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Klaus Schulze › Royal Festival Hall Vol.I

  • 1992 • Virgin Virgin CDVE 916 • 1 CD

cd • 2 titres • 69:36 min

  • 11 Yen 44:32
  • 22 Silence And Sequence 24:57

enregistrement

Enregistré en concert le 10 Septembre 1991 au Royal Festival de Londres 2 Enregistré dans les studios de Schulze à Hambühren en été 1992

line up

Klaus Schulze (claviers, électronique, échantillonnage et effets)

remarques

chronique

Suivant les requêtes de Snooky, me voilà à l’étape du Royal Festival Hall. Et ce n’est pas une chronique facile, car le RFH est l’antipode de la musique comme tel. Une vaste messe symphonique truffée d’échantillonnages sonores poussés à l’extrême. Un concert audacieux car Schulze y présente bien plus un collage musical qu’une musique où l’harmonie se terre, latente, pour finir par éclore avec toute la beauté subtile que seul Schulze est capable d’élaborer avec sa touche si avant-gardiste. Yen et Ancient Ambience (les deux titres de ce double live endisqué séparément) ont été présentés à Londres, le 10 Septembre 1991, en pleine période d’exploitation massive des échantillonnages sonores. Concocté de la même façon que The Dresden Performance, avec 2 longs titres en concert et le reste en studio, RFH est présenté en 2 cd distincts et offre une performance très différente de celle de Dresden.
Schulze l’ex mandarin du mouvement de la Berlin School minimalisme est maintenant le monarque de l’utilisation compacte des échantillonnages. Et c’est l’histoire des années 90 de Schulze. De longs concerts audacieux, et des œuvres encore plus, où le synthésiste Allemand crée une illusion parfaite d’un orchestre philarmonique qui joue auprès de chœurs enfantins, des grasses voix d’opéra avec des lamentations de chameaux, de chèvres et nommez-les tous. Toutes les sonorités inimaginables dans un bassin sonore immobile qui s’illumine peu à peu sur un rythme hésitant, suave et archi mélodieux, comme seul Schulze peut balancer parmi une tempête sonore où l’on chercherait la porte de sortie tant ça peut être fastidieux. Plus de 7 minutes introductives d’effets sonores avant qu’une fine harpe (chimérique va sans dire) perce ce brouillage sonore, accompagnée de fines percussions synthétiques. Lentement, la folie Schulzienne établit ses balises sonores avec une approche de style Grégorienne sur une structure nerveuse et des arrangements orchestraux d’où s’échappent de laborieux solos de synthé, toujours appuyés par une panoplie de percussions aux battements aussi aléatoires que démesurés. En fait une fois l’intro enterrée nous pénétrons dans un monde sonore totalement déglingué où la folie de Schulze se mesure à la fidélité de ses supporteurs : rythmes incohérents sur chants névrosées à la Glass dans une faune sonore si riche que l’on peine à s’y retrouver. Plus doucereux et mélodieux qu’Ancient Ambience, Yen n’en demeure pas moins imprévisible, même si on a l’étrange impression qu’un casse-tête musical cartésien s’organise sans passion, mais avec la démarche d’un fouineur de sons. J’ai aimé, mais il y a du bien meilleur Schulze.
Silence and Sequence est un étrange morceau. Une ouverture médiévale avec cloches et voix baroques rauques, un peu comme si l’on se retrouverait sur une galère emplie de prisonniers rameurs de sable. Une intro assommante qui dévie avec une forme de sérénité sur un souffle de trombone enrhumé qui erre dans une jungle surréaliste. Une séquence en ultra staccato déferle dans cet univers sonore éclectique avec une basse à l’épanchement hésitant. Un titre qui prend du coffre lorsque les percussions tombent avec une adresse inouïe, nous rappelant le sens des rythmes qui ont toujours habité Schulze. Un passage bien rehaussé, mais pas pour rêvasser. Qui est délicieux mais qui peut aussi stresser avec ses orchestrations schizophréniques. La finale calme le jeu avec une approche éthérée sur un fond de jungle poétique où l’on retrouve ce trombone enrhumé. Étrangement, je le préfère à la longue pièce qu’est Yen.
Royal Festival Hall Vol.I est très different de The Dresden Performance, même si l’approche artistique demeure la même. Ici Schulze devient plus audacieux…..mais ce n’est rien comparé au Vol. II

note       Publiée le vendredi 25 septembre 2009

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mangetout › lundi 19 décembre 2016 - 15:12  message privé !

Il est vrai que l'horizontalité répétitive, la monotonie rythmique et l'empilement d'échantillons, filtrés, déformés, ralentis, peuvent gêner aux entournures, mais, en se laissant aller, on cède à la fascination, séduit et happé par l'aspect lancinant, évanescent, hypnotique (les "Mirages" du désert) de ce bestiaire sonore où des animaux inconnus, improbables, grotesques (voir des voix d'humains qui n'ont peut-être que l'apparence de l'humanité), des percussions foisonnantes et des mélodies aux orientes fragrances, tissent un univers de déambulation, où l'important est moins le but, le sens, l'orientation prise que le voyage lui-même...

Thierry Marie › dimanche 20 juin 2010 - 19:26  message privé !

Klaus Schulze... J'avais décroché après "Trancefer". Pour une bonne quinzaine d'années. Et c'est grâce à ces "Royal Festival Hall" (les 2 qui, pour moi, ne devraient constituer qu'un album) que j'ai renoué avec Klaus Schulze. Personnellement, je considère ces "Royal Festival Hall", couplés avec "The Dome Event", comme un des sommets de l'oeuvre de Klaus Schulze, à l'instar des "Mirage", "X" et "Dune" (oui: "Dune"!). Et il me tarde de découvrir sur LVE les 'inédits' de cette période (enfin, inédits pour ceux qui n'ont pas eu l'occasion de se procurer les coffrets du prolifique allemand)... Malheureusement, je crains qu'il ne me faille être bien patient.

Note donnée au disque :       
snooky › samedi 26 septembre 2009 - 19:45  message privé !

Je ne sais pas si K.Schulze cultive l'art de la difficulté mais il faut quand même dire qu'içi ,c'est particulièrement réussi.Parce que si l'on recherche l'homogénéité et la fluidité, c'est certainement pas dans ce disque."Yen", pièce maîtresse souffre beaucoup de celà.D'abord l'intro, longue et exaspérante, la facture musicale, en toute objectivité moyenne( c'est pas du grand Schulze),les fonds sonores( bruits de chèvre ou je ne sais quoi) qui tapent sur les nerfs, les enchaînements pas toujours réussis, sans parler de la longueur quelquefois ennuyeuse.Et j'ai beau l'écouter en long, en large et en travers, la retourner dans tous les sens, ça ne passe pas.Heureusement il y a "Silence & Sequence" autrement plus fluide.L'intro est bizarro aussi mais + courte, suivi d'une mélodie très belle, suave( du Schulze pur jus) qui coule suivie d'une ligne de basse omniprésente.Les fonds sonores passent bien.Et, après une très courte transition suivi d'une accélération rythmique , le morceau déroule jusqu'au final tout en douceur marqué par des voix au second plan , là aussi plutôt réussies.Encore une fois, c'est pas du grand Schulze mais...Et franchement, deux boules, c'est parce que je suis gentil...Et comme le dit fort justement Phae, le v2, c'est encore plus terrible.

Note donnée au disque :