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Klaus Schulze › The Dome Event

cd • 12 titres

  • The Dome Event (Op. 119 D-Minor)
  • A) Andante:
  • 1Nachtmusik. Schattenhaft. 6:50
  • B) Allegro:
  • 2Energisch. In Gemessenem Schritt. 9:30
  • 3Sehr Behaglich. Keck Im Ausdruck. 3:25
  • 4Unbeschwert. 7:43
  • 5Ohne Hast. 5:06
  • 6Scherzo: Un Poco Loco. 3:19
  • 7The Event: Rhythmisch Üppig, Dann Vergnügt, Bewegt. 12:49
  • C) Presto:
  • 8Übermütig, Stürmisch Bewegt, Heftig. 8:16
  • 9Un Poco Loco (Reprise). 1:25
  • 10Crescendo. 3:05
  • 11Finale: Tutti Synthi. 3:05
  • Bonus
  • 122 After Eleven 10:44

enregistrement

'The Dome Event' a été enregistré dans la Cathédrale de Cologne (et retransmis à l'extérieur) le 11 mai 1991. 'After Eleven' a été enregistré au Moldau Musikstudio en 1992.

line up

Klaus Schulze (claviers, électronique, échantillonnage et effets)

remarques

Il n'y a que deux plages sur le CD, The Dome Event n'en constituant qu'une.

chronique

Voilà un texte qui aura été fastidieux à mettre en forme. Il faut vraiment se remettre dans le contexte chronologique du travail de Schulze pour saisir les clefs de cet opus car, à l'instar des Royal Festival Hall I & II auquel il fait suite, The Dome Event est somme toute assez difficile d'accès. D'une, il s'agit de sa pleine période d'échantillonage ou sampling, technique loin d'être nouvelle pour l'époque mais rarement exploitée avec autant d'entêtement – en témoignent les intros des live sus-cités ainsi qu'ici 'Nachtmusik' : en combinant les trois, on obtient bien vingt-cinq minutes de bêlements, voix inversées, ricochets absurdes, percussions exotiques et quoi d'autre ! En bon Saint-Thomas de la musique électronique, Klaus veut tout tester lui-même, chaque bouton, chaque combinaison sonore, chaque effet - ce qui en soi est à la base d'une musique expérimentale ; le hic étant, et c'est mon second point, que ces trois oeuvres sont des concerts, ce qui ne laisse aucune place à l'erreur puisque chaque évènement sonore devient oeuvre pour l'auditeur – et pour The Dome Event, nous parlons de neuf mille personnes. Même si les origines de la Berlin School sont ancrées dans les expérimentations tous azimuts il me semble qu'en 1991 (date de l'enregistrement) Klaus Schulze est déjà une institution à lui tout seul, et que bien qu'extrêmement doué techniquement et musicalement, il a dû suer à grosses gouttes pour maintenir un semblant d'équilibre entre chaos et harmonie durant cette heure-et-quelque de divagations symphonico-synthétiques. Les samples ont quelque chose de réjouissants en eux-même car ils viennent d'une banque qui a manifestement été exploitée par bien des artistes à la même époque : en tendant l'oreille on les retrouve chez Enigma, chez les débuts de Morthound et Raison d'être (surtout pour ce qui est de cette flûte). Au delà de cet amusant retour en arrière il n'y a pas grand chose à signaler avant la septième minute, où la musique tente finalement un premier envol. Percussions lentes et discrets arpèges appuient guitare et flûte synthétique pendant un bon moment, avant que les voix triturées ne se déposent à leur tour. Tout ira en douceur, jusqu'à l'arrivée brutale de ce qui constitue la partie 'The Event', vers la trente-deuxième minute. Là, percussions de générique TV et hurlements bizarres viennent performer un silence très relatif – et ca repart comme en quarante, congas et tablas sur des séquences beaucoup plus old-school que la première partie. Une flûte bizarroide vient virevolter autour de la quarantième-minute-et-quelques avant une soudaine descente dans un solo de basse encore une fois très connoté nineties. À partir de là, les choses vont vraiment prendre de l'ampleur, comme si tous les éléments revenait pour se goinfrer la plus grosse part d'attention de l'auditeur : arrive un carillon de toute beauté du côté des aigüs (mais il faut entendre la transition pour y croire) dès que les basses en ont fini ; et les dix dernières minutes se voient écrasées par un solo de minimoog distordu aux sonorités ultra acid (nul doute qu'Infected Mushroom l'a entendu, celui-là) pendant qu'en arrière-plan les minutes semblent se compresser ; les séquences changent sans crier gare de plus en plus vite puis sitôt que le mood cesse de hurler les tintements du carillons refont surface, preuve en est que l'ami Klaus n'a que deux mains. L'ensemble se termine avec trois clusters d'orgue qui tombent comme un bloc de béton à un moment donné. Qu'en penser ? Il est beau d'entendre l'humain tenter seul tout son possible pour générer une oeuvre immense, mais on entend aussi les limites d'une telle hybris lorsque la cohérence d'ensemble est jetée aux flammes de l'adage ”advienne que pourra”. Le morceau suivant, ”After Eleven”, est un bonus studio un peu plus musclé et surtout pensé pour un piano avec quelques voix en retrait. Bien qu'il bénéficie du temps de correction que seul le studio permet, il est paradoxalement un peu plus propre, plus... lisse ; les défauts inhérents à cet étonnant 'Dome Event' pouvant tout aussi bien être ce qui fait sa spécificité, selon nos attentes et nos goûts.

note       Publiée le dimanche 5 octobre 2014

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Walter Smoke › dimanche 12 octobre 2014 - 09:05  message privé !

Ok ! Ensuite, la période MIDI n'est pas fantastique, c'est vrai, mais je pense que Das Wagner Desaster en est le meilleur album, même s'il aurait pu faire mieux. Par contre, Totentag.... pff, je ne peux pas mettre autre chose qu'une seule boule tant il est raté et mauvais :/

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Phaedream › dimanche 12 octobre 2014 - 01:14  message privé !
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On avait convenu que c'était Wotz qui chroniquerait cet album. Et il vise en plus dans le mille. J'ai eu beaucoup de difficulté avec cette période de Schulze, tant que je me vois bien mal chroniquer ses 3 suivants (Das Wagner, Goes Classic et Totentag)...Peut-être un jour que...Très belle chro en passant Wotz :-)

Sans doute un des albums les moins attrayants de Schulze (pour moi) avec son Wagner et Totentag (faudrait peut-être que je m'y remettre)

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Walter Smoke › mercredi 8 octobre 2014 - 16:32  message privé !

Ben, c'est pas Phaedream qui se charge de The Dome Event ? Sinon, cet album live, par rapport au reste de la période MIDI de KS, reste assez solide et honnête. Et le meilleur se trouve indéniablement dans les 10 dernières minutes du gros pavé, avec en effet un Moog en folie.

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