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Weather Report › Domino theory

7 titres - 47:10 min

  • 1/ Can it be done (4:02)
  • 2/ Db waltz (11:10)
  • 3/ The peasant (8:15)
  • 4/ Predator (5:21)
  • 5/ Blue sound note 3 (6:52)
  • 6/ Swamp cabbage (5:21)
  • 7/ Domino theory (6:09)

enregistrement

The Music Room, Pasadena, The Sound Castle, Californie, USA, Kosei Nenkin Hall, Osaka, Japon, décembre 1983

line up

Victor Bailey (basse), Omar Hakim (batterie), José Rossy (percussions), Wayne Shorter (saxophones), Joe Zawinul (claviers)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
jazz électro fusion

Des bruits étranges de synthé, comme sorti d'une machinerie diabolique elle même extraite d'un film SF de série z.... C'est ainsi que débute "Domino Theory". Froid, mécanique. Tournant le dos à la procession ensoleillé de leur dernière aventure. En réalité, "Can It Be Done", ouverture en trompe l'oeil qui se décline vite en ritournelle pop chantée par Carl Anderson, fait vite déchanter ceux qui esperaient un renouveau. Découragés, même plus déconcertés par les choix en apparence incompréhensible du duo autrefois magique. Ne sachant peut-être plus quoi faire de cet véhicule devenu encombrant et qui, autrefois pourtant, faisait la pluie et le beau temps, les deux mentors de Weather Report continuent à entreprendre leur lente et douloureuse descente dans les enfers du vide créatif. Néanmoins, parce qu'en quelques endroits, il renoue avec des ambiances pas toujours faciles, "Domino Theory" fait office de palier dans cette inexorable chute. Une pause où, le temps d'un instant, la flamme se remet à briller faiblement. Après ce faux départ, le funky "Db Waltz", un peu trop long mais pas dépourvu de bonnes idées, et le menaçant "The Peasant" seraient presque parvenus à nous faire croire à un retour en grâce. "Blue Sound Note 3", animé par le souffle chaud de Shorter, se débat dans un décor inhumain qui n'est pas sans rappeler l'austerité glacée et pénétrante de "Night Passage". Mais c'est sans compter "Predator" et "Swamp Cabbage", l'autre versant du Weather Report actuel, qui, enchassés entre eux, brisent le timide charme qui s'était instauré jusque là. Des baisses de régime lourdes de conséquence qui n'appelleront à plus aucun autre espoir.

note       Publiée le vendredi 8 février 2002

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
fusion

Développé avec le même sérieux et la même assiduité que son prédécesseur, "Domino Theory" se distingue avant tout par une production clinique, renforcée par une noirceur inattendue, provenant en grande majorité des nouvelles textures utilisées par Joe Zawinul aux claviers, mais également au travers de compositions à l'écriture ténébreuse. Déjà signalé que ce soit dans la chronique elle-même ou dans les commentaires qu'elle a directement suscité, l'album vaut le détour ne serait-ce que pour l'inquiétant "The Peasant" où Zawinul, en roue libre, construit depuis sa forteresse imprenable une ritournelle obsédante et intrigante, moite et enivrante. C'est ce même sentiment trouble qu'on retrouve à l'ouverture du déchiré "Blue Sound Note #3", enregistré en concert, où Shorter s'époumone sur un thème brumeux avant que celui-ci ne se développe dans une progression d'accords que d'aucun rapprocherait à raison des développements entendus sur "Dream Clock". Parmi les autres titres phares de l'album, "Predator" ou "Db Waltz" possèdent une charge inhabituelle, il est vrai déforcée par le traitement synthétique induit par le travail tout en texture à la base même du projet Weather Report. L'album qui, lui aussi, jouit d'une réelle cohérence dans son choix de sons, reste tout de même plus inégal que "Procession". Mais l'atmosphère particulière qu'il dégage lui confère un intérêt non négligeable et serait à même de reléguer aux oubliettes ses quelques points faibles auprès des ses auditeurs les plus conciliants. "Sportin' Life", qui lui emboîtera le pas l'année suivante, s'abandonnera sans retenue dans les couleurs chatoyantes des musiques des îles, dopé par la présence de Mino Cinelu, percussioniste de Miles Davis. Un propos qui, quoi que concluant, se révèlera peu engageant en terme de musique dite sombre et expérimentale. Enfin, "This is This", album patchwork s'il en est, signera le vrai déclin du groupe. Et là, au moins, tout le monde est d'accord.

note       Publiée le samedi 1 mai 2010

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aur › vendredi 25 avril 2008 - 15:06  message privé !
La chanson qui ouvre l'album, très bien chantée parle avec justesse de la démarche du groupe, qui recherche d'autres sons, d'autres mélodies, qui n'ont jamais été dans l'air ... La présence du chant n'est pas incongrue chez "Weather Report", dont la dimension vocale a toujours été prépondérente : citons les enregistrements vocaux dans "Badia", et dans "Unknown soldier", l'utilisation du Vocoder et la manière dont Joe et Wayne ont toujours su faire chanter à leurs instruments de belles mélodies. "Db Flat Waltz" pète le feu, la rythmique est surpuissante, et "The Peasant" distille une ambiance irréelle, avec ses sonorités pseudo-acoustiques issues des claviers de maître Zawinul. Par contre, la seconde face, froide et synthétique, me laisse dubitatif. Mais peut-être ces ambiances un peu flippées, futuristes et glauques sont-elles le fruit d'une recherche ? (Cf "Blue Note Sound 3" et "NYC")
Note donnée au disque :       
fever › dimanche 12 août 2007 - 11:18  message privé !
oui , peut-être pas leur meilleur album , mais quel est alors leur meilleur album ? le tandem Zawinul / Shorter a toujours défriché , loin devant leurs collègues parfois laborieux du Jazzrock ( ceci pour ls mettre dans une case à mon avis réductrice ) , et cet album est bien loin d'être inintéressant .... le disque recèle mille petites ambiances et émotions qui ne se trouvent qu'après pas mal d'écoutes. ah qu'il semble loin le temps où les groupes pouvaient se permettrent d'envisager un enregistrement sur la durée , de penser le disque comme une oeuvre avec ses accidents , ses surprises , ses changements de teintes ....comme quelquechose de vivant !! il semble qu'il soit de bon ton ces derniers temps de cracher sur la dernière période du groupe , alors que Zawinul lui-même affirmait qu'il s'agissait là du meilleur line-up que le groupe ait jamais connu ! cet album ( ainsi que "procession" , "sportin' life" et "this is this")est à mon avis à reconsidérer , à replacer dans son contexte ( hé hé , il est contemporain à A-HA et DURAN DURAN !! ) et enfin à ré-entendre.......enfin !
Note donnée au disque :