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Compilations - Divers › Nevemind

cd • 13 titres • 57:57 min

  • 1Trotski Nautique – Ça Sent le Mennen (Smells Like Teen Spirit)2:14
  • 2Fatal Nunchaku – In Bloom1:03
  • 3Llamame la Muerte – Come as You Are3:52
  • 4Bile Clinton – Breed0:53
  • 5Alligator – Lithium3:58
  • 6Noir Boy George – Polly4:02
  • 7Mr Marcaille – Territorial Pissing2:12
  • 8Bitpart – Drain You2:16
  • 9Louise Mitchels (feat Axl Rose and Matt Sorum) – Lounge Act2:33
  • 10Judas Donneger – Stay Away3:49
  • 11Gregaldur – On a Plain2:26
  • 12Jessica 93 – Something in the Way7:58
  • Morceau Caché
  • 13Headwar – Endless Nameless7:04

extraits vidéo

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line up

Headwar, Jessica93, Judas Donneger, Noir Boy George, Trotski Nautique, Fatal Nunchaku, Llama Me la Muerte, Bile Clinton, Alligator, Mr Marcaille, Bitpart, Louise Mitchels, Gregaldur

remarques

chronique

« A moving tribute to our shitty teenage time »… Finalement c’est peut-être bien ça, la meilleure définition du disque. Celle de ce qu’on pouvait ressentir, aussi, « à l’époque » – 1991, un autre siècle qui entamait sa fin ! – quand Nevermind est sorti. L’adolescence, par essence « merdique et merdeuse », temps mollement difficile sous nos latitudes relativement faciles ? Moment où l’on se rend compte que dans tout ce qui va s’ouvrir, passé le collège-puis-lycée, il faudra au moins faire le tri. Choisir. Décider que rien n’en vaut la peine, peut-être – quitte à y rester, dans cette foutue adolescence, cet état tout-mouillé (parce que rien d’encore sec). Ou décider de tout gober – quitte à y rester tout court, à se perdre en route en ratifiant le « c’est comme ça ». Ou bien encore… Tenter autre chose – alors, il faudra trouver quoi, chercher peut-être sans fin, des buts temporaires ou non qui feront se gausser les autres – tenants des deux autres « solutions » et variantes mêlées.

Voici donc Nevemind – treize groupes français ou voisins (Mr Marcaille est de Bruxelles) qui reprennent les treize morceaux d’origine, du disque à bébé bleu-dollar. (Treize et non douze, oui – parce que piste-cachée comprise, et dans une version pas pour-rien… On en reparlera). Et malgré la pochette potache-moche détournée, malgré le « pour déconner » du descriptif, sur la page bandcamp, malgré la « faute de frappe » du titre, ce « tribute » n’est pas un simple disque-blague. L’hommage, là-dedans, sonne souvent sincère – modeste, artisanal… « Alternatif », c’est bien ça – au sens multiple du mot, au sens « musiques de proximité », aussi, scènes locales et lieux pas fatalement subventionnés. La, les alternatives parce que comme dit le texte plus haut cité, les groupes ici présents, au moins à ce moment-là de leur existences, « se connaiss[ai]ent et se contrefout[ai]ent du music-business »… Bien sûr, il y a quelques coups de coude dans le gras des côtes (nudge-nudge…), qui se glissent dans la liste – mais encore, c’est un drôle d’humour. La version assez lourdingue de Lounge Act par les Louise Mitchels, avec imitation fin-de-soirée-après-le-concert d’Axl Rose, assez irritante (et pas très marrante, à mon sens passée la première écoute). L’accélération/montage/bricolage d’On a Plain par Gregaldur – qui est un sacré perfomer du presque-rien en concert mais qui me laisse quasi toujours complètement froid sur disque. Et puis dès l’ouverture, la prise en français – avec harmonisation de flûtes à becs sur fond de boîte à rythme pas chère – de Smells Like Teen Spirit (rebaptisée Ça Sent le Mennem) par Trotski Nautique. Et encore… A celle-là j’ai toujours trouvé un certain charme – de toute façon je préfère généralement les reprises, chez eux, que je trouve souvent touchantes (celle-ci, leurs versions de George Michael ou de Samantha Fox ailleurs…) là où par ailleurs le sarcasme/second-degrés permanent des travaux de David Snug peut assez rapidement me fatiguer (dans ce duo musical comme dans ses dessins sous son seul pseudo pour New Noise ou ailleurs – l’insistance du ricanement là-dedans me rebute la plupart du temps très vite, quelque puisse être par ailleurs la pertinence du propos, parfois).

De fait, avec ou sans les canulars : Nevemind balaye – exprès ou pas (sans doute pas avec une volonté de faire « panorama » en tout cas) – son espace-temps propre, autant que le répertoire du disque qu’il reprend. Cette « scène » sans genre prédominant (ou même fixé) – les questions de circuits (où « tout ce monde » jouait, tournait) et d’éthique (oui) comme liant, plutôt que celles de styles, d’étiquettes – du milieu des années 2010. Une « ambiance » commune, quelques soient les sautes d'humeur. Un truc assez « pluvieux », je dirais, un détachement pas ramenard – pas une morgue, plutôt une méfiance envers la communion festive trop crânement affichée. Assez raccord, sur le fond, avec le lâche-l’affaire du « grunge » – comme un pressentiment que le cynisme ne pourrait rien rendre plus facile, plus léger, que l’ironie, à la place, devrait servir à rester quelque peu sensible. Sensé, aussi. (Sentient, voire, comme on dit désormais ?). Et sur la forme, donc : du disparate. Du speedé tendance grind/death/crust, avec un son de démo prise dans la cave/local de répète (Fatal Nunchaku, Bile Clinton) ; une espèce de rock rugueux, anti-glam au possible, le bruit là-dedans pas fait pour flamboyer (Llamame la Muerte – pas encore piqués d’une sorte de post-rock) ; de la pop discrètement déviante, déviée (les Lyonnaises d’Alligator – avec leurs harmonisations de voix bizarres sur Lithium… une de mes préférées du disque) ; du one-man-band brutal à violoncelle et double-pédale (Mr Marcaille) ; de l’électronique et du bruit cafardeux et sourdement rageurs, en même temps, sous la déprime en brume gris-noir-brouillés (Noir Boy George ou Judas Donneger – Metz et Amiens, respectivement…. Grande Triple Alliance de l’Est, comme beaucoup d’autres d’alors)… Certains de ceux-là absents, depuis – passés à autre chose, à d’autres groupes, ou simplement disparus des radars. Quelques rares parvenus à une visibilité plus grande, hors des « sphères » – Marcaille devenu un temps « viral » sur youtube (mais je ne suis pas sûr que ça ait changé sa vie… ou que la grande majorité des commentateurs, sur la plateforme, aient compris qu’il s’agit d’un VRAI projet musical, avec son esthétique propre, des moyens bien maîtrisés) ; Jessica 93, bien-sûr, le seul qui ait peu ou prou « percé » entre temps (c’est sans doute relatif… j'en pense toujours autant peu de choses, à vrai dire, bref).

Résumons : Nevemind, donc, saisit un truc – une époque encore proche mais déjà autre, à mon sens. Donne de ces années-là, des lieux où on se réunissant – j’en étais souvent – une vision subjective mais certainement pas faussée. Que d’autres soient arrivés ensuite – groupes, endroits, labels… ne fait pas sonner tout ça « obsolète », à mon oreille. J’aime ce que ça évoque – pas comme un souvenir que je chérirais bien au chaud, au sein d’un passé plus ou moins commun (entre eux et elles et moi) mais comme une vivacité particulière, définie, que l’objet (virtuel ou non) rend bien, dans ses contours et sa substance. Avec au bout… Avec à la fin – en morceau caché, donc (ça aussi, c’est raccord avec « les années grunge » ; là aussi, on a le droit de ne pas prendre ça pour autant pour une bête et simple farce) – cet Endless Nameless pas annoncé, qui nous tombe sur la gueule. Pas vraiment descriptible parce que c’est Headwar – et qu’Headwar, ça ne (se) prévenait pas. Ça débarquait, ça vous rentrait dans le gras, ça vous tabassait les tympans et vous laissait sur place tout bleui, tout heureux. C’était beau dans son bordel et son pas-joli – sans aucun doute un des trucs les plus forts de ce dit espace-temps d’un juste-hier ou à peine plus loin. Eux aussi – chacuns et chacunes – sont passés à autre chose, ensuite. On aime ou pas, ce qu'elles et ils sont devenus – mais rien à regretter. Au revoir Headwar, merci pour la mandale. Au revoir Mon Cul, j'espère te recroiser, au gré. Salut aux autres qui tourneront encore ou pas, et merci – pas Drucker-style, hein, seulement parce que ça fait du bien de le dire. Et puis salut la note qu’il me faut mettre en bas, pour conclure, pour pouvoir publier mon texte. Sache que tu ne veux pas dire grand-chose, moyenne – encore moins ce coup-ci que d'autres fois, pour d’autres disques. Ce n’est pas là qu’est la musique – pour tous ceux-là, pour les manières possibles, celles-là, qu’on avait, qu’on a, qu’on aura de les écouter. (Ça n’aurait guère de sens, la chose dans les oreilles, de vouloir « sanctionner »).

note       Publiée le dimanche 13 décembre 2020

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Klarinetthor › mardi 15 décembre 2020 - 18:16 Envoyez un message privé àKlarinetthor

Il n'y a pas plus de raison de trouver les critiques du gars excessives que de trouver son succès horripilant en fait; numérairement j'ai toujours croisé bien plus de gens qui le défendait. On peut trouver que c'était pas le projet le plus intéressant de cette époque (y compris parmi ses propres groupes, c'est aussi chroniqué ici par Dioneo, retrouvez votre chemin); mais rien de bien surprenant, c'est rare dans nos zones qu'un projet qui défrise un tant soit peu "trouve son public", i.e. arrive à une certaine notoriété, c'est juste un constat. Pas sûr que j'aurais voulu voir Headwar par exemple sur des scènes immenses devant leur mur de Marshall... Le reste ce ne sont que problèmes personnels et rancunes stériles, ça aussi sport régional sous nos bienheureuses latitudes. Et en tout cas je suis bien heureux de le voir reprendre Nirvana et Something in the way en particulier, ça colle bien, rien à dire.

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Dioneo › lundi 14 décembre 2020 - 20:14 Envoyez un message privé àDioneo
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Bah là j'avoue, je trouve la critique (plagiat de Pornogrpahy) infondée... Mais bon, reste que bouef, pour moi.

Au fait, sinon : y'a douze autres groupes sur la compile, qui n'est pas un album de Geoffroy Neuf Trois... (Rise n'est pas sur le site mais Consultant en causait là, du gars, en revanche - il me semblait bien qu'il y en avait dans le coin).

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vigilante › lundi 14 décembre 2020 - 19:59 Envoyez un message privé àvigilante

Rise est effectivement bien cool. Pareil que N°6, je ne comprends pas cette levée de boucliers...ya rien de prétentieux dans la démarche, sur scène je l'ai vu faire son truc, ça passait bien, c'est démerdard, j'ai pas cherché non plus des trucs philosophiques...où d'horripilant plagiat de Pornography, comme on a pu le lire...

Dioneo › lundi 14 décembre 2020 - 19:26 Envoyez un message privé àDioneo
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Bah sur le plan strictement musical j'ai jamais accroché - même à l'époque où le "partout" où on le voyait, c'était juste trois bars entre Belleville et Ménilmontant. Je sais pas, j'ai toujours trouvé ça un peu "facile" - pas mauvais mais touche-l'une-bouge-pas-l'autre, pour ma part. Il fait bien son truc, c'est sûr, mais j'ai jamais trop compris la pâmoison générale - y compris je répète quand les gens qui se pâmaient en étaient que je connaissais un peu ou un peu plus pour une bonne partie, et que j'aimais bien pour beaucoup de ceux-là (et pour certains : que je préférais largement ce qu'ils/elles faisaient de leurs côtés).

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(N°6) › lundi 14 décembre 2020 - 19:00 Envoyez un message privé à(N°6)
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Mais qu'avez-vous donc tous contre ce garçon ? "Rise" réécouté récemment, c'est toujours aussi cool.