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Klaus Schulze › The Schulze-Schickert Session

  • 2013 • Mirumir MIR100704CDD • 1 CD digipack

cd • 9 titres • 66:10 min

  • 1The Schulze-Schickert Session 45:17
  • 2a) Die Sehnsucht Des Laien (5:48)
  • 3b) Hymns to the Night (10:20)
  • 4c) No-Frills (6:46)
  • 5d) Heart of Darkness (6:05)
  • 6e) Twilight Chill (9:18)
  • 7f) Blessed Twilight (7:08)
  • 8Spirits of the Dead 8:17
  • 9Happy Country Life 12:36

enregistrement

Enregistré chez Klaus Schulze (Hambourg) lors d'une session privée le 26 Septembre 1975

line up

Klaus Schulze (synthés et claviers)

Musiciens additionnels : Günter Schickert (Guitares et voix)

remarques

chronique

L'avantage du temps est qu'il y a tout le loisir de dépoussiérer ses ennuis en faisant un contrecoup de ses années et ainsi nous faire découvrir une perle qu'il a caché. La première fois que j'ai entendu “The Schulze-Schickert Session” c'était avec le bootleg The Home Session. Et autant le dire d'emblée, je ne fus pas très emballé. Mais voilà! Le bootleg devient album officiel et trouve sa niche sur le label Russe Mirumir en format vinyle de 180 grammes, en cd et en coffret cd de luxe avec 2 titres inédits qui respirent les ambiances de cette session improvisée dans le salon de Klaus Schulze à Hambourg le 26 Septembre 1975. Était-ce le temps de Timewind et Moondawn? Absolument et ça s'entend tout au long de cet album. Et soudainement je redécouvre cette session privée devenue publique où les ambiances et les rythmes sombres de Blackdance et Timewind flottent dans un bouillon musical qui sent et sonne celui d'Ashra. “The Schulze-Schickert Session” est un duel synthé/guitare éclectique où le EMS Synthi A de Klaus Schulze étend sa membrane de schizophrénie musicale sur un étonnant jeu de guitare qui force le rythme comme un séquenceur aux touches acoustiques.
Tel un pistolero des dunes électroniques, la guitare de Günter Schickert mord des vents biaisés par des ronflements glauques qui expirent ses poussières de roches. Des couches d'orgues dorment en veilleuse alors que l'intro flotte dans ses arômes nasillards. Les tonalités de chauve-souris électroniques, propres au EMS Synthi A, égrènent le silence comme un compte-goutte nourri à l'iode. Pétillant de leurs tonalités extraterrestres sur le dos de couches aux tonalités du Farfisa, elles se perdent dans la 12 cordes du Framus que Schickert pince avec adresse. Le rythme de "The Schulze-Schickert Session" s'emballe légèrement avec Hymns to the Night. Nasillardes, les lignes de synthé chantent une mélodie érosive qui traîne sa voix cendrée dans les poussières grisâtres d'autres lignes aux sonorités et aux mélodies contigües. La guitare de Günter Schickert guide le rythme comme un séquenceur avec une approche balladesque. Et peu à peu Klaus Schulze habille ses accords qui tournent en boucle dans des mélodies et lamentations en constantes fragmentations, façonnant un duel lyrique qui crache de ses nouveaux horizons musicaux à mesure que "The Schulze-Schickert Session" avance dans ses chapitres. Nous sommes en plein cœur de Timewind et Body Love, percussions en moins, où Schulze nous en mets plein les oreilles avec toutes ses finesses et nuances qui remodèlent l'approche vampirique de cette session nouée dans l'improvisation. Les grosses nappes de vieil orgue et les souffles nasillards recouvrent un rythme défini par les pulsions d'une ligne de basse fort discrète et les accords d'une guitare aussi entraînante que mélodieuse qui roule ses sérénades comme un cowboy mâche sa nostalgie. Les lignes de synthé deviennent des vagues d'un bleu océanique alors que No-Frills chante et oscille sur des couches d'orgue. C'est un des bons moments de cette session, qui a sans doute inspiré l'écriture de "Happy Country Life", où Schulze fait preuve d’une sensibilité qui traverse notre peau. Et les solos crient sur une phase qui crache le venin de Blackdance sur un lit de mélodies malicieuses tissées dans la rage des synthés. Le plus beau moment survient sans doute vers la 28ième minute avec une phase qui resplendit les arpèges miroitants de Mirage. Un beau moment où les touches de séquences ruissèlent en cascade avant de fondre dans les accords d'une guitare qui ramène les souffles orgiaques et vampiriques qui, si par moments agressent, tissent une rengaine de vieille sorcière sur acide. Si la brève tentative de chants par Günter Schickert détonne sur cette œuvre, son origine et tout ce qui l'entoure semble par contre avoir inspiré les audaces d'Adelbert Von Deyen. "Spirits of the Dead", qui porte fièrement son nom, est un titre dépourvu de rythmes mais non d'ambiances avec ses lentes couches de synthé et ses réverbérations torsadées qui errent dans une grotte suintant d'inconfort. C'est tout de même assez étonnant de constater la participation de Schickert à cette oblongue procession pour âmes perdues. "Happy Country Life" est une belle trouvaille. Günter Schickert roule ses accords répétitifs qui forgent un rythme éthéré. Un rythme ambiant qui coule comme des milliers de vaguelettes scintillantes sur un lit de couches d'un synthé qui, peu à peu, étend une ambiance aussi angoissante que théâtrale.
À première oreille, “The Schulze-Schickert Session” peut sembler difficile à apprivoiser. Les synthés de Klaus Schulze y sont aussi agressifs qu'agressants. Ils crissent des mélodies surréalistes qui tranquillement trouvent un confort auprès de nos oreilles. Et après ça on se dit; aïe c'est comme du Timewind (Wahnfried 1883). Et là on se laisse envelopper par cet univers de sonorités analogues que la guitare de Günter Schickert agrémente avec une fascinante approche qui rappelle un certain Manuel Gottsching. Avouez que c'est tentant! Je lui donnerais un 4 boules et demi, mais...c'est plus qu'un 4 boules entéka!

note       Publiée le mardi 4 juin 2013

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MANUMIRAGE › mercredi 9 mars 2016 - 18:07  message privé !

Achat a éviter limite du vol les parties de Klaus sont honrable mais franchement le grateu joue faux personne c est aperçoit !!!!

Seijitsu › mercredi 26 février 2014 - 13:05  message privé !

Electronica c'est l'étiquette qui contenait Orbital, Chemical Brothers et Plaid dans les 90s non ? C'est peut être plus jolie mais ça réussit l'exploit d'être aussi vague que krautrock.

dariev stands › mercredi 26 février 2014 - 12:51  message privé !
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Pas moins que "mé" en tout cas, et en prime c'est plus joli.

Walter Smoke › mercredi 26 février 2014 - 06:21  message privé !

Le terme "electronica" aurait une signification ? On m'aurait menti ?

Note donnée au disque :       
dariev stands › mardi 25 février 2014 - 15:51  message privé !
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Tout ces trucs - pour excellents qu'ils sont - sonnent terriblement anciens à côtés de Samtvogel, qui a je-ne-sais quoi de moderne, presque electronica...