année de mes 17 ans, comme ça au hasard sur la pochette qui m’intriguait et sur un nom que je découvrais à peine, alors que je venais à peine de me remettre du fantastique "Chronologie" de JMJ. La musique représentait tout ce que je voulais écouter à l'époque. Très facile d'accès au non initié que j'étais, nappes, rythmiques, sons... Le cd a donc passé d'innombrables heures dans ma platine à tourner en boucle. Il parait certes aujourd'hui un peu fade et dispensable au regard de l'immense production du groupe et aux grands albums qu'il a produit avant et bien après mais il reste pour moi une grand valeur sentimentale, l'album qui m'a fait aimer Tangerine Dream. J'aurais commencé à l'époque par (le sublime) Phaedra, j'aurais sans doute passé mon chemin...

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Phaedream › jeudi 7 novembre 2013 - 23:35  message privé !
avatar

Écouté dernièrement et je dois admettre qu'il est pas mal moins vilain que mes souvenirs? Est-ce que je vieillis trop vite?

Charles Pasqua › samedi 16 janvier 2010 - 16:32  message privé !

c'est visiblement et auditivement surtout avec ce genre d'album que l'on peut s'apercevoir que la notion de progrès est vraiment fallacieuse à une époque, les années 80, où l'on nous répétait à longueur de temps que la nouvelle lutherie numérique par sa technologie révolutionnaire (fini l'instabilité de l'architecture analogique), sa facilité d'utilisation "démocratique" renforcée par en plus des prix plus accessibles, toutes ses convections annonçaient un âge d'or musical, le désenchantement est quand même flagrant, plus personne n'écoute ces horribles disques et nombreux sont ceux, moi le premier, qui se retournent sur les époques antérieurs du groupe

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