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Klaus Schulze › La Vie Electronique 2

cd • 15 titres • 233:36 min

  • 1CD I 79:44
  • 21 North of the Yukon 20:43 (72/73)
  • 32 Nightwind 16:14 (73)
  • 43 Minuet 11:38 (73)
  • 54 Signs of Dawn 22:38 (73)
  • 65 Study for Philip K. Dick 8:31 (73)
  • 7CD II 79:47
  • 81 Das Große Identifikationsspiel 41:53 (73)
  • 92 Titanensee 27:07 (73)
  • 103 Electric Love-Affair 10:47 (73)
  • 11CD III 73:05
  • 121 Land Der Leeren Häuser 11:14 (74)
  • 132 Studies for Organ, Keyboards and Drumset 14:51 (74)
  • 143 Memento Mori 9:08 (75)
  • 154 Blaue Stunde 37:52 (75)

enregistrement

Composé et enregistré à Berlin, Munich et Hambühren entre 1973 et 1975 par Klaus Schulze

line up

Klaus Schulze (orgues, claviers, synthés APR, percussions et effets)

remarques

chronique

Alors que La Vie Électronique 1 fourmillait très près des terroirs connus, La Vie Électronique 2 nous présente un monde musical plus ou moins connu avec les premières incursions du compositeur Allemand dans le monde des synthétiseurs ARP. Mais le Farfisa est toujours fortement présent, de même qu’une vague tentative de créer un groupe aux apparences New-Age et un peu progressif. Constitué de matériel composé et enregistré entre 1972 et 1975, La Vie Électronique 2 n’est pas vraiment aux portes d’Irrlicht, ni de Cyborg, mais vogue et vole vers des cieux complexes où les réverbérations, drones et orgues se croisent et se décroisent dans un univers parallèle.
Dès les premières boucles réverbérantes de North of the Yukon, on découvre une musique nettement plus inspirée où Schulze manipule les oscillations de ses nouveaux jouets avec une étonnante dextérité. Si nous sommes dans la période Irrlicht et Cyborg, c’est pourtant un fond de Black Dance que l’on perçoit avec ses sonorités hachurées qui serpentent et tombent aux compte-gouttes dans un monde caustique avec des effluves d’orgue aux saveurs d’Arabie. Si vous avez connu Moontain avec Vanilla Queen, sa structure musicale est quasi identique à celle de North of the Yukon avec ses oscillations qui ondulent hypnotiquement avant de percuter un mur de résonnance pour y revivre de nouveau sous une autre forme très similaire. En 73-74 Klaus Schulze unissait ses efforts à ceux de Hans-Jörg Stahlschmidt pour former un groupe, dont les noms furent aussi variables que la fugacité de l’expérience, qui a composé un album qui n’a jamais vu le jour. Nightwind, Minuet, Signs of Dawn et Land Der Leeren Häuser faisaient partis de cet album sans titre. Malgré d’évidentes déficiences au niveau sonore, Nightwind est un beau duel lunaire entre les sonorités du Farfisa, de l’Arp Odyssey et d’une guitare acoustique aux doux accords mélancoliques jouée par Hans-Jörg Stahlschmidt. Un croisement entre Iirlichtt et Black Dance sous une orgue aux superbes arches musicales. C’est un mouvement de guitare acoustique qui nous attend sur Minuet. Un Ways of Changes acoustique qui sort Schulze de son créneau de musicien électronique avec une belle variante, mais sur les mêmes structures minimalismes auxquelles s’ajoutent des accords et des suites d’accords à la fois isolées ou en séries. J’aime bien! Sombre mouvement hypnotique où une pulsation minimalisme moule un tempo ouaté, Signs of Dawn évolue entre les deux mondes autant spirituels que rythmiques, sous incantations et ululements ténébreux façonnés à partir de boucles réverbérantes. Amalgame de sonorités aquatiques et caverneuses, Study for Philip K. Dick est comme la queue d’un crotale anémique et acidé qui sillonne les vagues territoires astraux. Même si c’est court ça peut paraître long puisque toutes ses oblongues boucles résonnantes ont déjà été exploitées sous de meilleurs cieux sonores que sur Study for Philip K. Dick.
Le CD2 s’adresse aux purs et durs qui adorent le style planant des ondes Farfisiennes de Schulze. Il nous transporte aux frontières des musiques atonales, mais aux subtiles nuances oscillatoires de Klaus Schulze qui nous ont fait tant rêver sur Cyborg et Irrlichtt. Tiré d’une émission radiophonique d’Août 1973, Das Große Identifikationsspiel est un long titre atonal purement expérimental où la vie cadencée est moulée à partir de boucles résonnantes qui ourlent tels des contorsions serpentines. Le Farfisa s’y greffe délicatement, agrémentant une placide et caustique monotonie monastérielle. De même conception et tout aussi angélique, Titanensee nous transporte dans un cosmos d’éther, alors qu’Electric Love-Affair offre une structure plus chaleureuse avec de chaudes oscillations qui glissent telles des vagues cosmiques sous de superbes et, parfois émouvantes, strates d’un synthé encore timide. Mouais…Un CD2 très planant et valsant!
Il faut attendre au CD3 avant de percevoir une quelconque image Schulzienne au travers LVE2.
Land Der Leeren Häuser nous plonge dans la période More de Pink Floyd avec ses accords de guitare acoustique qui traînent ses hésitations sous les strates d’un synthé aux strates fantomatiques et une voix errante qui respirent l’ère psychédélique des années 70. Studies for Organ, Keyboards and Drumset nous entraîne farouchement dans le monde de Blackdance, plus spécifiquement Ways of Changes avec des bongos fébriles et des percussions uniques aux mouvements de batterie de Klaus Schulze qui mordent dans les ondulations et les flottements d’une orgue planante et intrigante. Un superbe morceau qui aurait eu toute sa place sur Blackdance. Memento Mori est la terre d’accueil de fines oscillations, drones et de délicats parfums de synthé qui rôdent sous un ciel tétanisé, jusqu’à ce que des pulsations minimalismes soutiennent un fin et suave tempo qui pulse dans une folle course contre l’arythmie. Blaue Stunde est une splendide symphonie cosmique où l’atonie côtoie à merveille de fines oscillations aux tempos timides. Un lent morceau finement élaboré où l’on peut facilement imaginer Schulze flotter dans son grenier à assembler cette oblongue litanie électronique aux travers différentes sphères et phases modulaires. Les amateurs des œuvres ambiantes et cosmiques seront ravis de cette orgie de nappes circulaires et de strates morphiques qui planent parmi des drones reflétant et des réverbérations en boucles qui parfois modulent un léger et bref tempo égaré dans le temps et la froideur caustique.
Différent parce qu’inattendu par rapport aux œuvres chronologiques de Schulze, La Vie Électronique 2 est un superbe coffret toujours bien documenté qui réunit une musique qu’on ne se lasse jamais d’écouter, et ce même si les albums issus de cette période sont nettement plus dominants. Mis à part les œuvres avec Hans-Jörg Stahlschmidt, mis à part Minuet, ce 2ième volet réunit de belles trouvailles qui sont de merveilleux compléments à une musique que l’on ne connait que trop, mais jamais assez pour s’en lasser.

note       Publiée le mardi 3 août 2010

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Note moyenne        3 votes

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Demonaz Vikernes › lundi 22 février 2016 - 17:03  message privé !

Je ne suis pas très au fait du Schulze de cette époque, m'étant procurer ce 2ème volume en pensant acheter le 3è... Mais finalement ça m'a donné une bonne occasion d'étendre ma connaissance schulzienne.

Et ça démarre bien, North of the Yukon et Nightwing, très différents mais diablement réussis. J'ai plus de problèmes avec la suite, Minuet est interminable (avec "seulement" 11 minutes au compteur pourtant), et Signes of Dawn aurait largement pu être écourté. Study for Philip K. Dick est de la trempe d'une bonne piste bonus, rien d'inoubliable.

Le CD2 est plus indigeste, avec une première grosse pièce inégale et globalement poussive (je retiendrai la 2ème et la 6è partie surtout). Titanensee est déjà plus digeste, mais ne décolle pas vraiment. Electric Love-Affair continue dans cette voie.

le CD3 en revanche est mon favoris de cette compilation. Land der Leeren Häuser dénote franchement pour du Schulze (le Schulze que je connais en tout cas), mais ça marche et les 11 minutes passent avec plaisir. Studies est plus bancal et se traine un peu. Memento Mori est lui nettement plus réussi, mais c'est Blaue Stunde (malgré ses premières minutes sans trop d’intérêt) qui se place comme meilleure pièce du CD.. et de ce volume de La Vie Électronique, une grande réussite, j'ai du mal à comprendre comment une telle pièce a pu rester dans les cartons.

Au final, même si l'écoute a été assez déroutante, cette compilation proposant plusieurs aspects que je ne connaissais pas, l'écoute dans sa globalité, bien qu'hétérogène, s'est avérée très plaisante, tout a fait recommandable donc.

Note donnée au disque :       
Walter Smoke › mercredi 5 février 2014 - 14:35  message privé !

Lorsqu'on écouté La Vie Electronique 2, on ne peut que constater le génie visionnaire de KS. Rendez-vous compte, il avait 20 ans d'avance sur la scène ambient techno, par exemple. Et puis merde, pourquoi avoir publié Cyborg et Blackdance au lieu des pistes proposées ici ? T__T

Note donnée au disque :       
Thierry Marie › vendredi 25 novembre 2011 - 11:30  message privé !

J'aime beaucoup les oeuvres aussi minimalistes qu'expérimentales du jeune Klaus Schulze. Et, ici, nous avons une pièce de choix: "Das Grosse Indentifikationspiel" qui est au moins du niveau de Cyborg ou Irrlicht, voire de Zeit (en moins glaçante). Rien que pour cette pièce, LVE 2 se révèle précieuse. En revanche, les collaborations avec Hans-Jörg Stahlschmidt ("Nightwind", "Minuet", "Land der leeren Häuser") me semblent... dispensables (à l'exception de "Signs of Dawn").

snooky › mardi 10 août 2010 - 20:03  message privé !

Ce LV2 est assez étonnant et ce, en raison des surprises qu'ils renferment.North of The Yukon, par exemple, très inspiré.N'oublions pas que Cyborg et Irrlicht, à cette époque, sont déjà parus.Minuet, guitare acoustique only, très minimaliste.Les idées de Blackdance ne sont pas loin,Signs of dawn et son rythme hynoptique et syncopé.La longue suite"Das Grobe..."est comme un prolongement à Irrlicht, à mon avis composé en même temps.Partie un peu dur et difficile, enfin pour ceux qui auraient eu du mal avec l'album sus nommé.Titanensee est plus planant, plus proche de Cyborg.Autre surprise, "Land der deeren hauser", très foydien, mais surtout chanté.Assez inhabituel quand même," Study for organs,keyboards..." qui lui, m'évoque bien plus Picture Music que Blackdance,"Memento mori" proche dans sa structure de Mindphaser et" Blaue Stunde" qui clôt de fort belle manière, la musique commence à prendre du relief et du corps, ce LV2.En résumé, un album indispensable qui regorge de surprises et de découvertes et qui reste un excellent complément à cyborg et Irrlicht.Pour mieux piger l'alchimie sonore du maître synthésiste allemand.

Note donnée au disque :