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Miles Davis › Big Fun

cd | 4 titres | 98:49 min

  • 1 Great Expectations/Mulher Laranja [27:26]
  • 2 Ife [21:35]
  • 3 Go Ahead John [28:27]
  • 4 Lonely Fire [21:21]

enregistrement

Columbia 30th Street Studio, New York City, 19 novembre 1969 - 12 juin 1972

line up

Khalil Balakrishna (percussions, sitar, tabla, tamboura), Harvey Brooks (basse), Ron Carter (contrebasse), Billy Cobham (batterie, triangle), Chick Corea (piano électrique), Miles Davis (trompette), Jack Dejohnette (batterie), Sonny Fortune (saxophone soprano, flûte), Al Foster (batterie), Carlos Garnett (saxophone soprano), Steve Grossman (saxophone soprano), Herbie Hancock (piano électrique), Billy Hart (batterie), Michael Henderson (basse), Dave Holland (basse, contrebasse), Bennie Maupin (clarinette, flûte), John Mclaughlin (guitare), Airto Moreira (percussions, berimbau, cuica), Mtume (James "Mtume" Forman) (percussions africaines), Badal Roy (tabla), Wayne Shorter (saxophones soprano et ténor), Lonnie Liston Smith (piano), Harold "ivory" Williams (piano, sitar), Larry Young (orgue, céleste), Joe Zawinul (orgue, claviers, piano électrique, farfisa), Bihari Sharma (percussions, sitar, tabla, tamboura)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
jazz électrique > kozmigroov'

Et si "Big Fun" était sorti à la place de "Bitches Brew", aurait-il eu le même effet ? Album artificiel construit autour des sessions d'enregistrements du mythique album précité, ainsi que de celles plus tardives de l'hommage à Jack Johnson, cet autre imposant double album aux quatre longues plages (huit si l'on compte les bonus inclus depuis la remasterisation du disque) résume à lui seul toutes les options qui se sont offertes à Miles dans ce court laps de temps. "Great Expectations", incluant non sans amusement le thème de "In A Silent Way", possède le même pouvoir de fascination que "Bitches Brew", à ceci près que Miles y adjoint déjà les interminables nappes de sitar et de tabla qui annoncent les couleurs plus transcendantes que l'ensemble va adopter d'ici peu. "Ife", seul titre de cette collection à avoir été composé en 1972, poursuit clairement dans cette voie. La deuxième face avec "Go Ahead John" et "Lonely Fire" développent la facette plus rock du combo, se reposant une fois encore sur la paire John McLaughlin/Billy Cobham. À choisir, je préfère même de loin ces deux titres à ceux présents sur "Jack Johnson", trop carrés à mon goût. "Lonely Fire" particulièrement parvient à déployer cette grammaire sur ce qui pourrait être perçue comme une antépénultième déclinaison de "Sanctuary" et "Shhh/Peaceful". Si la tentation est grande, en raison du contexte, de se faire son opinion sur ce disque en soumettant à la critique individuellement chacune des compositions qui le constituent, la grande réussite de "Big Fun" est d'avoir réussi à produire un tout homogène qui s'écoute comme s'il avait été préconçu dans cette forme. On y trouve un souci constant quant à la création d'atmosphères prenantes où l'on veille en permanence à l'équilibre des dynamiques, malgré la quantité incroyable de musiciens mis à contribution. Définitivement, "Big Fun" est bien plus qu'un complément idéal à "In A Silent Way" et "Bitches Brew" ; il est une pierre angulaire de la période électrique de l'artiste.

note       Publiée le jeudi 9 novembre 2006

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saïmone › dimanche 25 octobre 2015 - 01:27  message privé !
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Marrant cette synchronisation, je me fais une grosse période Miles aussi, je dig le gus à fond, je l'ai censuré trop longtemps pour cause de préjugés, mais il est tellement bon...!

(N°6) › samedi 24 octobre 2015 - 22:52  message privé !
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Miles. Le mec que avec des chutes de studios, il te fait des albums classiques. Sublime et beaucoup plus décontracté que les frénétiques Bitches Brew et On the Corner, ça flotte presque aussi paisiblement parfois que sur "In A Silent Way". Les instruments indiens rendent tout ça d'un planant délicieux. Et puis les bonus du CD, sortis des sessions BB, sont tout aussi magnifiques. Avec Miles, plus tu creuses, plus tu t'élèves.

NevrOp4th › mercredi 22 septembre 2010 - 17:38  message privé !

Album remarquable, organique et méditatif.

Note donnée au disque :       
Ayler › jeudi 17 janvier 2008 - 10:25  message privé !
Le coffret consacré aux sessions de "Bitches Brew" explique une confusion désormais de plus en plus fréquente : les faces 1, 3 et 4 de "Big Fun" ne sont pas des chutes de "Bitches Brew", dont les sessions sont antérieures (été 1969). Quant à "Ife" (face 2), il est issu des sessions de "On The Corner", et non de celles de "Jack Johnson". On notera au passage que le "Orange Lady" (aka "Mulher Laranja") de Joe Zawinul n'était pas crédité sur l'album original publié en 1974...
Note donnée au disque :       
Coltranophile › mardi 16 octobre 2007 - 10:43  message privé !
"Big Fun" a fait pendant longtemps quasiment office de Graal pour ceux qui ont découvert Miles avant la vague des coffrets et des réeditions avec bonus et qui avait le malheur (ou le mauvais goût) de ne pas avoir de platine vinyle. La réedition japonaise avec les titres d'origine fut une bénédiction. Et on put s'apercevoir que la réalité était à la hauteur de la légende. Ce disque est simplement le meilleur "recueil" de l'époque '(entre les "Directions", "Get Up With It", etc....). L'unité réelle ne repose pas seulement sur le fait que trois des quatres titres viennent des sessions Bitches Brew bien que cela aide. Mais c'est la diversité des titres qui lui donne cette plénitude au disque. Le très aérien et pourtant nerveux "Lonely Fire", le "Go Ahead John" où McLaughlin va chercher du coté d'Hendrix avant ce long passage qui n'est rien d'autre qu'un blues où Miles egréne ses notes et en fait des filets de perles (avec des overdubs surprenants), le psyché-funk indianisant de "Great Expactations" qui débouche sur le "Mulher Laranja" et "Ife" qui regorge de sonorités futuristes made in Liston Smith et offre un funk plus ouvert que la majorité de ce que le groupe faisait à cette époque (c'est le seul titre datant de l'époque Jack Johnson). En somme, un must incontournable.