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Miles Davis › E.S.P.

cd | 7 titres | 48:05 min

  • 1 E.S.P. [5:27]
  • 2 Eighty-One [6:11]
  • 3 Little One [7:21]
  • 4 R.J. [3:56]
  • 5 Agitation [7:46]
  • 6 Iris [8:29]
  • 7 Mood [8:50]

enregistrement

Columbia 30th Street Studio, New York City, USA, 20-22 janvier 1965

line up

Ron Carter (contrebasse), Miles Davis (trompette), Herbie Hancock (piano, piano électrique), Wayne Shorter (saxophone ténor), Tony Williams (batterie)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
freebop

Nous y sommes. Enfin... "E.S.P.", première réalisation officielle du nouveau quintette de Miles Davis, premier album studio depuis "Seven Steps to Heaven", sorti en 1963, deux ans plus tôt (autant dire une éternité en matière de jazz), fixe d'emblée de nouveaux standards dans la déjà longue carrière du trompettiste. Le groupe a été assez rodé sur scène. Tel un papillon, il a laissé derrière lui la carcasse vide de sa chrysalide où dorment encore ces vieux thèmes chéris auxquels Miles Davis avait tant besoin de faire la peau afin de pouvoir, à son tour, s'en faire une neuve. Sept titres, sombres dans leur exposé mais brillants de par leur ingéniosité d'écriture, où Miles et les siens trouvent la formule adéquate en s'inspirant du phrasé modal dans lequel ils introduisent, par touches soigneusement choisies, la liberté héritée du free sans pour autant trahir son amour indéfectible de la mélodie. Concrètement, cela se traduit par une musique jazz dont la subtilité des nuances se cache dans des accords, des phrasés fuyants sans contrainte de temps qui passeraient presque inaperçus à l'oreille des profanes. L'expressivité est le vecteur principal, et tout le monde a l'occasion de se le prouver mutuellement. "E.S.P.", c'est peut-être, et déjà, le seul vrai album du quintette développé dans un véritable esprit de communion. Car excepté le jeune batteur Tony Williams qui ne demande qu'à briller, Carter, Davis, Hancock et Shorter se bousculent pour écrire, voire co-écrire - fait rare - les différents titres de cet album discret, distingué et élégant. La mélancolie qui s'en dégage tend à le rapprocher plus que tout autre disque de cette nouvelle ère des merveilles publiées autrefois par le premier quintette où officiait encore John Coltrane ("Mood" n'est-il pas aussi désarmant que "Flamenco Sketches", mais avec ce je ne sais quoi en plus qui le rend encore plus solennel ?). Miles a pris son temps pour réunir autour de lui la crème de la crème de la nouvelle scène jazz, et "E.S.P." de nous prouver que le jeu en valait largement la chandelle.

note       Publiée le jeudi 9 novembre 2006

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(N°6) › samedi 9 août 2014 - 15:33  message privé !
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Quand "Mood" débarque, c'est vraiment le crépuscule avec sa lumière qui s'éteint doucement et ces bruits qui s'engourdissent. Miles s'y fait ténu comme lui seul sait. Sublime dès le premier album studio ce quintette.

darkmagus › vendredi 26 avril 2013 - 17:47  message privé !

Tiens, me suis réécouté ESP, ça faisait bien longtemps, merci ellington, et d’accord avec coltrano, pas pour « plugged nickel », mais pour « iris », merveille absolue de lévitation au-dessus des nuages, et les deux autres ballades, « mood » et « little one » sont du même registre.

Note donnée au disque :       
ellington › vendredi 26 avril 2013 - 13:33  message privé !

Le coffret Miles Davis 65-68 est maintenant disponible pour 20 euros sur le site de vente tropical en ligne . Cela vous donne 6 albums studio , tous grandioses et sixboulesques , plus une pleine palette d'inédits qui feront l'essentiel des albums " Water babies " , " Circle in the round " et " Big fun " . 7 heures de musique d'une beauté à ne pas croire .

Note donnée au disque :       
The Gloth › lundi 28 mars 2011 - 11:51  message privé !

...si : Betty Davis.

Moonloop › dimanche 27 mars 2011 - 22:30  message privé !

Frances Taylor est vraiment très belle sur cette pochette. Tellement rayonnante qu'elle en devient captivante au point d'éclipser le reste, Miles compris... ce qui expliquerait d'ailleurs son regard à la fois dubitatif, juvénile et fasciné. Il ne pouvait pas avoir plus jolie muse...