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King Crimson › The construKction of light

  • 2000 • Virgin KCCDX2 • 1 CD

11 titres - 58:15 min

  • 1/ ProzaKc blues (5:28)
  • 2/ The construKction of light part one (5:49)
  • 3/ The construKction of light part two (2:50)
  • 4/ Into the frying pan (6:54)
  • 5/ FraKctured (9:06)
  • 6/ The world's my oyster soup kitchen floor wax museum (6:24)
  • 7/ Larks' tongues in aspic part four : 1 (3:41)
  • 8/ Larks' tongues in aspic part four : 2 (2:50)
  • 9/ Larks' tongues in aspic part four : 3 (2:36)
  • 10/ Coda : i have a dream (4:51)
  • 11/ Heaven and earth (7:46)

enregistrement

StudioBelew, Kentucky, USA, 2000

line up

Adrian Belew (guitare, chant), Robert Fripp (guitare), Trey Gunn (touch guitar), Pat Mastelotto (batterie)

remarques

chronique

"Thrakattak", puis les "ProjeKcts", par leur jusqu'au-boutisme, nous assuraient d'un retour en grande forme du King Crimson impérial après un "Thrak" bien terne, album du retour à l'activité en 1995. Que s'est-il produit pour que King Crimson, en fin de compte, au bout de trente ans de va-et-vient, nous délivre son plus mauvais album ? Excepté l'à moitié drôle ProzaKc Blues (à moitié parce que finalement ça ne prête pas à rire) et le bonus en clôture, Heaven and Earth, crédité au nom de ProjeKct X, le reste des compositions sont des resucées sans saveur de ce que l'on avait pu entendre sur le merveilleux box des ProjeKcts. Ce n'est pas une mauvaise idée en soi, d'ailleurs King Crimson a toujours procédé de cette manière, seulement, auparavant, c'était pour évoluer vers un mieux, alors qu'ici, c'est plutôt très franchement le contraire. De plus, il contient, de ci, de là, des références à des projets passés de Robert Fripp (notamment "Sunday All over the World") qui révèlent le manque d'inspiration d'une formation qui, contrairement à avant, tient à rester au devant de la scène, tout en sachant pertinemment qu'elle n'a plus rien à dire. Mais ce n'est pas tout ; King Crimson, qui se passe désormais des services des (il faut croire) indispensables Bruford et Levin, commet l'impardonnable en s'attaquant à des pièces maîtresses de son répertoire, donnant une suite inutile à la longue saga des "Larks' Tongues in Aspic", et un relifting de "Fracture", devenu FraKctured, qui semble avoir oublié que la tension qu'il avait réussi à créer survenait de ses longs moments de silence, alors qu'ici il privilégie le bruit. Beaucoup de bruit. Pour rien. Là où on attendait un retour en grâce, comparé au piteux et rigide "Thrak", The ConstruKction of Light se révèle bien pire encore ; le mot d'ordre est : marche arrière toute ! King Crimson vient de se trahir. Grosse, grosse, immense et inconsolable déception.

note       Publiée le jeudi 6 décembre 2001

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SEN › samedi 16 mai 2020 - 09:15  message privé !

La Set Box "Heaven And Earth" qui contient entre autre "REconstruKction of light" le mixage inédit de "Construcktion of Light" et "Power to Believe" est un véritable trésor, on y trouve également 4 CD d'enregistrements inédits des "Projekt" et une pléiade de live bourrés de morceaux d'impro enregistrés entre 2000 et 2008 ! Fabuleux !

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SEN › samedi 11 avril 2020 - 15:41  message privé !

Je l'avais jugé aussi sévèrement que Prog à sa sortie, avec le recul (20 ans) je suis beaucoup beaucoup moins sévère, je dirais même que je l'écoute plus du tout de la même façon et que c'est une totale redécouverte... Bon par contre le problème majeur ça reste Belew au chant !

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Aladdin_Sane › jeudi 13 juin 2019 - 15:13  message privé !

Je me rappelle la déception à l'époque de la sortie de cet album. Aujourd'hui, alors que sort "Heaven and Earth" le nouveau coffret de la période 1997-2008 (incluant cet album album "retravaillé", "The power to believe", les projekcts et autres lives), peut-être est-il temps de réinterroger ses souvenirs...

CrimsonTangerineDreamTheater › samedi 3 février 2018 - 22:26  message privé !

Je viens exaucer le souhait de Bubble, et je ne vais pas pouvoir faire court. Comme pour Thrak, considérez cela comme une review alternative complète et non un simple commentaire.



Le point un peu faible de cet album est le son, rendant difficile l’écoute de l’album complet. Son propre mais trop sec, trop « coups de boutoir », basse souvent trop compressée, quelques sons trop stridents, c’est un problème de confort d’écoute. La production de l’album suivant est meilleure de ce point de vue. Pour les morceaux de TCOL, on peut trouver nettement plus agréables les versions live des tournées de TCOL (triple album Heavy Construkction) et celles ultérieures (Level Five, Live in Japan etc).



Au niveau du fond, il y a pas mal de regards vers les morceaux instrumentaux dans le style « violence contenue » typiquement crimsonienne de la période 1973-74. L’album précédent Thrak revisitait le morceau Red (auquel Vroom Vroom ressemble comme deux gouttes d’eau), et les autres morceaux aux titres d’onomatopées (Vroom Vroom Coda, B’Boom/Thrak, Vroom et Vroom Coda) étaient également dans ce style de violence contenue, mais plus originaux. Sur TCOL, on revisite à la fois Lark’s Tongues in Aspic avec LTIA part 4, et Fracture avec Frakctured. Contrairement à d’autres commentateurs, cela me plait bien que Crimson revisite ce style en l’enrichissant de nouveaux items, qui prennent en compte les évolutions technologiques assimilées depuis : on perd le violon de David Cross, mais on gagne les Soundscapes de Fripp et les bidouillages de Mastelotto qui mélange des sons de batterie classique, de batterie électronique et des mini-boucles qu’il déclenche… On peut toutefois être déçu que la batterie électronique n’intègre pas tant que ça les explorations des Projekcts 3 et 4, que l’on retrouvera surtout sur l’album suivant.



Il ne faut pas toujours accuser le Crimson de cette période de s’auto-plagier. LTIA part 4 ressemble certes un peu trop à LTIA part 2, et est trop « coups de boutoir », mais Frakctured est quand même assez différent de Fracture. On perd la tension qui courait au long de Fracture, mais on gagne un passage central complètement dingue, frénétique et virtuose. Par ailleurs, LTIA 4 débouche sur une suite hautement intéressante, I Have A Dream, que je trouve être le meilleur morceau chanté de Crimson, rien de moins. Le traitement sonore de la voix est un gros clin d’œil à celui de 21st Century Schizoid Man, mais ça passe bien aussi sans ce traitement (cf. la version live sur Heavy Construkction). C’est un morceau à la fois violent, avec des roulements de batterie totalement débridés, et mélodique, avec une suite d’accords bien romantique et emphatique.



En dehors des instrumentaux de violence contenue, on trouve le bon instrumental « Heaven and Earth » d’ambiance différente, attribué à Projekct X (même personnel, mais en mode « R&D »). La production sonore est meilleure que la version sur l’album du même nom de Projekct X. Par ailleurs, les morceaux chantés sont moins variés que ceux du très éclectique album Thrak. Les paroles de Belew sont presque toutes dans son style habituel humoristique avec un brin de philosophie. Ce n’est peut-être pas un très bon choix de démarrer l’album sur le parodique Prozakc Blues, alors que la musique de Crimson a toujours été en général à l’opposé du blues. Le traitement sonore de la voix est trop lourd, mais là encore ça va mieux sur les versions live.



Enfin et surtout, il faut souligner le morceau Construkction of Light. Il commence par un instrumental qui s’apparente à une étude de guitare « craft » bien ardue, avec les jeux de basse et guitares qui s’entremêlent dans une précision très « disciplinée ». Cela fait ainsi penser au morceau Discipline, mais c’est nettement moins froid ! Car il y a des pointes de mélancolie qui annoncent la deuxième partie, chantée, philosophique et mélancolique. Ces différents aspects font que ce morceau se dégage du clin d’œil à Discipline et est probablement le plus créatif de tout l’album. Bref, émotionnel bien que très technique. Tony Levin a dû s’y mettre en revenant par la suite dans Crimson, et il indique sur le site DGM que c’est la ligne de basse la plus difficile qu’il a dû jouer avec Crimson. Probablement satisfait à juste titre de ce bijou, le groupe l’a joué systématiquement à tous les concerts post-TCOL et les versions live se sont améliorées au fur et à mesure. Sur le Live in Japan, on s’approche de la perfection.



En conclusion, même si le son est inconfortable, même si ça regarde un peu trop vers le passé et qu’on perd l’éclectisme de Thrak, je ne peux que mettre une très bonne note sur un album qui contient 3 de mes morceaux préférés : I Have A Dream, Construkction of Light et Frakctured (qui aurait pu s’appeler Tartempion, je ne vois pas pourquoi il faudrait comparer à Fracture). Des morceaux dont je ne me lasse pas après de très nombreuses écoutes…

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Alvus Dei › samedi 26 juillet 2014 - 17:26  message privé !

Objectivement, mettre moins de 4 boules à un Crimson, ce serait malaisé... maintenant, je vais lui en donner 3 :S

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