Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesSKlaus Schulze › Cyborg

Klaus Schulze › Cyborg

  • 2006 - Revisited Records, Revisited Records SPV 305252 DCD - REV 058 (2 cd digipack)

5 titres - 147:42 min

  • CD 1 (72:14)
  • 1 Synphära 22:49
  • 2 Conphära 25:52
  • 3 Chromengel 23:49
  • CD 2 (75:28)
  • 1 Neuronengesang 24:57
  • 2 But Beautiful 50:45 Concert in Brussels, 1977 (Bonus Track)

enregistrement

Enregistré de Février à juillet 1973, à Berlin But Beautiful: À Bruxelles 17/10/77

line up

Klaus Schulze (orgue farfisa, synthétiseur VCS3 et effets)

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique progressive

Il faut savoir comment Cyborg fut fait pour en apprécier le génie de Schulze. Sans le sou et sans équipement, mis à part un orgue, un synthé VC3 et une machine Revox, Le jeune Schulze démontre tout son génie en triturant des enregistrements de musique classique, pour réaliser la portion cosmique et atmosphérique de Cyborg. Cette étrange aventure musicale débute avec Synphära, l’infinie tendresse. Sur un mouvement linéaire très lent, aux subtiles variations dans les tons, l’orgue progresse dans une mer de bourdonnement, de longs bips bouclés ou hachurés et d’un vent lourd éthéré. Tout au long, Klaus Schulze maintient cette ambiance claustrophobe où l’orgue se déplace de manière spectrale dans un environnement déroutant. Un titre superbe. C’est dans un tumulte hétéroclite que débute Conphära; bourdonnements intenses qui se transforment en sirène apocalyptique sur un orgue pulsatoir. Tranquillement le chaos s’éteint pour laisser libre cours à un orgue spectral aux ondulations envoûtantes, dont les pulsations résonnent comme des percussions sourdes. De son orgue, Schulze arrache de belles strates sombres et flottantes qui accompagnent Conphära jusqu’à ses dernières pulsations où des souffles de flûtes, des arches de violoncelle apaise ses derniers tourments. Chromengel est un titre lent où la procession du Farfisa est solennelle. Moulant, le mouvement est submergé d’effets sonores qui ressemblent tant à des nuées de chauve-souris et d’accords d’archets de violon et violoncelle sur les oscillations rythmique du VCS3. L’atmosphère est sombre et austère. Par moment, j’ai l’impression d’être dans les couloirs déments de Phantasm. Les dernières minutes sont noyées de vent et de pluie synthétique. Neuronengesang présente un mouvement linéaire atonique, traversé par des pulsations rotatives dont la pointe sonore émet des sonorités de laser. Très sombre, les couches synthétiques se juxtaposent l’une sur l’autre, créant une impulsion intensément statique, un peu comme Nebulous Dawn de Tangerine Dream sur Zeit. Enregistré en Octobre 77, lors d’un concert à la cathédrale de St Michel à Bruxelles, But Beautiful possède l’âme et la noblesse des longs mouvements improvisées de Schulze. Une intro atmosphérique avec effets sonores à la Body Love et Mirage et une petite séquence alternative coule sous un coussin synthétique flottant. Les subtilités dans les variations sont toujours présentes et imposent un tempo flottant aux délicates permutations. Les solos de Schulze agrémentent But Beautiful avant qu’une séquence plus lourde secoue les colonnes du temple avec une lourdeur progressive sur un tempo débridé. Un superbe morceau qui recoupe toute la panoplie des compositions du Schulze à cette glorieuse époque. Un beau livret, une belle présentation et de la belle musique, cette ré édition de Cyborg est sublime. Moi qui avais une délicate répulsion à écouter cette fresque pour orgue ayant la sinusite, j’ai été frappé par la beauté structurale de Synphära et Conphära. La complexité de Chromengel et Neuronengesang est étonnante, considérant l’époque et la technologie. Malgré le caractère très sombre et progressif, Schulze réussit à y maintenir un intérêt harmonieux. Quand à But Beautiful, comment ne pas aimer les élans passionnels de Schulze en 77? Cyborg est un chef d’œuvre intemporel d’une musique ambiante, syncrétique et innovatrice, qui a sa place au côté des grands noms contemporains comme Steve Reich, Charlemagne Palestine, Philip Glass et John Adams.

note       Publiée le dimanche 17 décembre 2006

partagez 'Cyborg' sur les réseaux sociaux

ajoutez des tags sur : "Cyborg"

Vous devez être membre pour ajouter un tag sur "Cyborg".

ajoutez une note sur : "Cyborg"

Note moyenne :        19 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Cyborg".

ajoutez un commentaire sur : "Cyborg"

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Cyborg".

Scissor Man › vendredi 11 août 2017 - 23:13  message privé !

Oui, on peut planer sans pétard ! Presque 3 heures… Je préfère la pochette rouge.

Note donnée au disque :       
SEN › mercredi 11 mai 2016 - 09:35  message privé !

Et les diamants sont éternels...

Note donnée au disque :       
Raven › mercredi 11 mai 2016 - 02:04  message privé !
avatar

Diamant noir.

Note donnée au disque :       
Pacific231 › dimanche 15 décembre 2013 - 16:10  message privé !

Je suis en 1973, je viens d'acheter ce double lp chez Givaudan (boulevard Saint-Germain à Paris) , je m'allonge sur mon lit, et c'est parti, je plane... (sans pétard). en 2013 toujours un plaisir à écouter. Je voulais préciser que j'avais lu à l'époque que c'était suite à l'achat du Super Moog utiliser par Florian Fricke (Popol Vuh) que le batteur Klaus Schulze s'était mis à la musique électronique... mais bon...

Note donnée au disque :       
SEN › jeudi 23 mai 2013 - 21:59  message privé !

Et tu peux te coller tous les Schulze jusqu'à Dig It dans ta collection ! Moins de 6 boules à Cyborg c'est pire qu'un affront, c'est une faute de gôut !

Note donnée au disque :