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Schulze / Gerrard › Dziekuje Bardzo

cd | 9 titres | 171:56 min

  • 1 CDI 69:57
  • 2 1 Shoreless Two 28:23
  • 3 2 Bazylika NSJ 41:34
  • 4 CDII 53:39
  • 5 1 Godspell 20:25
  • 6 2 Shoreless One 33:14
  • 7 CDIII 48:10
  • 8 1 Ocean of Innocence 41:32
  • 9 2 Spanish Ballerina 6:38

enregistrement

Enregistré les 12 et 13 Novembre 2008 à Berlin et Warsaw. Mixé à Paris et Hambühren

line up

Lisa Gerrard (voix sur Bazylika NSJ, Godspell, Ocean of Innocence et Spanish Ballerina), Klaus Schulze, (EMU K4 Masterkeyboard & Sampler, Roland JD 800, EMS Synth A, Minimoog (Bj 1968) (w/ Moog Filterpedal + TC Electronic distortion Stompbox), Moog Voyager, Waldorf Wave, Roland Digital Mixing Desk, Mackie 19" Mixing Desk, Reverbs, Roland RSP 550 Delays, Quasimidi Polymorph Synths, Quasimidi Rave-o-lution 309 Drummachines, Access Virus A)

chronique

Il y en a qui trouve que l’union artistique Schulze/Gerrard a fait son temps et que l’ami Klaus devrait passer à autre chose. Je suis partagé sur cet avis. Certes je m’ennuie de ses longues errances Schulziennes où Schulze déjouait les pronostics en balançant un album qui trompait le temps et qui nous entraînait bien au dessus de l’au-delà. Par contre, je crois qu’il y a encore de belles choses à sortir de ce duo dont les duels et harmonies transcendent ce que Schulze peut nous faire imaginer avec ses chœurs chimériques. Si Lisa Gerrard avait endormi le Maître sur Farscape et Rheingold, Schulze malmène la diva des chants syncrétiques sur Dziekuje Bardzo avec des passages divinement séquencés où la voix de sa muse est aussi agressive et mordante qu’à l’époque de Dead Can Dance. Ce qu’il faut retenir de Dziekuje Bardzo est qu’il s’agit d’un album triple qui regroupe 2 concerts donnés en 2 jours; l’un à Berlin et l’autre à Warsaw. Pour des raisons sentimentales à Schulze (soit 25 ans après Dziekuje Poland), le concert de Warsaw est nettement plus inspiré. Donc, selon moi, un album double comprenant le concert de Warsaw plus, en prime, Spanish Ballerina, aurait amplement suffit. Mais Schulze étant Schulze, qui sait que tous ses concerts sont piratés (d’où la naissance des Silver, Ultimate, etc…Edition), il a préféré sortir un coffret triple avec les 2 performances qui se ressemblent à quelques variations près. Donc, voilà pour ce qui est de la polémique de certains chroniqueurs de MÉ qui pensent que l’union Schulze-Gerrard a fait son temps. Les 3 premiers titres sont tirés du concert donné à Warsaw, le13 Novembre 2008, soit à peine 4 mois après le concert de Loreley (Rheingold) et Klaus Schulze sort son armature de sonorités hétéroclites où voix et racles de gorges baignent dans un étrange climat de pastorale musulmane sur un doux synthé aux vocalises angéliques. Vers la 9ième minute une fine séquence se dessine et flotte tout en multipliant ses arques teintées de légers sifflements de brume sur une autre séquence qui ondule dans une superbe fusion séquentielle que peu d’artistes osent amadouer. Une danse des cymbales s’ajoute au mouvement dont l’ondulation a pris le dessus rythmique, alors que les chœurs si éthérés au monde musical de Schulze se greffent pour mouler une douce symphonie sur des rythmes chaotiques, mais symétriques, à l’ombre d’un synthé qui découd ses solos autant abrasifs que cosmiques, comme le trait d’union du monde perdu de l’analogue à celui plus pragmatique et robotique qu’est le numérique. Et ondule le tempo sous des solos torsadés qui étirent le rythme sur une dizaine de minutes, le temps d’embrasser une longue finale éthérée aux doux fils musicaux de soie où Schulze étale toute les possibilités architecturales de ses synthés. Bazylika NSJ est la 1ère communion Schulze/Gerrard sur le coffret Dziekuje Bardzo. Un long titre divisé comme Shoreless Two avec son intro et sa finale angélique, entrecoupées d’un segment des plus audacieux pour une performance vocale où les folles séquences de Schulze marinent sur de solides percussions et une voix absolument magique qui mord à plein poumon sur un rythme endiablé. Divine, l’intro nous démontre la puissance des cordes vocales de Mme Gerrard que Schulze appuie superbement bien de ses chœurs synthétisés. Un opéra cosmique où la cantatrice surplombe un univers irréel avec une superbe fusion voix simulées et artificielles. Magique, la voix de Gerrard emprunte diverses intonations avant de planer doucement vers l’ouverture des séquences hybrides qui sautillent de toutes parts, vers la 18ième minute. Et là, nous assistons à un duel musical où le rythme qui ondule avec agressivité toise des orchestrations lentes mais fluides, des séquences syncopées où Schulze pousse Lisa Gerrard dans le fin fond de ses remparts, repoussant les limites d’une simple cantatrice. Une diva qui étale tout l’envoûtement de sa voix sur une finale plus éthérée. Godspell clôture la performance de Warsaw avec un titre divisé en 2 temps et mouvements; soit les 10 premières minutes qui s’attaquent à un rythme minimalisme où le tempo pulse et ondule telle une ascension cosmique sur de belles percussions qui martèlent un tempo progressif qui s’agite auprès une superbe performance vocale. Un titre où l’improvisation vocale est aussi impressionnante que celle des synthés et séquences de Schulze dans ses mouvements hallucinatoires. Avec la quiétude et la sublimité de sa voix, Lisa Gerrard alimente à elle seule toutes les fantaisies oniriques de la 2ième portion de Godspell, où les cellos artificiels gravitent autour d’une voix aux milles intonations, visages et passions qui nous bercent d’une infinie oisiveté de l’âme. Enregistré la veille, le concert de Berlin offre des structures similaires au concert de Warsaw, à quelques variations près. Ces variances sont plus présentes sur Ocean of Innocence où de lourds accords résonnants oscillent lourdement sous les complaintes d’une Lisa Gerrard qui semble être sans limites. Une douce voix céleste sur de lourdes réverbérations aux cercles de résonnances claustrophobiques, Lisa Gerrard est dans un superbe délire vocal alors que graduellement Ocean of Innocence emprunte les douces sentes de Bazylika NSJ, ainsi que ses lourds rythmes débridés. Spanish Ballerina se démarque avec son intro syncrétique aux voix anarchiques, avant qu’une douce sérénade Espagnole ne vienne fignoler cette ouverture syncrétique. Le seul défaut de Dziekuje Bardzo est qu’il offre 2 concerts qui se ressemblent trop. Si on a les moyens du culte, il n’y a pas de problèmes, quoique cela demeure une exploitation éhontée du fanatisme. Cela restera le problème de conscience de Klaus D. Mueller. Par contre, le concert de Warsaw est une merveille où les élans gargantuesques de Schulze sont finement appuyés par une superbe maîtrise des cordes vocales de Lisa Gerrard qui a sans doute avalé un synthé dans son enfance. Une splendide voix qui embrasse toutes les folies de Schulze qui lui, en revanche, s’acquitte superbement bien des émotions de sa muse. Un bel album, trop long, qui est absolument plus magique en version DVD qui ne présente que le concert de Warsaw.

note       Publiée le jeudi 16 septembre 2010

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Jacques Capelovici › vendredi 12 juillet 2013 - 10:35  message privé !

Par d’improbables circuits neuroniques le titre de ce digipack vient de me coller une chanson du divin Dario Moreno dans la tête. Merci…

Wotzenknecht › vendredi 12 juillet 2013 - 09:08  message privé !

"Shoreless Two" c'est carrément du Coil période Musick to play in the dark étendu à l'infini ! Magnifique (On peut aussi dire que les Musick to play in the dark sont très Schulziens, pour remettre les choses dans l'ordre). J'ai une préférence pour les titres où madame ne chante pas, même si certaines interventions plus Diamanda Gala-esque sont vraiment bien sentis. Sacré coffret.

snooky › vendredi 17 septembre 2010 - 13:16  message privé !

Je trouve la chronique de Phaedream un peu sévère, surtout dans la note attribuée.On est d'accord sur Farscape, franchement décevant .Par contre, Rheingold est vraiment très bon( 6 boules pour Phae).Et je suis d'accord avec Thierry Marie.Dans ce Diezkuje Bzardo Lisa Gerrard et Klaus Schulze sont pratiquement au sommet, surtout au niveau de la complicité et de la maîtrise.Cinq boules m'aurait semblé plus logique.Je me garderais bien de parler du DVD, ne l'ayant, pour l'instant, pas visionné.Quant à savoir si l'association LG/KS doit se poursuivre, ça c'est une autre histoire....

Note donnée au disque :       
Thierry Marie › vendredi 17 septembre 2010 - 09:41  message privé !

Oui, c'est long (3 cd), et les concerts présentent une similitude évidente. N'empèche: Schulze est au sommet de son art, et cet album est à classer au côté de ses meilleures réussites...

Note donnée au disque :