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Klaus Schulze › Trancefer

4 titres - 74:41 min

  • A Few Minutes after Trancefer| 18:20
  • Silent Running| 18:57
  • A Few Minutes after Trancefer (Version 33 Halfspeed)| 18:17
  • Silent Running (Version 45)| 19:07

line up

Klaus Schulze (claviers, synthétiseurs, électronique et effets), Michael Shrieve (Percussion), Wolfgang Tiepold: Violoncelle

remarques

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique berlin school prog

Après la froide surprise en Dig It, l’ami Klaus revient avec un album qui allie un peu mieux le vieux Schulze avec le nouveau digital. Bien que Trancefer soit le plus court album que Schulze ait produit à ce jour, à peine 38 minutes, il présente deux longues pièces à évolution lente et minimaliste. C’est vrai! La sonorité n’est plus la même, mais l’âme et la chaleur qui y flottent font de Trancefer un album qui aurait dû précéder Dig It au lieu de le suivre. Mais comment peut-on parler de chaleur avec la froideur digitale? La réponse réside dans le violoncelle de Wolfgang Tiepold et des percussions de Michael Shrieve qui tranchent dans cette ambiance numérique et apportent à ce 2ième essai de Schulze dans les sphères digitales une profondeur musicale qui rehausse une approche qui se veut plus près des sentes du vieux Schulze que Dig It.
A Few Minutes After Trancefer démarre sec avec des nappes aux voiles d’orgues d’églises qui s’étendent sur un mouvement vide dont les réverbérations tissent une toile qui accueillent des accords nerveux circulant en tandem aléatoire avec de subtiles tonalités de percussions. L’ambiance se remplie de larmes de violoncelles qui cisaillent et caressent un mouvement dont les soubresauts métalliques se jumellent aux percussions de Shrieve. Cette première portion offre un duel cello/synthé particulièrement savoureux. Tiepold laboure son violoncelle qui fusionne avec les discrètes complaintes d’un synthé, donnant un relief structural intense et une chaleur harmonique à un mouvement aux froides tonalités d’églises industrielles. Les nappes fantomatiques hachurent une ambiance de tôle épaisse lorsque les percussions indigènes de Shrieve harponnent A Few Minutes After Trancefer de frappes indisciplinées qui vont à merveille avec un mouvement devenu indocile, et ce malgré toute la synergie entre les séquences digitale, les nappes de synthé aux tonalités d’orgues et les discrets coups d’archets de Tiepold qui pince ses cordes de ses doigts agiles.
Un voile de brume sombre pousse l’intro de Silent Running dans une aura de suspense. Des cymbales font tinter leurs cliquetis qui scintillent tout autour des strates d’un synthé aux arômes imprégnés de mystères, unissant leurs lamentations spectrales sous des pulsations glauques. Wolfgang Tiepold lacère les cordes de son violoncelle qui trace des mouvements secs et nerveux, déchirant les pénombres synthétisées qui sursautent sous les frappes éparses des percussions. Le mouvement amplifie une cadence incertaine avec un rythme saccadé, comme un coureur à bout de souffle sur un mince fil d’aliénation, alors qu’un savoureux crescendo s’installe avec les lamentations saccadées d’un cello agressif dont les coups d’archets déchirent la quiétude des violons morphiques. Le rythme augmentant graduellement la pente minimaliste, Silent Running s’enfonce dans les voiles de synthé spectraux qui ululent à la perdition et des coups secs d’un cello qui épuisent ses cordes dans une séduisante enveloppe orchestrale où le rythme des percussions s’y noie.
Les pièces en primes offertes sur des structures aux vitesses modifiées sont des petits traits de génies! Un, parce que les mouvements minimalismes le permettent sans altérer la mélodie et deux, ça permet de mieux capter la subtilité de leurs modulations sur des textures musicales plus riches et puissantes. Si A Few Minutes After Trancefer est plus lent, ça ne paraît pas vraiment parce que l’enveloppe musicale est plus dense et onctueuse. L’effet est contraire sur Silent Running qui tourne plus vite. Ce qui me laisse perplexe car la vitesse enlève beaucoup de charme, sauf en fin de course où le cello et le synthé sont sublimes. Mais peu importe! Ces remixes des titres originaux nous donne un savoureux paradoxe de Trancefer. Et le livret, comme sur toutes les rééditions de SPV, enferme des photos et des notes biographiques qui agrémentent plus de 70 minutes de MÉ créative. Du grand Schulze!

note       Publiée le mardi 6 février 2007

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Note moyenne        6 votes

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SEN › vendredi 12 août 2016 - 17:14  message privé !

J'avais des a priori sur ce disque surtout que la première écoute (y'a une paire d'année) ne m'avait pas emballée, mais si finalement il est très bien ce Klaus Schulze quoiqu'un peu court même si ça n'enlève rien à la qualité l'oeuvre en elle même !

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Wotzenknecht › vendredi 16 avril 2010 - 20:26  message privé !
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beuh, il démarre mal sa décennie digitale

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snooky › samedi 7 février 2009 - 20:01  message privé !

Minimaliste au vrai sens du terme, plat et rectiligne, à court d'inspiration. Ennuyeux !

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jolifuligule › samedi 10 février 2007 - 10:54  message privé !
Pheadream a tout dit sur cet album... je l'apprécie beaucoup.. me manque juste l'explication de quel "transfert" il parle... de sa musique vers une autre, de la vie vers la mort, de... ??
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üflrü dü zbrrü › mercredi 7 février 2007 - 11:40  message privé !
D'accord avec toi il aurait été plus logique qu'il sorte avant "dig it", il ne sonne pas encore trop 80 à comparer de ceux qui vont suivrent. Pour moi c'est l'un des derniers bon album du maître de la séquence!