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Compilations - Divers › Spiritual Sounds for Artsakh

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Shelleyan      dimanche 18 septembre 2022 - 17:06

cd 1 • 10 titres

  • 1Munknörr: 'Eikthyrnir'
  • 2Sixteen strings under: 'All we've said was a whisper'
  • 3Arus: 'Eyes on fire'
  • 4Lament Lull: 'Anantailis'
  • 5Katana: 'Farväl'
  • 6Sonnenkind: 'A cold night in Germany (Demo)'
  • 7Imbaru: 'Una melodia en el robledal'
  • 8Cabinet Noir: 'Azatamartikneri Poghota'
  • 9Meadows At Night: 'Seven for a secret (not to be told)
  • 10Miel Noir and Changes: '(In)tolérance (acoustic version)'

cd 2 • 10 titres

  • 1The Question: 'The flight'
  • 2Walden: 'Winterreise'
  • 3Vetten Runotar: 'Pirunkirkko'
  • 4Le Choeur Des Ombres: 'Hayr'
  • 5Regard Extrême: 'Amazones'
  • 6Milos Asian: 'Corpus Y'
  • 7Crazy Sandy: 'Ombre est lumière'
  • 8Otto Van Kleist: 'Myal'
  • 9Uwe Nolte: 'Ave Roma'
  • 10Darmstadt 1313: 'Tigrane II'

remarques

'Since October 2020, the Armenians of Artsakh have been unfairly attacked by the Azeris. Populations have been displaced and civilians massacred. With this compilation, we hope to help them by sending all the funds raised to the Armenian Fund in France.' https://steinklangindustries.bandcamp.com/album/va-spiritual-sounds-for-artsakh-2021

chronique

Je déplore le cynisme de notre époque (‘D'toute façon, ce que tu fais sert à rien, ne changera rien, d'toute manière, l’humain est mauvais et on crèvera tous, gna gna gna’. ‘Heu, tiens, le flingue ?’) mais force est de reconnaître que même la détresse peut être media friendly à diverses échelles. Le poids de l’Histoire est déterminant: attentat en Israël ? Ben oui, c’est comme toucher l’’ami’ américain. Ukraine ? Le vieil ennemi russe et le souvenir de cette fameuse Guerre Froide qui a hanté nos livres d’histoire jamais enterré. Dans le cas du Haut-Karabagh (Artsakh), c’est moins sexy. Le Génocide Arménien est bien dans les mémoires en filigrane mais guère davantage et quand un jeu vicieux reprend sur la carte du globe, peu d’échos dans la presse car les combats dans cette région n’intéressent pas grand monde. Je vous renvoie au net pour vous documenter sur la question car cette chronique n’est pas une tribune politique. Mais la musique qui devrait être la déesse libertaire par définition s’intéresse au sorts des gens car ce sont eux les victimes au quotidien des manoeuvres des politiques. L’artiste Thalie Némésis a souhaité apporter son soutien aux populations touchées en rassemblant une collection de divers artistes internationaux, certains n’étant pas inconnus des aficionados des scènes indus et dark folk. La gageur ? Mêler modernité et ancienneté, tradition et contemporanéité et le pari est plutôt réussi vu la diversité intéressante des chansons proposées. Une visite s’impose. Les Uruguayens de Munknörr ouvrent sous les auspices de la nature avec des atmosphères nocturnes en mêlant feeling nordique mélancolique dépouillé et impressions chamaniques, avec des moments de pause entre les diverses parties. Un peu spéciale comme construction mais l’ambiance est des plus envoûtantes, la complémentarité entre chant masculin grave et voix féminine efficace. Six Strings Under optent pour une touche plutôt folk acoustique à plusieurs voix avec une aura ethnique aux relents médiévaux qui gagne en percussions au fur et à mesure. Arus nous emmène dans quelque chose de délicat avec des sonorités gouttelettes fraîches asiatiques sur lesquelles se pose un chant féminin heavenly; impression céleste et intime à la fois. Avec Lament Lull, on retrouve une touche chamanique percussive jouissive, en plus obscure, avec superbe voix de fée/sorcière de la chanteuse rappelant beaucoup certains travaux de Dead Can Dance. Katana jouent sur la tension dramatique avec violons tendus, chant féminin s’ouvrant face au ciel ou chuchotant, le tout baigné d’une aura celtique parcourue de bruissements pluvieux. Dark folk pur à l’ancienne avec Sonnenkind, guitare, chant masculin grave, légèrement épique par moment. Les Chiliens de Imbaru choisissent le dépouillement mélancolique aux accents légèrement ethniques, parfaits pour évoquer un ciel étoilé contemplé depuis une colline. Avec leur batterie, leurs tonalités plus modernes, les bien nommés Cabaret Noir raviront les fans de In my Rosary. Meadows at Night croisent influences médiévales, un zeste de néoclassique, pour un résultat des plus probants entre moments délicats et éclats. La chanson d’après est une collaboration entre les pionniers Changes et Miel Noir; dark folk classique revendicatif. The Question brouille les pistes avec une pièce sonnant comme une b.o. de film, avec nappes tristes de synthé, batterie lente, piano neigeux et quelques bruitages électroniques dans une impression de quête vers un horizon infini. On revient à quelque chose de plus intime sans perdre la touche grandiloquente (assurée par les voix en arrière-plan) avec Walden. Les percussions ethniques reviennent à la charge pour le morceau de Vetten Runotar nappé dans un halo fantomatique par des voix masculines comme chuchotées, se diluant hors de l’obscurité. Pas question de déliquescence avec le Choeurs des Ombres qui nous assènent un morceau percussif en diable avec chant féminin ensorcelant aux légers accents orientaux. Rien de tel pour Regard Extrême davantage porté sur le piano gris, les nappes de cordes en larmes, des présences vocales spectrales, des arrangements parfois aux limites de l’inconfort… Le piano, Milos Asian, l’utilise aussi mais lui y mêle des percussions ethniques, un chant gris, déterminé. La Française Crazy Sandy souvient mieux connus sous ses alias cold wave ou électroniques propose sous ce monitor une forme de folk expérimental avec beat martelant, déformations de violon, une voix habitée intriguante. Il me semblait logique qu’une telle compilation propose un peu de dark ambient, en voici avec Otto Van Kleist. Parfaite mise en bouche avant le folk martial et militaire de Uwe Nolte (ex-Orplid). Darmstadt 1313 à qui revient la lourde de tâche de conclure opte pour une forme d’ambiant industriel baigné d’un bruissement de vinyl qui tourne, dont certains moments font songer aux Joyeux de la Princesse, excepté le mini claquement percussif nappé d’écho qui traverse fugacement le morceau de temps à autre. Il n’y a franchement pas grand chose à jeter dans cette collection (même si je trouve Uwe Nolte kitsch et un peu ridicule), les morceaux sont solides, bien équilibrés, bien répartis et jamais trop longs, il est donc facile de s’écouter l’ensemble de ce double cd au packaging fort réussi sans la moindre lassitude, en voyageant dans des contrées aussi diverses que passionnantes.

note       Publiée le dimanche 18 septembre 2022

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