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Wayne Shorter › The all seing eye

5 titres - 44:19 min

  • 1/ The All Seing Eye (10:32)
  • 2/ Genesis (11:44)
  • 3/ Chaos (6:55)
  • 4/ Face of the Deep (5:29)
  • 5/ Mephistopheles (9:39)

enregistrement

Van Gelder Studio, Englewood Cliffs, New Jersey, USA, 15 octobre 1965

line up

Ron Carter (contrebasse), Joe Chambers (batterie), Herbie Hancock (piano), Freddie Hubbard (trompette), Grachan Moncur Iii (trombone), Alan Shorter (trompette), Wayne Shorter (saxophone ténor), James Spaulding (saxophone alto)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Styles
jazz
free jazz
jazz modal
Styles personnels
jazz modal > free jazz

Comme pour les albums "Life Time" de Tony Williams ou "Components" de Bobby Hutcherson, Wayne Shorter se lance, lui aussi, lui, le nouveau souffle du jazz modal, toujours dans l'ombre de John Coltrane, à l'assaut de l'écriture d'une musique plus complexe et abstraite, un terrain favorable aux improvisations modales les plus libres. D'une inventivité et d'une productivité sans faille qui l'a mené des Jazz Messengers d'Art Blakey au rôle pivot du nouveau quintette de Miles Davis, bien avant de se lancer dans l'aventure tout aussi passionnante de Weather Report, ce "All Seing Eye" affiche une ambition qu'on ne lui connaissait pas. Le titre éponyme qui ouvre l'album en est un bel exemple et le large ensemble qui l'accompagne ici (ils sont huit en tout, et que des pointures s'il vous plaît) ne fait que renforcer cette impression d'une monstrueuse cohésion où le lyrisme atteint peut-être son paroxysme. "Genesis" poursuit en alternant passages d'une noirceur crépusculaire (mais que dire alors de "Face of the Deep" ?) avec explosion rutilante et enjouée, executée en parfaite synchro par les cinq instruments à vent. Impressionnant. le fidèle Herbie Hancock est évidemment de la partie et montre au travers de son solo dans "Chaos" que, lui non plus, n'a pas froid aux yeux. Pour ne pas effrayer l'auditeur face à la pesante menace qui parcourt "Mephistopheles", on a placé Joe Chambers comme gardien du swing, et c'est de la dynamite ! Au delà des efforts d'écritures, les interventions du saxophoniste ténor restent toujours aussi décisives. Wayne Shorter signe là son album le plus abstrait, celui qui flirte le plus ouvertement avec l'avant garde et que le grand nombre de participants place aux côtés du "Free Jazz" d'Ornette Coleman et de l'"Ascension" de John Coltrane. Un superbe album à l'univers ardu, du tout bon en clair, bien qu'à mille lieues du festival lumineux et passionné auquel ce somptueux saxophoniste se plie de coutume.

note       Publiée le vendredi 7 juin 2002

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necromoonutopia666 › mardi 12 janvier 2010 - 23:26  message privé !

J'ai choppé la réédition en vinyl. Ca cartonne à fond. Ca tutoie parfois le même niveau d'excellence du maitre Coltrane. La première fois depuis longtemps que je ne me suis pas delecter autant d'un album de jazz. Classe!

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ellington › dimanche 13 décembre 2009 - 14:25  message privé !

un disque trés écrit , comme une partition de musique comtemporaine . Shorter a voulu changé de style et abandonne ses compo fluides pour une austérité et un climat plus oppressant .J'ai eu du mal à la première écoute mais , maintenant il est mon shorter préféré , avec juju ."méphistopheles " est peut-etre le sommet de sa disco , je fais tourner ça en boucle depuis une semaine .

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Coltranophile › lundi 6 août 2007 - 19:23  message privé !

Le plus avant-gardiste des disques de Shorter. Les conceptions du quintet de Miles sont directement palpables mais Shorter ne s'arrête pas là, la liberté trouveé lui sert de rampe de lancement pour ses idées les plus poussées. Toujours animé d'un certain souci "classiciste" par ailleurs, Shorter se refuse au free mais jamais il n'aura été si proche. Magnifiquement entouré, ce disque fait l'effet d'une merveilleuse communion. Dommage que par la suite, Shorter n'ait pas suivi cette voie.

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gregdu62 › vendredi 22 juillet 2005 - 18:24  message privé !
L'atmosphère de cet album est exceptionnelle !
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