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The Horrorist › Fire Funmania

cd • 10 titres • 44:28 min

  • 1Enter The Sex Game
  • 2Kissing Anne
  • 3The Man Master
  • 4The Darkness That Was Meant To Be
  • 5Haywire
  • 6Heart Of Steel
  • 7Starving For You
  • 8Kissing And Burning
  • 9Incredible
  • 10Take This Step

remarques

chronique

Avec ce dernier Horrorist pas encore sorti en solide à ma connaissance (mais offert par l’auteur sur Soundcloud en intégralité, si ça pouvait encore donner idée aux retardataires) et plus précisément à cause de "Starving For You" que j’ai enchaînée des jours durant en boucle même quand je l’écoutais pas, je serais tenté de sombrer, encore, dans le travers typiquement gutsien de la chro-métaphore intimiste mais non, pas cette fois, enfin je pense qu’en dehors de mes deux ou trois effets de manche habituels je devrais contenir ces pulsions de nudisme et d’onanisme enragé. Ce qui est assez marrant parce que l’onanisme, l’auto-kiffage, cette ultime pharmacie vissée par Oliver Chesler sur le mur de salle de bain de nos consciences insomniaques ne carbure qu’à ça – en plus du traditionnel stock d’ecsta, il va de soi. Il est tout petit vu comme ça, ce Fire Funmania, hecho a mano à l'ancienne sans fioritures esthétiques, mais c’est l’album de techno que j’attendais, et Fire Funmania, putain de koala mort en pyjama, c’est l’album-corbeau que j’attendais ! Et sa limpidité, son évidence prouvent que Chesler parvient plus que jamais à lier deux mondes plutôt éloignés (grossièrement, la culture goth et la techno de rave) sans sonner fusion design calculée ou je sais quoi : l'ambiance rappelle les grands classiques bizarres-malsains allemands, italiens, belges de la dark electro d’il y a vingt ans, mais pas que. Ce new-yorkais a plus que de l’Europe en lui, une aura plus que troublante, sa personnalité nocturne et prédatrice reste une énigme d’une simplicité redoutable, et il s’en sert comme une arme de séduction. Il n’y a en effet que lui pour lier ses deux univers, sa place étant à peu près celle que doivent fantasmer des couillons comme le belge de Suicide Commando, et toute la clique dark wave depuis la fin de l’âge d’or allemand ; être à la fois pur DJ et pur gothique. Imaginez un pote à vous, qui vous ressemble, fan de Klinik et collectionneur de k7 Thunderdome toutes usées qu’il vous confie comme des reliques précieuses. J’ai des connaissances pas éloignées, qui ont certainement badé, bandé, gercé autant que moi sur cette petite saloperie. Horrorist c’est un peu cette rencontre depuis quelques temps déjà mais ici au stade de cristallisation terminal, le seul DJ rimmelisé qui puisse vraiment donner envie d’aller pécho en boîte. La petite merveille hybride qu’il est devenu n’a plus besoin du bruit, maintenant il égrène même des ballades dark folk dépouillées ("The Darkness That Was Meant To Be"), achève des comptines malades par le boutoir de la hardcore exécutée à la serial killer blasé ("Haywire"), presque dandy, presque DJ fashion, complètement psychopositif, et toujours sur le fil du rasoir no man’s landesque aseptisé et outrageusement sexy séparant le vice de la coquetterie, rendant le commun de la dark wave aussi banal que David Guetta sans sonner "dark", en sonnant juste Horrorist (l’intro-définition est d’ailleurs là pour signaler qu’on tient l’album-clé, lui-même le sait). Ce "gloomcore" autoproclamé est autant destiné aux foules lobotomisées et transies qu’à l’intimité capricieuse d’un corbak de campagne. C’est un fluide noir acide qui coule sous une peau froide-pâle comme lune. C’est Narcisse dans l’alcôve enténébrée et c’est l’envie de devenir viande anonyme dans une nuée compacte se mouvant sous les lasers tranchants des clubs. Il y a aussi cette pochette ostentatoire comme pas permis, qui, avouons-le, fait quand même très peur dans toute l'essence du terme : à part Prince, je vois pas qui pourrait dégager cette aura hautaine-sexuelle imparable et exquisément menaçante. Et puis y a "Starving For You" comme je disais plus haut, et un morceau comme celui-là, pourtant c'est du bricolage de niveau CP comme quasiment tout le reste, mais même Alan Vega en duo avec Dirk Ivens aurait pas réussi ça. Contrarié, en mode "Screaming Jay Hawkins des Carpates", Chesler tutoie les cimes enneigées de notre horreur intime, ce K2 inversé qui nous scie le ventre, ce manque béant et sans nom, et j'en ai été troublé comme rarement... et même si j’exagère encore dans un de mes accès de passion éclair pour vous donner envie d’en bouffer, qu’est-ce que j’en ai à battre ? Oliver aura au moins réussi l’illusion de m’y faire croire... odieux fils de pute sublime... Oliver C., le personnage que Bret Easton Ellis aurait pu inventer s'il avait été raver.

note       Publiée le jeudi 7 mars 2013

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Klarinetthor › samedi 17 décembre 2016 - 03:06  message privé !

https://soundcloud.com/thingstocome.... Oliver Chesler vous souhaite une bonne overdose de Noel qui sent le sapin. Klarinetthor-approuved, bien sur.

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tof-1984 › dimanche 20 novembre 2016 - 00:22  message privé !

Il fait peur, celui-ci... Malsain, bizarrement remuant, moche mais séduisant, trop sincère dans le mal-être. "I'm starving for you" me fait pleurer.

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Langouste-mayonnaise › mardi 31 mai 2016 - 20:43  message privé !

Je l'ai vu en février et le seul morceau de FF qu'il a joué c'était Take This Step.

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Klarinetthor › lundi 30 mai 2016 - 18:49  message privé !

et donc il a joué pas mal de Fire Funmania j'imagine? Je viens de voir le derneir single sur Teenage Menopause avec sa premiere piste tres Dupont - pas forcement indispensable dans un format deux tites donc la face B echappée de l'album qui a plus de deux ans..

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Horn Abboth › dimanche 22 mai 2016 - 12:45  message privé !

Ouais au Petit Bain vendredi soir en compagnie de Xeno & Oaklander et Peine Perdue, une bien belle soirée ma foi.