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Klaus Schulze › Big in Japan (European Version)

  • 2010 - MIG, MIG 00412 2CD+DVD (3 cd digipack)

cd | 10 titres | 227:51 min

  • 1 CD I 77:03
  • 2 The Crystal Returns [38:03]
  • 3 Sequencers Are Beautiful [39:00]
  • 4 CD II 72:57
  • 5 La Joyeuse Apocalypse [46:35]
  • 6 Nippon Benefit [14:10]
  • 7 The Deductive Approach [12:12]
  • 8 DVD 77:51
  • 9 A Crystal Poem [ 34:12]
  • 10 Sequencers Are Beautiful [43:39]

enregistrement

Enregistré au Japon lors des concerts du 20 et 21 Mars 2010

line up

Klaus Schulze (synthés, guitare, logiciels et effets)

chronique

J’ai longtemps hésité avant d’écrire sur Big in Japan. Ceux qui suivent mes chroniques savent que j’ai beaucoup de difficultés à blairer tout le mercantilisme qui anime les ambitions démesurées de ceux qui gèrent la carrière d’artistes que les fans vénèrent. Dans le domaine de la MÉ, on peut facilement parler de Klaus Schulze et ses nombreuses rééditions, ainsi que du Dream et Jean Michel Jarre pour leurs trop nombreuses compilations et rééditions. Big in Japan fait parti des articles de musique que les fans de Schulze doivent se procurer à coup de 3 coffrets afin de pouvoir entendre et visualiser tout de ces superbes concerts tenus au Japon les 20 et 21 Mars 2010. La 1ière édition est celle du Japon, sortie le 22 Septembre 2010 sur le label Captain Trip Records. Sortie en 500 exemplaires, elle s’est vendue à prix d’or et est vite devenue discontinuée. C’est un superbe coffret contenant un livret de 80 pages avec les titres suivants sur le CD 1; A Crystal Poem et The Crystal Returns alors que le CD 2 contient les titres La Joyeuse Apocalypse, Nippon Benefit et The Deductive Approach. D’ailleurs le CD 2 contient les mêmes titres pour les 3 éditions. Le DVD contenait A Crystal Poem et Sequencers Are Beautiful. Ce dernier titre ne se retrouvant pas sur le double-cd. Une 2ième version sortie quelques semaines plus tard. La version Européenne atterrissait dans les bacs le 26 Novembre sur le label MIG. Cette édition est celle dont je vais vous entretenir et est sensiblement la même que l’édition Japonaise sauf que le CD 1 ne contient pas A Crystal Poem mais plutôt Sequencers are Beautiful et le DVD contient A Crystal Poem et la version complète de Sequencers Are Beautiful. Jusque là, on me suit? Et, finalement, le 17 Avril 2011 la version Américaine envahissait le marchée Nord Américain sur étiquette MIG et incluait le même set-list que le coffret Européen sauf pour la version DVD qui offre le CD 2 en entier sur DVD. Donc, pour obtenir les enregistrements en entier (tant visuels qu’audio) des deux concerts de Schulze au Japon, il faut que vous vous procurer les 3 versions! Ce qui ne sera pas une mince tâche car la version Japonaise est tout vendue. Et après ça on dira que c’est le piratage qui tue la musique. Et si ça serait plutôt l’avarice de certains producteurs/gérants/promoteurs qui forçaient les amateurs à pirater dans l’idée de se procurer les objets de leurs cultes sans se ruiner? Un long débat quoi… Pourtant l’histoire de Big In Japan est fabuleuse. Un très grand fan japonais, Mr Gen Jujita, invitait Klaus Schulze à offrir 2 spectacles au Japon. Pour ce faire, il réunit une équipe qui construira tout l’équipement et les modules que Schulze a utilisé lors de ses concerts en Europe à la majestueuse époque des années 70. Le légendaire synthésiste Allemand n’avait que sa brosse à dents à apporter, tant tout lui était servi sur un pont d’or. Et c’est un Schulze fortement ému et inspiré que l’on entendra et verra sur ces concerts. Un Klaus Schulze qui offrait ses premières compositions solos depuis 2007, soit depuis Kontinuum, et qui avait le goût de revenir dans le temps et ainsi jouer avec les fantasmes de son fan hôte. Après une douce brume humée et exhalée par les chœurs de son synthé Roland, on entend les premiers arpèges scintillants de The Crystal Returns sautiller. Pour ce concert, Klaus Schulze accepte de retoucher un joyau de sa couronne en l’album Mirage (1977) et remodèle une partie du superbe Crystal Lake, soit le divin carrousel d’arpèges cristallin qui épouse un parfait mouvement d’ascension où les accords de verres gambadent et se déroulent sous de fines nappes de synthé et des pulsions de ligne de basse un peu dramatique, alors que le mouvement prend un peu plus d’ampleur. Ces 12 premières minutes de The Crystal Returns sont magiques. On se laisse flotter dans le temps et emporter par ce flux minimalisme qui coule dans nos oreilles avec le même envoûtement qu’en 1977, pour sombrer dans un doux passage ambiant vers la 13ième minute. Les synthés volent de leurs strates ambiantes sur un doux mouvement onirique, oubliant les envolées et solos de synthé de l’œuvre originale. Seul titre à ne pas figurer sur un des 3 DVD, The Crystal Returns sort de sa torpeur musicale avec des bonnes percussions vers la 19ième minute. Des percussions qui martèlent une rythmique très rock progressif, soutenue par un mouvement séquentiel qui ondule de ses nerveux doublons agités pour palpiter fébrilement sur une bonne ligne de basse. Schulze martèle ses peaux imaginaires avec fougue alors qu’il sculpte l’ambiance de doux et suaves solos, se rapprochant ainsi plus des atmosphères de Crystal Lake. Trop long? À peine! Car il y a une fine oscillation dans le mouvement qui s’atténue vers la 28ième minute avec un synthé aux souffles solitaires qui étendent leurs effluves romanesques auprès des chœurs célestes que Schulze aime tant sculpté. Un bref passage avant que le rythme débridée des séquences ne reprenne ses droits et se taise dans un fracassant bourdonnement spiralé. Avec ses lourdes ondes pulsatrices qui roulent en boucles, l’intro de Sequencers Are Beautiful peut paraître agaçante. Une intro où l’on voit Schulze trituré une guitare pour en faire sortir des couches et lamentations irisées dans une ambiance caustique où ce mouvement minimaliste se meurt des ses derniers bourdonnements vers la 4ième minute. Étape où de superbes percussions forgent un curieux rythme de style reggae et tribale. Un rythme qui servira d’assise à la structure rythmique des titres tels La Joyeuse Apocalypse et The Deductive Approach. Soyeux, le synthé étale ses couches et enveloppe ce rythme de nappes dramatiques avec des cordes de violons qui déchirent une ambiance de fête. Très musicales, les séquences pilonnent un tempo hypnotique qui s’épuise graduellement pour se perdre dans une brumeuse astrale où Schulze laisse aller couches de synthé par-dessus couches de synthé et où des chœurs célestes hument de leurs voix synthétisés dans une approche musicale très sereine. Ils chantent sous des strates de violons chimériques et sur une structure tantôt suave, tantôt hachuré et tantôt ambiante sur un long passage (peut-être trop long) de près de 23 minutes avant que de délicates séquences alternent et tracent une agréable mélodie qui renoue avec les élans de percussions de l’ouverture. Ce passage est notamment superbe à cause de l’orchestration habilement ajoutée par un Schulze fortement inspiré qui étend chœurs et salves violonées sur ses rythmes juxtaposés. Des rythmes trop brefs qui se couchent dans une finale trop brouillon où les ambiances croisent de houleux passages de clavecin, guitares et flûtes….Trop d’éléments en si peu de temps sur un titre tout de même assez long. Comme quoi que même le maître peut manquer de discernement. La Joyeuse Apocalypse est similaire en bien des points à Sequencers Are Beautiful. Si l’intro est moins agressante pour l’ouïe et offre moins de variations syncrétiques, le beat y est tout aussi suave et chaleureux avec ses ondulantes séquences tribales. Un envoûtant rythme qui est plus constant et lentement minimaliste avec quelques variances dans les séquences. Il s’étend jusqu’à l’apparition de la guitare que Schulze manipule avec une lame de métal afin d’y arracher un univers de sonorités aussi métalliques qu’éclectiques, ralentissant le rythme de quelques instants. Une brève intercale cosmique s’ensuit avec de superbes couches de synthé qui s’évaporent au dessus de chimériques accords d’une guitare acoustique jouée à même les accords du Roland. Et La Joyeuse Apocalypse trouve refuge dans de douces sphères qui nous rappellent les ambiances de In Blue. Et le tempo de repartir. Cette fois-ci il est accompagné de belles nappes d’un synthé léger qui laisse flotter ses accords telles des feuilles tombantes. Les solos de synthé fusent avec doigté. Des solos qui s’entortillent à ce long rythme semi tance et semi ambiant, vêtu de superbes couches de synthé en 2ième partie. Et tranquillement les séquences de La Joyeuse Apocalypse s’atténuent sous les souffles d’un synthé onirique qui échappe ses couches et chœurs astraux, nous guidant vers un repos des sens bien mérité. Chœurs monastiques et angéliques, Nippon Benefit débute avec une ondoyante chorale synthétisée. Un élément que Schulze exploite à profusion sur Big in Japan, cette fois-ci la chorale se fond à de lourds arrangements orchestraux, témoin de l’engouement encore persistant de Schulze pour les opérettes chimériques. Le rythme perce difficilement cette membrane vocale pour offrir des séquences qui alternent en zigzaguant et dansant follement sur une structure absente de rythme mais soutenue de belles couches de synthé. Une structure intéressante de par son mouvement déviant mais qui manquera de temps pour exploiter à fond cette rythmique assez particulière. Après une intro aux sonorités aussi disparates et irisées que l’on retrouve sur Sequencers Are Beautiful et La Joyeuse Apocalypse, The Deductive Approach conclût ce spectacle aux antipodes de l’ennuie et de l’envie avec une délicate rythmique un peu chaotique où les séquences sautillent sous de belles couches d’un synthé de brume éthérée. Un synthé qui accroche ses solos torsadés et acérés à une cadence envoûtante où le rythme semble taillé dans une approche amphibique. Bon le DVD! Eh bien, il est très bien fait. On y voit Schulze faire étalage de son savoir sur une scène sobre, devant 3 grands écrans projecteurs où des figures géométriques bleutés permutent et se fondent au gré de ses musiques. Il n’y a vraiment rien pour devenir fou car la sobriété est de mise partout. Les producteurs n’ont en aucun moment pensé à ajouter du matériel supplémentaire, tel entrevue, ‘’Making of’’ ou autre document sur la présentation des 2 concerts. Rien! Zip! Nada! Et on repassera pour ce qui est du plaisir des fans! En ce qui concerne la musique, A Crystal Poem est très similaire à The Crystal Returns et la version de Sequencers Are Beautiful est étirée de 4 minutes. Mais au-delà de la musique, il y a la prestation de Klaus Schulze. C’est un Schulze très inspiré, plus même que sur les DVD de ses concerts avec Lisa Gerrard, qui s’amuse avec ses jouets et qui fait une étonnante démonstration de toute la portée de ses instruments aux multiples sonorités dont la démesure égale l’absolu infini. Les DVD des éditions Japonaises et Européennes présentent de belles prises de vue sur un montage sobre alors que la version Américaine est plus nerveuse et je dirais plus audacieuse avec de gros plans et de beaux effets de ‘‘fish-été’’ et de fondus avec des couleurs plus vives et pastelles sur des images défilant aux écrans plus vives et psychédéliques. À cet égard la version de La Joyeuse Apocalypse est de loin supérieure à Sequencers Are Beautiful. Et je ne comprends toujours pas pourquoi l’on n’a pas fait un ensemble 3 CD et 2 DVD? Ce la aurait été moins dispendieux que de se taper les 3 coffrets afin de posséder l’intégral de ces 2 concerts. Des longueurs? Il y en a car il s’agit de 2 concerts avec des titres qui se ressemblent énormément; The Crystal Returns et A Crystal Poem ainsi que Sequencers Are Beautiful et La Joyeuse Apocalypse qui ont les mêmes structures rythmiques et approches séquentielles. On peut aussi classer The Deductive Approach dans ce lot. Mais cela fait parti du processus Schulze où chaque composition est une symphonie minimaliste que le synthésiste Allemand habille de subtiles couches de synthé éthérées et de suaves solos tout en jouant sur des rythmes impromptus. Sans compter que ses longueurs possèdent ce caractère si particulier aux émotions qui se dégagent de l’esprit très poétique et vagabond de Schulze. En ce qui me concerne, ce coffret m’a permis de redécouvrir les charmes de Mirage tout en survolant toutes les phases de Schulze dans des prises de vue somme toute très intimistes. Moi j’ai bien aimé, mais je suis un méga fan de Schulze, mais je crois qu’il y a de la place pour ceux qui veulent découvrir cet énigmatique personnage car la musique présente de belles variations sur des mêmes thèmes soit, mais avec des permutations assez marquées pour faire une réelle différence et l’édition Américaine est tellement pour un plus vaste public que tous y trouveront leur compte. En terminant je voudrais souligner le professionnalisme des gens de la maison Cosmiccagibi qui ont été en mesure de déceler des anomalies sur le pressage Japonais et ont fait apporter les correctifs par la maison MIG afin d’enrayer les grésillements sur le titre La Joyeuse Apocalypse. Chapeau Olivier, c’est de l’excellent service!

note       Publiée le mercredi 29 juin 2011

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MANUMIRAGE › vendredi 1 mars 2013 - 16:19  message privé !

j ai achete big et je suit klaus depuis longtemp 1976,et la franchement j ai eut de la peine pour klaus et pour mon porte feuille c est du rechauffer mal conçu qui fait peine a voir et a entendre.l exemple le plus criant c est cette simili reprise du sublime cristal lake a croire que le maitre n as plus rien au niveau creation pour nous marketer du remenber par ci par la je vous le dit j ai un immense respect pour klaus mais big est passer a la poubelle

Thierry Marie › mardi 15 novembre 2011 - 18:12  message privé !

Personnellement, j'ai les versions japonaise et américaine. Mais, il est vrai qu'après "Dziekuje Bardzo" qui constituait un sommet dans l'oeuvre schulzienne, "BIG" m'a un peu déçu... Maintenant, quant à savoir si la copie tue le marché du disque, je dirais qu'en ce qui me concerne, s'il n'y avait eu la possibilité de graver des CDR, jamais sans doute ne serais-je revenu à Klaus Schulze (et bien d'autres) que je n'écoutais plus depuis peut-être 2 décennies voire plus. Et maintenant, en nombre de cédés, je dois frôler la centaine...

Twilight › jeudi 27 octobre 2011 - 00:03  message privé !
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Mon second Klaus Schulze. L'édition américaine, reçue aujourd'hui. C'est très apaisant, notamment quand je corrige des copies. J'écouterais pas ça tout le temps mais la douce mélancolie des morceaux passe bien le soir, je trouve. Pas visionné le DVD encore...

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Aladdin_Sane › mardi 25 octobre 2011 - 10:53  message privé !

Finalement, j'ai opté pour l'édition américaine mais pas encore vu le DVD. Ca faisait un moment que je n'avais pas écouté un album de musique électronique (et un album de KS à fortiori) aussi prenant malgré la longueur des morceaux. Quelle excellente idée d'avoir enregistré ce concert magistral à Tokyo. Du coup, je me replonge dans l'oeuvre fascinante du maître, et notamment sa période 80 (Dig It, Trancefer...)

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Aladdin_Sane › jeudi 20 octobre 2011 - 16:16  message privé !

Après le Tangerine Dream de Poland, je me replonge dans l'oeuvre fascinante de Klaus Schulze et ce dernier live me tente bien. Je crois que je vais opter tout de même pour l'édition américaine.

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