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Klaus Schulze › Moondawn

3 titres - 74:03 min

  • 1.Floating (27:15)
  • 2.Mindphaser (25:22)
  • 3.Floating Sequence (21:11) Bonus Track

line up

Klaus Schulze (claviers)

Musiciens additionnels : Harald Grosskopf (percussions)

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique berlin school

Les années 70…ah les années 70! Pour plusieurs, elles sont les années charnières de l’évolution musicale. Les années qui ont bouleversées le caractère et le visage de la culture. Pour l’Allemagne c’est la Krautrockmania, l’ère du rock planant et de la MÉ. De cette nouvelle forme musicale émerge des noms comme Tangerine Dream, Ashra Temple et Klaus Schulze. Klaus Schulze, que plusieurs comparent à un Mozart de notre XX ième siècle, est effectivement le centre d’une évolution musicale. Il manipule les enregistrements, les mélangent, les faits joués à l'envers. Bref il manie ses textures sonores au gré de ses ambitions et de son imagination. C’est dans cette foulée que naîtra plusieurs classiques contemporains, dont Moondawn, réédité par la compagnie allemande SPV, qui est en train de refaire tout le catalogue Schulze, ainsi que de plusieurs artistes Krautrock. Ces ré éditions incluent des titres en prime, pour le délice des fans, avec de beaux livrets. Moondawn est de la première période artistique de Klaus Schulze. Période où maître Schulze mélange les atmosphères et s’implante comme le monarque de l’analogue et de ses ambiances sulfureuses. Des tintements scintillent parmi une incantation berbère et des cloches tibétaines. De fines nappes d’un synthé éthéré s’en échappent et flottent dans un doux et chaleureux cosmos électronique. Tout doucement Schulze étend son lourd manteau synthétique avec des couches de synthé qui s’enlacent aux souffles de Farfisa, une union magnétique qui valse sous les scintillements atmosphériques, traçant un superbe paysage intergalactique. Une séquence hypnotique se détache de cette enveloppe morphique, dessinant les bases d’un rythme minimalisme qui défile par ondes bouclées. Le synthé s’éloigne et les premiers balbutiements de la batterie se font entendre. Sournoisement Floating se développe sur un rythme en constante progression avec un mouvement séquentiel qui se dandine dans un univers aux multiples couches de claviers et synthés et avant qu’on se sente tirer de notre torpeur le rythme déferle sur de douces modulations synthétisées qui font la course à la douce batterie d’Harald Grosskopf. Loin d’être flottant, Floating nous transporte dans l’univers sonore de Klaus Schulze où les ambiances sont fluctuantes et les synthés sont denses avec de longs solos qui dansent avec justesse sur des séquences fluides et l’agile batterie de Grosskopf. Tout au long de Floating la ligne principale séquentielle mue subtilement aux travers les légères notes de piano/claviers et de soporifiques couches de synthé qui voyagent parmi les solos de Schulze. En harmonie avec sa progression le rythme de Floating devient plus lourd, martelé par la batterie de Grosskopf et découpé par les incisifs solos de Schulze qui planent parmi des effets sonores galactiques et des chauves-souris sifflantes. Un rythme hypnotique et envoûtant qui graduellement s’atténue afin d’embrasser le calme plein d’une sérénité astrale. Tout simplement grandiose. Mindphaser est plus serein, voire totalement atonique, un peu comme le calme après la tempête de Floating. De lointaines vagues viennent frapper un rivage enveloppant d’un sobre manteau synthétique. L’ombre du synthé traverse Mindphaser, qui démarre avec un long soupir. Il traverse une galaxie qui crache son fuel atmosphérique et, soporifiquement, les vagues de l’abîme nous entoure. Nous sommes accrochées à la douceur sensorielle des synthés de Schulze. Immobile nous sommes cloués et hypnotisés par ses sirènes synthétiques qui charment notre solitude. La tension augmente et éclate sous une avalanche de percussions qui déferle sous les sombres ondes d’un gros orgue fantomatique. Lent et lourd le tempo est sensuel et puise sa forme sur des percussions hachées et sèches. Solos de synthé tortueux, batterie agitée, effets sonores atmosphériques et texture sonore dense Mindphaser torture l’esprit et ronge la dualité de l’esprit au gré de la folie Schulzienne. Un intense délire cosmique et psychédélique qui représente fort bien les paradoxes du Krautrock et qui gagne en puissance et éclate avec force. La pièce bonus, Floating Sequence est une pâle analogie de Floating. Un genre de mix quoi! Ça suit la même courbe séquentielle de Floating, mais avec une tonalité atmosphérique plus près de notre réalité technologique d’aujourd’hui que d’antan. L’atmosphère est plus fluide, moins interrogative qu’à l’époque de conception de l’original. Les effets sonores sont étirés, donnant une impression de fraîcheur sonore qui n’arrivera jamais à égaler l’original. Est-ce que cette réédition vaut le débours? Au niveau sonorité j’ai trouvé l’atmosphère moins ténébreuse, un peu plus claire. Moi j’aime mieux. C’est bien présenté. La pochette est superbe et contient un beau livret qui décrit l’histoire de Moondawn de même que l’évolution musicale de Schulze. La pièce en prime est intéressante mais il existe un bootleg de l’époque avec un bien meilleur titre…Les fans seront comblés et quant à ceux qui ne connaissent pas Klaus Schulze, l’occasion est idéale car Moondawn est un classique des années 70 et un indispensable pour comprendre les tourments d’une époque fertile en rebondissements.

note       Publiée le jeudi 4 mai 2006

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Raven › samedi 17 décembre 2016 - 04:05  message privé !
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Subtil, intense.

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Sirius › samedi 1 juin 2013 - 15:02  message privé !

Noté ! J'avais jamais fait attention au live mais il a l'air chouettos aussi, j'y jetterai une oreille.

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Phaedream › vendredi 31 mai 2013 - 22:16  message privé !
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Essaye les 2 Body Love. Je préfère le 1, mais le 2 satisfait bien des fans. Il y a aussi le Live, mais il embrasse plusieurs phases.

Sirius › vendredi 31 mai 2013 - 21:30  message privé !

Cet album est sacrément dense et touffu, on se sent vraiment enveloppé. "Floating" est une vraie merveille, Grosskopf y est absolument ébouriffant, son jeu de batterie est d'une subtile sauvagerie bienvenue. Y'a d'autres albums de Schulze avec une telle patate rythmique ?

Note donnée au disque :       
mangetout › mercredi 30 janvier 2013 - 16:20  message privé !

@Wotzy : Klaus D. Muller est un peu spécial par moment, surement cette légendaire rigidité allemande.