Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesTTangerine Dream › Tyger (1987-2012)

Tangerine Dream › Tyger (1987-2012)

7 titres - 61:53 min

  • Tyger| 5:49
  • London| 14:24
  • Alchemy of the Heart| 12:15
  • Smile| 6:11
  • 21st Century Common Man, Part One| 4:49
  • 21st Century Common Man, Part Two| 4:03
  • Vigour| 4:57
  • Tyger (single 7")| 4:27

line up

Christopher Franke (synthétiseurs, séquenceurs, percussions électroniques), Edgar Froese (synthétiseur et guitares), Paul Haslinger : Synthesiseur, Grand piano et guitare Jocelyn Bernadette Smith: Voix Christian Gstettner : Computer Programming

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique progressive

“Tyger” est le dernier album studio de Franke avec TD et aussi le dernier album de Tangerine Dream à figurer sur le top 100 des palmarès anglais. C'est le chant du cygne, la dernière valse du célèbre duo Franke et Froese qui, selon moi, sont les Lennon et McCartney de l'électronique. Mais contrairement aux Beatles, qui nous ont laissé tout un album en héritage, Franke et Froese se quittent dans la controverse en semant la consternation chez les fans du Dream avec un album qui fait appel pour une 2ième fois à un vocaliste. Après le fiasco de Cyclone, toujours renié par Edgar Froese plus de 35 ans après, Tangerine Dream retient les services d'une chanteuse de rhythm'n'blues, Jocelyn Bernadette Smith, afin d'orner un album inspiré par les poèmes du peintre anglais William Blake. Loin d'être un désastre sur le plan artistique, l'album repose sur les mêmes voies qu'Underwater Sunlight, “Tyger” suit cette lente courbe de déception qui tenaille les fans depuis que Tangerine Dream insuffle à sa musique une approche de plus en plus harmonique et de moins en moins progressive et expérimentale. Un peu comme si les nombreuses conceptions de bandes sonores avaient eu raison du mythique groupe allemand. Pourtant, la pièce-titre part très bien cette nouvelle aventure du Dream avec une délicate structure qui enchante tant par sa grâce que sa sensibilité. Les accords qui nous introduisent à "Tyger" tintent comme une fine comptine. C'est une musique idéale à chanter, ou narrer, dans le répertoire du Dream à cause de son tempo lent et sphéroïdal qui tournoie dans l'oubli tout en s'appuyant sur des séquences flottant légèrement comme les ailes d'une ballerine. C'est comme un carrousel dont on remonte le ressort juste avant de se coucher. On imagine aisément grand-mère, personnifiée par Mme Smith, nous réciter un poème noir avant le dodo sur une musique située aux limites de Legend. La voix de Jocelyn Bernadette Smith flotte avec émotion et passion (on apprendra plus tard qu'elle était particulièrement choquée dans le studio). Elle apporte un filet de chaleur et une séduisante dimension à cette berceuse un brin méphistophélique qui mange un peu dans l'auge de Song of the Whale. Sa prestation sur "London" est aussi bonne. Elle travaille sa voix alors que Franke cherche désespérément à faire rouler ses séquences et percussions dans les nouveaux patterns rythmiques d'un Dream qui se cherche. Et c'est là que tout foire. La première partie de "London" est atonique. On y entend ces structures de percussions et de séquenceurs qui mouleront les rythmes aseptisés des années Melrose sur un long mouvement qui tourne en rond sans vraiment aboutir à quoique ce soit d'original. Car si l'approche reste savoureusement secrète, les éléments qui l'entourent manquent de jus, de profondeur et de direction. Mme Smith doit se débrouiller comme elle peut et on peut comprendre sa colère lorsque l'on entend sa voix tenter un rapprochement avec la musique. Furtive et invisible, la longue intro de "London" cogite au-delà des 9 minutes avant qu'elle cède finalement le pas à une belle finale, trop courte, où la guitare de Froese hurle sur des séquences aux tintements de verres qui tournoient dans une spirale trop serrée. "Alchemy Of The Heart" nous réconcilie un peu avec les ambiances bucoliques du Dream. L'intro est griffonnée par des percussions dont les coups résonnant progressent pour réveiller le doux piano de Paul Haslinger qui étale une très belle mélodie dans les sillons d'un séquenceur dont les minimalistes touches de cristal rappellent l'univers de Mike Oldfield. Cette étonnante fusion se poursuit jusqu'à la 3ième minute où le tempo finit par bourdonner sur des percussions aux claquements plus agressifs. Comme un tic-tac démesuré défiant la courbe du temps, ces percussions activent la passivité de l'approche mélodieuse qui s'excite sur des accords de clavecin agile vieillit de deux siècles et d'un piano noir. Instable et tourbillonnant dans son cocon minimaliste, "Alchemy Of The Heart" s'enroule dans une phase complexe qu'Edgar et ses riffs bourdonnants réussit à ralentir et conduire vers des couches de Mellotron aux larmes violonées qui pleureront jusqu'à la toute fin. C'est un très beau morceau dans le répertoire contemporain du Dream. La structure musicale de "Smile" est aussi très belle avec ses touches de séquences qui sautillent sur les épaules des autres dans les brises d'une brume dépoussiérée de sa bruine. Ambiant, le rythme flotte de sa structure sphéroïdale nappée par la magnétisante voix de Jocelyn Smith qui récite un poème dans une prison parée de séquences en verres au lieu de barreaux. Assez onirique. "21st Century Common Man" est une autre belle pièce sur “Tyger”, à tout le moins sa 1ière partie, qui offre un rythme lourd galopant sur des séquences aussi agiles qu'harmoniques. On dirait du Jarre avec ces percussions qui claquent et grondent autour de séquenceurs aux touches agiles et de synthés aux dimensions de synth-pop défloré par un rythme lourd qui peu à peu s'éteint sur des strates flottantes. La 2ième partie respire les années Melrose à plein nez. Dommage, le début était pourtant prometteur. Cette 2ième vie de “Tyger”, offerte par le label Reactive/Esoteric, offre 2 titres en bonus, dont la version du single de "Tyger" et "Vigour"; un rock électronique à saveur synth-pop qui semble paver la voie du Dream vers les années Melrose. Je n'aime pas vraiment! Tantôt bon, tantôt mauvais, tantôt harmonieux et tantôt insipide, “Tyger” sent à plein nez la fin d'une époque qui agonise de son incertitude. Où est Franke? Ses séquences et percussions qui avaient toujours le don de donner une autre dimension à la musique de TD, où sont-elles? Surfant sur les miettes de d'Underwater Sunlight, “Tyger” offre le pire, comme le meilleur, des univers de Tangerine Dream sans cette passion qui sauvait la mise sur Underwater. On sent un Franke absent qui laisse ses souliers à Froese et Haslinger. Et le résultat est déconcertant. Avec le recul on sent cette transition qu'Edgar Froese impose à son groupe dont la légende s'efface pour entrer dans les années Melrose, Miramar, TDI et Eastgate. C'est la mort, la lente agonie du Dream qui a connu trop de soubresauts pour que l'on en ait une forme de pitié. Juste une sorte de dégoût sur le coin de la bouche. Vous avez l'original? Vous n'avez donc pas besoin de cette réédition de la maison Esotreric, à moins d'être un fan à la recherche de réponses qui ne viendront jamais. Si vous ne l'avez pas, ça reste un album honnête qui suit les tangentes d'Underwater Sunlight mais sans sa passion, cette envie de créer et ni sa fougue. La première mouture de Jive est considérée comme étant la meilleure.

note       Publiée le samedi 23 décembre 2006

partagez 'Tyger (1987-2012)' sur les rseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Tyger (1987-2012)"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Tyger (1987-2012)".

ajoutez une note sur : "Tyger (1987-2012)"

Note moyenne :        7 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Tyger (1987-2012)".

ajoutez un commentaire sur : "Tyger (1987-2012)"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Tyger (1987-2012)".

Aladdin_Sane › samedi 28 juillet 2012 - 22:32  message privé !

Il passe plutôt bien en ce qui me concerne cet album. Au début, j'avais un peu peur d'être rebuté par la voix mais finalement elle est généralement bien utilisée. Tout n'est pas de qualité égale mais je suis bien content d'avoir pris le temps de découvrir cet album au final.

Note donnée au disque :       
snooky › samedi 2 octobre 2010 - 20:46  message privé !

Quoi ? Des chants sur un disque du Dream ! Oui !Et c'est vrai que cette démarche a de quoi dérouter le plus aguerri des fans.Mais c'est vrai aussi que ce Tyger est bien loin d'être un naveton.Et ce, même s'il scelle de façon inéluctable la fin de toute une époque.Tyger est un album léché, à la musique soigné, bien loin d'être bâclé où l'on ressent les effluves d'Underwater Sunlight.Le titre éponyme, excellent, la dernière partie de London,21st Century Ccmmon Man qui passe bien.Et je suis bien loin d"être persuadé que le Dream était "forcé" de faire ce Tyger.A noter que sur la version que je possède, il y a un...BONUS TRACK . QUOI? Un bonus sur un album du Dream ! C'est le monde à l'envers.Vigour ça s'appelle et le moindre que l'on puisse dire c'est que ça en manque.

Pour ceux que ça intéresse, j'ai trouvé un inédit du Dream sur le Net enregistré pour la radio de Cologne en 1972 et ça dure 23 minutes.Le son est un peu pourri mais quand on aime... http://abmp3.com/download/3976812-part-1.html sinon abmp3.com "recherche" Tangerine Dream.

Note donnée au disque :       
Raven › samedi 4 septembre 2010 - 17:35  message privé !
avatar

total eclipse of the dream, semble-t-il à en juger (entre autres) la charmante demoiselle

ForceMajeure › vendredi 29 mai 2009 - 09:19  message privé !

D'accord avec Logosman : c'est pas un album si mauvais que ça. Il y a des riminiscences de Underwater Sunlight. Je me rappele à la 1ere écoute du vinyle à sa sortie, j'étais en rage d'entendre des morceaux chantés. Quel sacrilège sur un TD ;o) Finalement ça passe à peu près et les parties musicales tiennent la route. C'est la fin d'une époque. Chris va bientôt partir et le TD de la belle époque finir de mourir...

Note donnée au disque :       
etiennefroes › lundi 12 novembre 2007 - 20:22  message privé !
il s'agit bien d'une bo voir ci-contre le commentaire de phaedream