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Compilations - Divers › Saigon Rock & Soul: Vietnamese Classic Tracks 1968-1974

cd | 17 titres | 00:00 min

  • 1 CBC Band - Tinh Yeu Tuyet Voi (The Greatest Love)
  • 2 Elvis Phurong - Bai ca ngong (The Crazy Song)
  • 3 Carol Kim (ou Connie Kim) - Cai Tram Em Cai (Your Hair Clip)
  • 4 Thanh Mai - Toc Mai Soi Van Soi Dai (Long, Uneven Hair)
  • 5 Carol Kim (ou Connie Kim) - Noi Buon Con Gai (The Sadness of Being a Girl)
  • 6 Bich Loan and CBC Band - Con tim va nuroc mat (Heart and Tears)
  • 7 Phurong Tam - Dem huyen dieu (Magical Night)
  • 8 Le Thu (ou Hoàng Oanh) - Sao Bien (Etoile Des Neiges) (Starfish)
  • 9 Minh Xuan & Phurng Hoang - Mat troi den (Black Sun)
  • 10 Thai Thanh - Birng Sang (Dawn)
  • 11 Bang Chan - Nhung dom mat hoa chau (Fireballs)
  • 12 Giao Linh - Chuyen Tinh Sao Ly (A Love Story From Sau Ri)
  • 13 Elvis Phurong - Kho Tang Cua Chung Ta (Our Treasures)
  • 14 Thanh Lan - Hoai Thu (Autumn Memory)
  • 15 Hung Cuong & Mai Le Huyen - Hon Anh Gian Em (Jealousy)
  • 16 Mai Le Huyen - Duyen phan con gai (A Girl's Destiny)
  • 17 Phuong Dung - Do Ai (Riddles)

enregistrement

Recherches : Alan Bishop et Mark Gergis - Compilé par Mark Gergis - Notes de pochettes et design : Mark Gergis - Photos issues des archives de Sublime Frequencies et du CBC group, Houston, Texas.

chronique

Styles
soul
pop
garage
rock
Styles personnels
summer music

Du point de vue américain, des centaines de chansons ont été consacrées au Vietnam. Et si les Vietnamiens, lors de la même fatidique guerre, en avaient fait autant, et avaient livrés, eux aussi, leurs impressions sur la tragédie en train de se jouer sur support enregistré ? Eh bien, ce postulat à priori incongru n’est autre que le matériau dont est constituée cette compilation. Comme l’expliquent les fort intéressantes notes de pochette signées Mark Gergis, ce qui a fait basculer bien prématurément cette scène "Rock & Soul" vietnamienne, c’est bien évidemment la victoire et l’accession au pouvoir du Viet-Cong, pouvoir communiste pour qui la musique rock, apportée par les G.I.’s américains stationnés dans le sud, était interdite d’office sous peine d’emprisonnement immédiat dans un "camp de réformation" probablement synonyme de tortures, malnutrition et mort. Comme tant d’autres scènes rock des années 60 et 70 redécouvertes aujourd’hui au fil de compilations toujours plus nombreuses, toujours intéressantes. Sublime Frequencies, en crate-diggers officiels de la région Asie du Sud-Est, n’en est plus à sa première exhumation. On imagine donc sans mal le travail pour récupérer les chansons présentées ici dans un Vietnam du sud où chaque bande, chaque disque était devenue pièce à conviction pour finir brocardé contre-révolutionnaire. Et il faut reconnaître à l’ensemble une qualité sonore étonnamment bonne au vu du contexte historique. Meilleure que les ébouriffantes compilations que le label a consacrées à la Birmanie, en tout cas. La musique, en revanche, est plus occidentale, plus "pop" vu de nos oreilles à nous. Gergis note que, là où les Thaïlandais et Cambodgiens ne juraient que par Santana, les Vietnamiens avaient une prédilection pour Hendrix, Blind Faith et Blue Cheer ! Difficile à vérifier, tant cela s’entend quand même assez peu ici, hormis quelques titres comme ceux du CBC Band, poussés vers un son plus saturé par le même mécanisme que les Monks (pour jouer devant les G.I.’s, il faut un minimum de violence sonore). Quoique, même dans une ballade midtempo au chant vaguement sirupeux, un solo fuzzé ultra saturé et strident peut toujours surgir, ce qui surprend assez. Ce qui est certain, c’est que James Brown et la soul américaine avaient trouvé leur chemin dans la musique des groupes présentés ici. Après tout, nombre de soldats U.S. mobilisés de force étaient blacks. Etonnant, par exemple, de constater à quel point les tempos sont funky, les batteries sèches et en place, les arrangements développés. La colonisation française étant passée par là, on relève pas mal de ballades éplorées avec chanteuses mélancoliques, sous influence chanson française d’après le livret. Ça aussi, ça s’entend peu. On pense plutôt à Nancy Sinatra, voire à Dusty Springfield. Là où Sublime Frequencies fait vraiment bien les choses, c’est dans la tracklist : ils ont été jusqu’à résumer les paroles de chaque chanson, en quelques mots. Sans surprise, ça parle de la guerre. Plus étonnant, la condition des femmes est maintes fois évoquée. Une grande partie des hommes étant au combat, les femmes, livrées à elles-mêmes, chantent leur peine, les mèches de cheveux envoyés depuis le front, la jalousie provoquée par l’absence, voire les mariages arrangés… Saluons enfin la démarche zélée du crooner Elvis Phruong (sic), ici capturée dans sa période pré-soupe d’après le livret, qui dédie deux chansons au bonheur d’être pauvre et libre, afin de contrer ces salauds de communistes qui prônaient l’égalité sociale à tout prix !

note       Publiée le dimanche 19 juillet 2015

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(N°6) › lundi 14 mars 2016 - 03:19  message privé !
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Tiens, ben je l'écoute en ce moment le SEXWITCH de Natasha Khan (que par ailleurs j'aime beaucoup). Ouais, alors c'est vrai que le Ghoroobaa Ghashangan qu'est pas le bon titre du tout et donc pas crédité comme il faut (triple cover quoi, d'une chanteuse appelée Pooneh qui reprend la version de Baris Manço d'un morceau de Neset Ertas), ça fait super mauvais effet quand même, c'est carrément grotesque et ça donne en effet une triste idée de la façon dont cette musique est envisagée par certains.

dariev stands › vendredi 18 décembre 2015 - 16:25  message privé !
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Excellent article sur "l'appropriation culturelle" selon Natasha Khan (Bat For Lashes) qui reprend des morceaux de pop Iranienne et Marocaine en se gourant dans les crédits. Connaissant la légendaire curiosité intellectuelle du public hipster, tout le monde peut continuer à roupiller tranquille. http://thetalkhouse.com/music/talks/zohra-atash-azar-swan-talks-sexwitchs-sexwitch/

Note donnée au disque :       
merci pour le fusil... › lundi 20 juillet 2015 - 21:54  message privé !

Je passe mon doctorat en droits d'auteurs en Asie du sud-est et je te réponds. Là n'est pas la question à vrai dire, le droit d'auteur existe bel et bien dans les pays occidentaux : tu utilises la création d'autrui à des fins commerciales, tu raques, point. Après, concrètement, le mec est peut être mort ou paisiblement installé dans une région reculée (merde, je crois bien que j'exotise trop les asiatiques du sud-est, mais partons du principe qu'ils vivent heureux loin de l'agitation du web et du village globale; tout ethnocentrisme gardé), donc évidemment, ça va compliquer les recherches et le versement des royalties (merde, un anglicisme, je me déculture)

dariev stands › lundi 20 juillet 2015 - 21:34  message privé !
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Et sinon pour enfoncer le clou (désolé mplf, je m'acharne, mais bon tu es tenace), juste une question à la con : ça existe, le concept de droits d'auteurs, en asie du sud-est ? Y'a des mecs qui vivent de la zique autrement qu'en en jouant toutes les semaines, là-bas ?

Note donnée au disque :       
merci pour le fusil... › lundi 20 juillet 2015 - 21:03  message privé !

Je ne ciblais pas un label en particulier, juste une tendance.