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Tangerine Dream › Ricochet

cd • 2 titres • 38:14 min

  • 1Ricochet Pt. 117:03
  • 2Ricochet Pt. 221:11

informations

line up

Peter Baumann (synthétiseur et batterie), Christopher Franke (synthétiseur), Edgar Froese (synthétiseur et guitare)

chronique

  • musique Électronique berlin school

Ce qui a construit la légende autour de Tangerine Dream fut sans aucun doute les concerts dans les années 74 à 80. Il y avait tout un monde de différence entre entendre et voir le trio Allemand sur scène. Plus sobre en studio, Baumann, Franke et Froese brassaient carrément la baraque lors de leurs concerts. Un exploit si l’on considère que ce n’était que de la pure musique expérimentale électronique, avec beaucoup d’improvisation. D’ailleurs il existe multitude d’enregistrements pirates, dont le fameux Reims 74 (concert qui a même chauffé le derrière de quelques dignitaires du Vatican) et Ruby in the Sky lors du concert du Royal Albert Hall en 75. Extrêmement populaire en France, Ricochet a été réalisé justement lors des concerts donnés dans des églises en France et en Angleterre lors de la tournée de l’été 75.
Deux longues parties composent cette pure kermesse improvisée. À l’époque, les équipements analogues étant très fragiles, il fallait reprogrammer les synthé, séquenceurs et mellotrons à chaque déménagement. Donc, de ville en ville TD improvisait. Sur les mêmes séquences vous allez dire ? Pas vraiment. Lorsqu’on écoute les enregistrements pirates de cette période (73-77), on constate que c’est de la pure impro. TD, Schulze et Ashra Temple ont fait les délices de mille et une nuits atmosphériques où les chocs culturels étaient à l’honneur. À la fin des années 70, les improvisations devenaient plus séquencées, jusqu’à l’arrivée des équipements digitaux.
La partie 1, comme la partie 2, démarre très lentement. Si un léger piano pave la voie à la deuxième partie, ici c’est une intro plus atmosphérique qui se fait entendre. Sur les deux plages, le Rêve Mandarin joue avec les mesures et les rythmes. Toujours axé sur des lignes séquentielles de plus en plus matures et éveillées (rappelez-vous, nous sommes en 75), la batterie est plus à l’image d’un rock progressif que d’un rock planant. Edgar est en grande forme et ses coups de six-cordes sur la partie un nous rappellent que c’est aussi un très bon guitariste. D’un beat cosmique, le trio nous promène dans des intempéries atmosphériques et on voyage à grands coups de séquenceurs entre le rythme, le non rythme, le statique et les fameuses boucles sonores (loops) qui nous hypnotisent. Un festin sonore à l’image de la créativité de Baumann, Franke et Froese. Près de l’ambiance sonore qui règne dans Rubycon, Ricochet est par contre plus rock, plus séquencé. C’est un tournant dans l’évolution du trio et un classique de la musique électronique. Presque 30 ans plus tard, le son symphonique des synthés (on dirait une multitude de clairon qui annonce l’arrivée d’un événement grandiose) est ancré dans les structures musicales de groupes imposants comme Arc, Arcane et Redshift. Impressionnant et très avant-gardiste. Je sais que les vieux fans de TD possèdent Ricochet, mais aux nouveaux fans, ainsi qu’aux amateurs de progressif et musiques expérimentales, Ricochet est un chef-d’œuvre qui a sa place dans toute collection privée. Un banquet musical de haute densité qui vaut le détour. C’est ce qu’on appelle un incontournable !

note       Publiée le vendredi 19 mai 2006

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    Venomesque Envoyez un message privé àVenomesque

    Magnifique album en effet...mon préféré derrière "Phaedra" pour l'instant.

    Note donnée au disque :       
    le mourm Envoyez un message privé àle mourm

    En fait les "stereo remixes" des albums classiques ne concernent que Phaedra et Ricochet. Il me semble que le son est plus détaillé que sur les versions précédentes. Mais je ne les ai écoutés qu'une fois, préférant me concentrer d'abord sur le matériel inédit... En tous cas, les inédits mixés par Wilson sont d'une très bonne qualité sonore. Il y a beaucoup moins de souffle que sur les albums Rubycon ou Stratosfear par exemple. Pour ceux_là, pas de miracle, ça souffle toujours autant. Pour l'enlever, il aurait été obligé de refaire le montage de chaque pièce en retrouvant chaque bande utilisée... (ce qui a été fait pour Ricochet et le morceau Phaedra)

    Note donnée au disque :       
    Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

    Merci du conseil. Je vais commencer l'écoute en streaming avant de voir si je me lance dans l'achat de cet onéreux coffret. Ils valent quoi les remix de Steven Wilson ?

    le mourm Envoyez un message privé àle mourm

    Je te le conseille vivement... Il est rempli de très bonnes surprises. Il y a l'album complet "Oedipus Tyrannus" qui fait véritablement le lien entre Phaedra et Rubycon, quatre enregistrements pro de concerts, et le bouquin est une mine d'informations. Le concert du Royal Albert Hall en 1975 était certes déjà sorti en bootleg avec une bonne qualité sonore, mais ici la source étant les multipistes, c'est encore mieux. C'est exactement le genre de choses que Froese aurait dû sortir à la place de ces dizaines de compils aux titres insipides et des bootlegs récupérés dans la collection des Tree.

    Note donnée au disque :       
    Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

    Il me tente bien ce coffret, ne serait-ce que pour les live plus ou moins inédits. L'occasion de redécouvrir toute cette grande période du groupe également...