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Klaus Schulze › The Ultimate Edition (CD1 à CD5)

14 titres - 376:54 min

  • CD 1 Film Musik (75:09)
  • 1. Die Lieder des Prinzen Vogelfrei (28:26)
  • 2. Le Médaillon Magique (15:51)
  • 3. Schwermütiger Frühling (19:59)
  • 4. Der Optimismus (10:39)
  • Studio, 1993. Trame sonore pour un documentaire ; Spurensicherung
  • Baudenkmäler.
  • CD 2 Narren Des Schicksals (70:54)
  • 1. Satz (Con Moto) (20:22)
  • 2. Satz (Grave) (22:55)
  • 3. Satz (Ma Con Brio) (27:37)
  • Info: Studio, 1992/93
  • CD 3 Was war vor der zeit (74:04)
  • 1. Nostalgic Echo (34:08)
  • 2. Titanische Tage (27:12)
  • 3. Die lebendige Spur (12:44)
  • Info: Studio, 1993. (Track 1: Soundtrack 'Potsdamer Platz'.)
  • CD 4 Sense Of Beauty (78:08)
  • 1. Der Schönheit Spur (37:36)
  • 2. Ein schönes Autodafé (21:24)
  • 3. Return In Happy Plight (19:08)
  • Info: Studio, 1993. (Track 1: Soundtrack 'Potsdamer Platz'.)
  • CD 5 Picasso geht spazieren (78:39)
  • 1. Picasso geht spazieren
  • First Movement (78:39)
  • Info: Studio, 1992

line up

Klaus Schulze (claviers, synthétiseurs, échantillonnage et percussions)

remarques

Le temps total du coffret est de 64 heures

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique progressive

Paru en 2000, The Ultimate Edition est l’ultime des ultimes éditions qui englobent les désormais célèbres éditions épuisées de Silver Edition (10cd) paru en 1993, Historic Edition (10cd) paru en 1995 et Jubilee Edition (25cd) paru en 1997, en plus de 5 cd additionnels, enfermant tous des inédits. Après pareil coffret, vous pensiez que Schulze était à court d’inspiration? Que les voûtes étaient à sec? Oh que non! Dans la même année, Maître Schulze sortira Contemporary Works 1 (10cd). En tout, 65 cd, remplis aux derniers ions, de musique inédite. De quoi rassasié les plus férus.
Comme toute les éditions antérieures, The Ultimate Edition est épuisé. Aux travers différentes entrevues, Schulze et son gérant, le très économe Klaus d. Mueller, ont promis qu’il n’y aurait plus aucune ré édition de ce coffret. Donc, pourquoi en parler? Parce que je n’y crois pas. Encore très en demande, je suis convaincu qu’il ressortira sur une forme ou une autre. En attendant, voyons voir à quoi retourne ce fabuleux coffret.
Guts Of Darkness ne recule devant rien et fera 10 chroniques, à raison de 5 cd par chronique, pour cerner cette fresque musicale qui n’a pas encore d’égal dans le monde musical contemporain.
La 1ière chronique portera donc sur les 5 premiers cd.

Film Muzik nous projette dans les sphères classico-symphoniques qui tiraillent Schulze depuis ses débuts. Dans un univers sonores où les échantillonnages prennent le dessus sur l’émotivité créatrice, Schulze multiplie des brides d’opéras avec des gros claquages intempestifs, entre une forme de musique industrielle ou du classique cacophonique. L’auteur visite les couloirs austères des mouvements classiques crus qui faisaient la lourdeur de Das Wagner Desaster, le ‘’Wild Mix‘’. Si les virtuels instruments à vents sont superbes et flottent avec grâce, les gros éclats et roulements de grosses caisses, de même que la cantatrice schizophrène, gâchent ce, pourtant, beau décor atmosphérique. La souplesse des flûtes harmonieuses qui courent sur un piano glacial font de l’intro du Médaillon Magique…un moment magique.
Der Optimismus fait oublier un peu cette confusion des genres. Un titre sobre avec de beaux accords de piano sur les souffles mellotronnés et une guitare discrète et le violoncelle. Un croisement entre Miditerranean Pads et In Blue.

Film Muzik n’est pas convaincant et est l’un des moments, rares, avec Narren Des Schicksals qui poursuit la quête de la folie des échantillonnages classiques. Dans une ambiance plutôt dramatique, le titre plonge dans les méandres des partitions d’opéra sur de la violoncelle et des éclats de mouvements orchestraux exubérant. Il y a de beaux passages flûtés sur des mouvements de synthé très riches et enveloppants. Ceux qui aiment la période symphonique et opéra de Klaus Schulze seront au 7ième ciel avec ses 2 premiers cd de ce coffret. Le délire est total, l’harmonie démembrée et le résultat un peu tiède…à mes oreilles.

Was war vor der zeit est un pur rêve audio. J’avais déjà cet enregistrement, pirate va sans dire, et j’en étais totalement sous le charme. Nous sommes en pleine période de Blackdance, de Moondawn avec de lourdes strates synthétiques moulantes flottent dans un cosmos spacieux sur des mouvements qui montent en crescendo, parmi les nombreux effets sonores qui, à l’époque, unissaient l’irréel aux frontières de l’imaginaire. Des titres hypnotiques qui plongent dans des sphères atmosphériques, un peu à l’image de ses premières oeuvres où l’ambiant cohabitait aisément avec les rythmes. Évidemment, ce titre s’adresse aux nostalgiques et aux collectionneurs de ‘’bootlegs‘’, mais il démontrait la belle complicité, le respect papal que les fans vouaient à Schulze. Les amateurs savaient qu’ils assisteraient à une kermesse sensorielle. Une nuit des temps, immortalisée dans leurs temps. Ne serait-ce que pour Nostalgic Echo…

Sense of Beauty revisite l’univers des collages sonores classiques et d’opérettes. Der Schönheit Spur et Ein schönes Autodafé sont d’une placidité inconfortable. Malgré de beaux moments, le désordre cacophonique reprend les atmosphères et s’installe en maître. Il y a de beaux passages harmonieux, comme il y a aussi des moments stressant qui désharmonisent le tout. Pour moi, cette folie symphonique, que l’on retrouve partout dans les grandes symphonies des grands compositeurs, est désagréable et je n’y trouve pas grande compassion. Return In Happy Plight est un beau titre. Sur un contexte plus dramatique, le mouvement est laborieux et vrille sur un beau séquenceur souple auquel s’ajoute un léger mellotron vocable. Des effets symphoniques et brides d’opéra tombent ici et là, nous secouant de notre torpeur. Mouvements brusques et typiques de la période schizo-classique de Schulze.

Picasso Geht Spazieren est un monument d’échantillonnage. Du point de vue strictement musical, c’est carrément génial. Des cris percent le silence, parmi des échantillons de voix disparates qui menacent sous de gros coups de caissons symphoniques. Klaus Schulze alimente la démesure avec des collages orchestraux et des barrissements d’éléphants. Une belle ligne vocale se dessine, altérée par des échantillonnages bruyants, qui sont très loin de concorder avec l’ambiance. De superbes moments où la batterie, il faut que ce soit une batterie, bouscule le mouvement avec hargne et férocité. Du grand rock électro symphonique tout à fait dément. Le mouvement traverse des passages à vide, où Schulze étend des moments atmosphériques et flottants sur des synthés doux, abusées par les effets sonores inquisiteurs et, ma foie, dérangeant. Une belle grande pièce où Schulze semble vouloir imiter la perfection des moments hallucinatoires que Mike Oldfiel a brillamment atteint avec Amarok. D’ailleurs, la structure musicale de Picasso Geht Spazieren est trop près du délire de Oldfield pour en ignorer l’influence. C’est très expérimental. Du délire ponctuel qui démontre que sur un coffret limité, on peut oser n’importe quoi, car les purs et durs en seront toujours ravis. Et ce n’est pas tout à fait faux, mais ça prend plus qu’une écoute.

note       Publiée le mercredi 1 novembre 2006

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Thierry Marie › jeudi 20 septembre 2012 - 18:04  message privé !

Pour moi, si l'oeuvre de Klaus Schulze atteint un premier sommet entre 77 et 79 avec "Mirage", "X" et "Dune", elle en atteint le second entre 92 et 94 avec "Royal Festival Hall I & II", "The Dome Event", "Picasso geht spazieren" et autres "Narren des Schicksals"...

mangetout › mercredi 18 février 2009 - 14:17  message privé !

A signaler que l'Ultimate Edition va être réédité (avec des bonus supplémentaires) par coffrets de 3 CD et dans l'ordre chronologique sous le nom de "La vie électronique", les volumes 1 et 2 sortent en France le 11 mars.

Logosman › jeudi 20 mars 2008 - 12:54  message privé !
Ce coffret à l'air juste merveilleux. En espérant qu'une réedition s'impose d'ici peu pour pénétrer dans le monde obscur de la musique de Klaus Schulze.
gkar02300 › vendredi 6 juillet 2007 - 10:29  message privé !
Un vrai bonheur pour moi......je l'ecoute depuis 7 ans et je ne m'en lasse pas.......
Note donnée au disque :