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Wayne Shorter › Night dreamer

6 titres - 41:02 min

  • 1/ Night Dreamer (7:18)
  • 2/ Oriental Folk Song (6:52)
  • 3/ Virgo (7:08)
  • 4/ Black Nile (6:29)
  • 5/ Charcoal Blues (6:54)
  • 6/ Armageddon (6:21)

enregistrement

Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, 29 avril 1964

line up

Elvin Jones (batterie), Lee Morgan (trompette), Wayne Shorter (saxophone ténor), Mccoy Tyner (piano), Reggie Workman (contrebasse)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité
L'édition internationale propose une prise alternative du titre "Virgo" (7:03) portant la durée totale du disque à 48:08

chronique

Styles
jazz
jazz modal
Styles personnels
hard bop > modal

Wayne Shorter sur Blue Note. Enfin ! Dès la plage titre, c'est du pur Shorter. Pour son entrée par la grande porte aux studios Rudy Van Gedler de Englewood Cliffs, on a eu la grande idée de mettre les petits plats dans les grands : McCoy Tyner, dont la participation essentielle est un injustement réduite à un lapidaire "Etc" sur la pochette, Elvin Jones et Reggie Workman... Quoi de mieux en effet que le backing band de John Coltrane en personne, même si Workman ne les a pas suivi sur Impulse ! Lee Morgan, à domicile, est aussi de la partie et revient donner du champ à son frère d'arme. Vu le thème de l'album, le feeling blues est omniprésent, et l'écriture, bien que pas encore à son apogée, laisse transparaître de notables (r)évolutions. "Oriental Folk Song", adapté d'un traditionnel asiatique ne laisse plus planer le moindre doute sur l'intérêt toujours croissant du saxophoniste ténor pour le jazz modal, dont il va se faire un des fers de lance les plus remarquables. Après "Virgo", la ballade, épurée jusqu'à l'extrême, on revient au style inimitable du saxophoniste avec "Black Nile" puis "Armageddon", encore plus réussi, entre lesquels est enchassé le plus Coltranien que nature "Charcoal Blues". Simultanément à son changement d'écurie, Wayne Shorter entre aussi sans le savoir de plein pied dans sa période de créativité la plus intense. Enrôlé au sein du nouveau quintette de Miles à partir de l'automne prochain, Wayne Shorter va habilement répartir ses contributions personnelles entre l'ange noir et ses propres publications. Le progrès et le changement d'esthétique vont se vivre en parallèle, chacune de ces expériences s'interpénétrant pour nourrir l'autre de ses influences. Quand Shorter remerciera Davis en 1970, il quittera aussi Blue Note pour s'embarquer dans une carrière internationale qu'aucun autre saxophoniste n'a été amené à connaître depuis. Ceci dit, "Night Dreamer" ne possède pas encore l'aura de ses deux joyaux à suivre mais en constitue néanmoins l'idéal entrée en matière.

note       Publiée le jeudi 10 novembre 2005

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Coltranophile › jeudi 21 juin 2007 - 13:27  message privé !
Pour ses débuts sur Blue Note, Shorter s'affranchit largement de l'univers des Messengers alors que ses disques Vee-Jay en étaient largement tributaires. Que la présence de Lee Morgan ne vous trompe pas, nous sommes ici dans l'univers propre à Shorter, et quelques-unes de ses compos les plus marquantes sont ici, les "Night Dreamer", "Virgo", "Armageddon" et "Black Nile" figurant dans le New Real Book, c'est vous dire. L'influence de Coltrane est évidente, la présence de sa section piano-basse-batterie n'étant pas un hasard. Morgan montre son habileté à jouer dans un contexte au-delà du hard-bop. Shorter s'affirme comme un improvisateur rare, élégant et intense, constamment inspiré, et d'un lyrisme jamais mis en défaut. En un mot, indispensable!
Note donnée au disque :