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Klaus Schulze › La Vie Electronique 3

  • 2009 • Revisited Records Revisited Records SPV 307872 3CD - REV 110 • 3 CD digipack

cd • 25 titres • 225:01 min

  • 1CDI 78:09
  • 2Alles Ist Gut 36:19
  • 3a) I Scent The Morning Air
  • 4b) Le Roi S'amuse
  • 5c) The Rest Is Silence
  • 6Well Roared, Lion 9:21
  • 7Der Blaue Glaube 32:17
  • 8a) La Vida Es Sueno
  • 9b) Tant De Bruit Pour Une Omlette!
  • 10CD II 77:00
  • 11Fourneau Cosmique 25:35
  • 12a) Allumer
  • 13b) Lueur
  • 14Die Lebendige Spur 12:45
  • 15La Pre'sence D'esprit 17:35
  • 16Der Lauf Der Dinge 20:47
  • 17a) Tutto Va Bene
  • 18b) You Don'tHaveTo Win
  • 19CD II I79:52
  • 20Zeichen Meines Lebens 32:09
  • 21Semper Idem 11:37
  • 22Wann Soll Man Springen? 15:07
  • 23Experimentelle Bagatelle 4:11
  • 24Kurzes Stück Im Alten Stil 7:02
  • 25Gewitter 9:23

enregistrement

Composé, joué et enregistré en concerts et en studio en France, Allemagne et Belgique entre l'été 1975 et Décembre 1975.

line up

Klaus Schulze (farfisa professional duo organ, crumar brass, elka string synthesizer, ARP odyssey, ARP 2600, EMS synthi A, séquenceur syntanorma, shaser, tape echo, 10 canals barth mixer et le big moog)

Musiciens additionnels : Harald Grosskopf (Batteries sur Gewitter)

remarques

chronique

La Vie Electronique III nous amène au cœur de 1975 avec des enregistrements en Allemagne, France et Hambourg, ainsi que du matériel de studio. Tous les titres de LVE III apparaissent sur les Historic, Silver et Ultimate Edition et sont présentés dans un ordre chronologique permettant ainsi de suivre l’évolution musicale de Schulze qui utilise toujours son orgue Farfisa, son EMS Synthi, les synthés ARP, son séquenceur maison Syntanorma et pour la toute première fois; le Big Moog. LVE III est un superbe coffret, avec ses petits défauts d’enregistrement, qui démontre tout le génie créatif de Schulze dans une période où la MÉ en concert était une foire à l’improvisation mais qui restait aussi une grande messe poétique présenté par un homme seul.
Enregistré en concert à Munich, en Mai 1975, le CD 1 débute avec "Alles ist Gut" et ses effets sonores d’un cosmos ignoré de tous et qui parait si simple dans la compréhension du synthésiste Allemand. Un long morceau de 36 minutes où une délicate séquence émerge des sonorités blanches pour se dandiner innocemment d’un mouvement minimaliste qui progresse à pas de loup. Ce mouvement furtif éveille une orgue solennelle dont les lugubres et envoûtantes couches y flottent et chantent. Le mouvement séquentiel accentue nerveusement la cadence vers la 9ième minute pour tournoyer dans une spirale endiablée et fusionner ses accords avec ceux du Farfisa, créant une oscillante et hypnotique valse tambourinée, mais sans percussions, avec les impulsions des séquences et de l’orgue. Graduellement le tempo s’évapore dans les brumeuses cosmiques de Schulze où seule l’hypnotique, mais faible, mouvement séquentiel survit dans un délire interstellaire où l’improvisation met en scène un lugubre monde céleste et apocalyptique qui vogue sur un latent rythme qui reprend ses séquences initiales pour s’égarer dans une folle ritournelle endiablée et nous transporter dans les lentes vapeurs morphiques, soporifiques et stridentes de la longue finale de "Alles ist Gut". Plus expérimental que musical, "Well Roared, Lion!" débute dans une intense cacophonie syncrétique où des vagues de synthé ondulent sur un chatoyant mouvement linéaire aux impulsions giratoires. Un titre dément et fort agressant bourré de réverbérations, d’ondes sinueuses et de vents cosmiques hurlant à travers une tempête cosmique truffé de bruits blancs qui s’essouffle dans les couches et odes d’une orgue solitaire pour graduellement atteindre un point de tranquillité et une ambiance plus céleste. "Der Blaue Glaube" est un autre long titre de 32 minutes dont l’ouverture, effectuée avec un suave vent synthétisé, respire encore les fragrances de Blackdance, mais avec de fins arpèges scintillants qui errent et flânent sur une belle ligne aux subtiles oscillations. Doucement son intro progresse comme un poème sans mots où les accords et la musicalité de Schulze nous entraine dans un merveilleux moment de rêverie alors que les délicates percussions tombent pour éveiller cette délicieuse ode cosmique. On peut sentir l’état embryonnaire de Moondawn, avec un zest de Blackdance, sur des percussions préenregistrées qui suivent les mouvements débridés des 2 œuvres dont Schulze peine à suivre avec son synthé et coordonner de ses solos. Les aléas d’être seul avec des percussions préenregistrées! Mais faut être honnête et admirer toute la fluidité d’un Schulze qui s’ajuste assez rapidement pour suivre le rythme de ses peaux sans tomber dans une anarchie rythmique. Peu après, "Der Blaue Glaube" embrasse les bruits cosmiques et entre dans une phase morphique où les couches de synthé ondoient tout en échappant des solos, alors qu’apparait les premières esquisses séquentielles. Des séquences qui pianotent un rythme minimaliste et insistant, sur un mouvement linéaire ondoyant survolé de suaves couches d’un synthé éthéré. Entre le rythme brut et la douceur onirique des vents synthétisés, "Der Blaue Glaube" évolue sur de subtiles permutations rythmiques qui vont et viennent comme de sinueux mouvements de cascades sur un rythme modéré mais délicieusement musical. C’est un superbe morceau, tout comme "Alles ist Gut".
Le CD 2 offre divers enregistrements de différents concerts présentés à l’automne et en hiver 1975. Enregistrer en France, en une date inconnue, "Fourneau Cosmique" sort des sessions de Picture Music, en l’occurrence Totem, mais avec une intro un peu plus musclée avec des vagues de synthé qui s’entrelacent dans un fébrile mouvement musical hypnotique. Des couches de synthé s’accouplant dans un nerveux ballet qui ondule furieusement dans une curieuse valse en staccato qu’un mouvement séquentiel épouse d’une série d’accords pianotés et pilonnés. Ces accords s’isolent et pianotent plus doucement, entouré d’une suave brume mellotronnée qui jette un voile angoissant sur "Fourneau Cosmique" dont l’évolution semble hésitante avant de sombrer dans des pulsations glauques qui ne sont pas sans rappeler l’univers de Totem mais avec moins de musicalité. Les frappes éparses permutent en étranges pulsations qui nous plongent dans le caustique monde musical de Totem avant d’embrasser un long mouvement atonique secoué par de brèves impulsions mais nourri par de délicats arpèges scintillants dont l’écho résonne avec force dans cet univers à la fois caustique, froid et très expérimental. Enregistré en Allemagne, à l’automne 1975, "Die Lebendige Spur" débute avec de fins arpèges scintillants qui flânent sur une latente ligne rythmique où de fines pulsations de basse sont embrumées d’un doux mellotron. Le rythme explose avec un splendide jeu de synthé qui dégage de furieux accords sautillants nerveusement dans une belle mélodie zigzagante avant de tomber dans de sulfureux solos qui virevoltent et s’entrecroisent furieusement sur un mouvement séquentiel pilonné d’accords insistants et nourrie d’une basse coulante. Nous sommes au cœur des années Moondawn et surtout Body Love avec une approche électronique très progressive, voire psychédélique, qui a fortement influencé la French School. "La Présence D'Esprit" est une petite merveille qui suit une tangente pleine de retenue. Un titre très romanesque et poétique qui débute avec un bouillon électronique d’où s’échappe de fines séquences tambourinées et des siffles de synthé qui s’accompagnent mutuellement dans une longue mélodie minimaliste vêtue de sonorités cosmiques. Le titre évolue comme un fin boléro, sur une douce ligne de basse empreinte de brumes mellotronnées et une fusion orgue/synthé d’où filtre constamment ses brefs sifflets qui se perdent dans une mélancolique brume éthérée et des séquences éparses sur des ondoiements synthétisées de l’ère Moondawn. Très beau et trop bon! Enregistré dans les studios de Hambourg, en hiver 1975, "Der Lauf Der Dinge" est un long mouvement séquentiel où les accords virevoltent, papillonnent et s’enlacent dans de fines permutations rythmiques. La particularité de ce titre est qu’il n’y a aucun synthé et ni accords de clavier/synthé pour tisser une trame mélodieuse sur ce mouvement séquentiel. On y retrouve que des séquences qui tournoient dans des spirales aux multiples visages musicaux. Voilà un autre remarquable titre enfoui dans les voutes de Schulze et qui justifie la publication de ses nombreuses Edition.
Le CD 3 débute avec "Zeichen Meines Lebens", enregistré lors d’un concert à Munich (l’église St-Ursula) en Octobre 1975. C’est un très long et envoûtant mouvement débutant avec de fines séquences scintillantes qui ondoient sur une douce rivière musicale. Le mouvement progresse avec intensité, appuyé par des couches et nappes de Farfisa qui flottent et ondulent avec une étonnante fluidité au dessus d’un miroir chatoyant de séquences aux couleurs du prisme. On me dirait que nous entendons le squelette de Mirage que je le croirais, surtout lorsque que le synthé souffle ses premiers solos sur un autre mouvement séquentielle campé d’accords aux variations minimalistes. Solos torsadés sur un mouvement séquentiel hypnotique "Zeichen Meines Lebens" progresse avec de légères variations dans sa structure, gardant toujours le cap de son mouvement minimaliste alternatif, ses séquences initiales aux prismes chatoyants et ses solos devenus spectraux. Nous sommes entre Black dance, Picture Music et l’ossature de Mirage ainsi que de Body Love et c’est tout simplement génial. Les autres titres du CD 3 sont des titres enregistrés en studio resplendissant les œuvres de l’époque comme sur "Semper Idem" et "Wann Soll Man Springen?" qui semblent s’être évadés des sessions de Blackdance pour errer dans des phases et structures plus expérimentales sur des mouvements statiques et hachurées, nourries d’hésitants solos de synthé parfois saccadés parfois chaleureux. Sorti de nulle part, "Experimentelle Bagatelle" hoquète aussi sur un mouvement linéaire hachuré qui est plus tard envahit par des battements et pulsations métalliques un peu assourdissant. Entre Totem et Body Love, "Kurzes Stück Im Alten Stil" galope sur des séquences tambourinées et de superbes solos torsadés. Un titre court mais superbement musical où les chauves-souris cosmiques de Schulze survolent un superbe mouvement électronique des années analogues. "Gewitter" conclut ce superbe coffret d’inédits avec une ligne de synthé aux sillons hachurés qui ondulent sur de sombres pulsations. Un peu entre les arrangements philarmoniques de X et les envolées percussionnées de Body Love, "Gewitter" casse la baraque avec des séquences pulsatrices noires qui entrecroisent les frappes démentielles de Grosskopf enveloppées d’un synthé assez discret. Ce rythme sauvage et débridé s’arrête sec pour échoir dans de syncrétiques lignes métalliques et synthétisées qui tissent d’irréelles lamentations de violons. Un mouvement atonal qui va en s’amplifiant mais sans jamais nourrir de rythmes, comme dans X.
La Vie Electronique III est le plus beau des 3 premiers coffrets des innombrables rééditions de Klaus Schulze. Un coffret où chaque CD offre de purs coups de génie, entouré de quelques bijoux qui n’en ne sont pas moins géniaux. En ce qui me concerne, c’est plus qu’un coffret d’inédits. C’est un véritable album qui s’est perdu dans le temps et les multiples studios mobiles (lire enregistreurs) que notre poète des synthés trimballait constamment. Tout simplement superbe et hautement recommandé, il égale aisément et surpasse par moments les Picture Music, Blackdance et Timewind.

note       Publiée le lundi 5 septembre 2011

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Aladdin_Sane › samedi 5 avril 2014 - 09:37  message privé !

On en est déjà au 15ième volume, comme le temps passe...

snooky › mercredi 7 septembre 2011 - 08:48  message privé !

Ce troisième volume de cette imposante réédition regroupe l'année 1975 et principalement en concert. Les effluves de Cyborg y flottent encore un peu( l'orgue) mais disparaissent progressivement pour laisser place à Timewind et Moondawn qui y sont réellement présents.. Alors du très bon dans ces trois CD, "Alles ist gut" et sa deuxième partie qui évoque Timewind, l'excellent " Der Blaue Glaube " qui, lui renvoie à Moondawn(CD 1), "La Présence de L’esprit"très remuant qui oscille entre les deux, l'étonnant "Der Lauf der Linge" et son rythme très nerveux, sans mélodies véritables ( CD2), "Zeichen meines Leiben" peut être le chef d'oeuvre de ce volume qui, effectivement au début évoque Mirage mais qui, très vite bascule vers Moondawn et "Gewitter" et ses rythmes un peu fous (CD3).

Pour les autres morceaux, je dirais que c'est à l'appréciation de chacun. Moi je les ai trouvé entre moyens et bons. Un faible "Well roared lion" Et il est bien évident que sur pratiquement quatre heures de musique, tout ne peut être excellent. Mais, comme le dit fort justement Phaedream, chaque CD renferme, au moins , une pépite. Si les deux premiers volumes étaient plutôt difficiles parce qu'axés plus sur Irrlicht et Cyborg, celui là est vraiment très chatoyant.

Et, si la logique est respectée( mon esprit mathématique), il devrait y avoir au moins 17 volumes dont le dernier ne devrait être que double.

Note donnée au disque :       
Phaedream › lundi 5 septembre 2011 - 21:20  message privé !
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Merci, mais je le fais à temps perdu, vu qu'il y a trop de MÉ actuelle en attente de chroniquer... C'est un peu plus de 30 heures. Si J'ai bien compris KDM, il va y avoir au moins 10 Volumes. Donc 30 CD avec +/- 80 minutes bien tassées. Il y aura de bons volumes et d'autres moins bons. Ce qui est normal avec toute cette musique. Ça ne peut pas tout être bon :-)

ericbaisons › lundi 5 septembre 2011 - 20:37  message privé !

C'est sympa de chroniquer la série, vu que ça ressemble à un gros pavé (de 30 heures?)