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Klaus Schulze › Royal Festival Hall Vol.II

  • 1992 • Virgin CDVE 917 • 1 CD

cd • 3 titres • 67:54 min

  • 11 Ancient Ambiance 44:45
  • 22 Anchorage 11:03
  • 33 Variation On B. F. 11:45

enregistrement

Enregistré en concert le 10 Septembre 1991 au Royal Festival de Londres. 2 et 3 enregistrés dans les studios de Schulze à Hambühren en été 1992

line up

Klaus Schulze (claviers, électronique, échantillonnage et effets)

remarques

chronique

Si vous avez trouvé les premières mesures de Yen difficile à digérer, vos oreilles vont encore souffrir avec l’ouverture d’Ancient Ambiance. Cacophonique? Je crois que Schulze a résolument défoncé le terme avec ses intros aussi lourdes qu’indigestes qui finissent toujours par aboutir sur une sublimité quelconque. L’intro d’Ancient Ambiance m’horripile! Mais la suite?…Quel délice. Vers la 9ième minute (Oui! 9 minutes), une douce séquence (absente lors de Yen) vient encadrer un rythme souple où éclats de batteries, de percussions crotalisées, de chœurs enfantins et des voix de femme en extase s’entremêlent dans un maelstrom sonore hyper mélodieux, tout en maintenant une croisière progressive. Du délire sobrement délivré sur un rythme hoquetant et chaotique, moulé dans une démesure sonore qui dépasse Beyond Recall. Car il y a de la fureur, de la violence et de la passion dans Ancient Ambiance qui se défonce sur des percussions débridées, mais à des doses pondérées, un peu comme un bourreau qui veut étirer son plaisir. Et Schulze l’étire ce plaisir. Un violon apparait vers la 16ième minute, nuançant la dimension de cette symphonie des sons avec une approche folklorique qui aurait embêté nos ancêtres. Tout a long, ses soupirs de femmes qui nous font sursauter et qui déstabiliseraient le diable, sur un tempo de plus en plus frénétique. Un tempo moulé sur des percussions endiablées qui s’estompent dans un remous statique où voix d’opéra hurlent comme une kermesse du Moyen Orient. Et ce long collage se termine sur une superbe attaque séquencée vers la 34ième minute. Attachez vos tuques avec de la broche, car ça défonce. Un Schulze démonique, lâché lousse, qui enchevauche ses échantillons sur une structure aride et très rockeuse avec de superbes percussions et des accords de guitares à la Gottsching sur un mouvement de danse du ventre frénétique qui se vautre dans de sulfureux solos de synthé. Tout à fait sublime…Ces 10 dernières minutes valent le coup à elles seules. Du Schulze de haut niveau.
Un saxophone solitaire ouvre les premières mesures d’Anchorage. Une douce intro suavement mélancolique qui traîne sa peine sous une obscurité ocrée par l’arrivée d’échantillonnages aux sonorités de violoncelles et de cris boréaux. La basse moulante, aux mouvements si déhanchés que Schulze aime tellement élaborer, moule une étrange sensualité sur un fil de verre aux éclats de Crystal Lake et aux souffles de plaisir. Un très beau titre où les barrissements se mélangent à des cris de macaques, sous une fine envolée synthétisée d’un Schulze secret. Un Schulze rêveur qui mijote une structure au crescendo latent, hypnotique et envoutante, qui se démembre dans une folle inversée structurelle. Variation On B. F. offre une approche plus austère, plus symphonique avec les cordes de violoncelle qui grattent une structure lourde animée de pulsations étouffées, mais animée de chœurs féminins où l’approche de l’exploitation de Totentag se fait sentir. Un beau titre, plus classique. Dans la foulée de Dresden 4, mais avec une approche plus classique.
Que ce soit le Vol. 1 ou le 2, moi je débuterais avec le 2, Royal Festival Hall est une œuvre complexe dont la prémisse demeure un vaste collage d’échantillonnages sonores sur une structure musicale qui peine à émerger, sauf pour le volume 2. Le volume 1 a ses forces (Silence and Sequence) et son penchant Grégorien à la Vangelis, alors que le volume 2 est tout à fait renversant avec une approche plus émotive, plus passionnelle. Schulze y a mis la gomme, touchant même le versant de ses racines de Berlin School avec une finale époustouflante sur Ancient Ambiance. Tout à fait remarquable.

note       Publiée le vendredi 25 septembre 2009

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Wotzenknecht › dimanche 5 octobre 2014 - 14:31  message privé !
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J'essaie d'écrire quelque chose de consistant sur ce 'Dome Event' depuis des années, avec l'aval de Phaedream, mais c'est une oeuvre difficile d'accès qui mérite encore quelques écoutes... (edit) et voilà, c'est en ligne !

Thierry Marie › dimanche 5 octobre 2014 - 14:26  message privé !

Une fois de plus, j'écoute 'The Dome Event'. Alors, oui, je sais, cette période de l'Œuvre de Klaus Schulze, sur ce site et ailleurs, crée le débat, et les amateurs de ce musiciens préfèrent généralement des musiques plus lénifiantes. Mais je persiste et signe: cette période représente pour moi le second sommet, après le coup d'éclat initial de 'Irrlicht', dans le travail de Klaus, le premier étant constitué de 'Mirage', 'X' et 'Dune'. Alors si 'The Dome Event' avait été chroniqué ici, en étant exigeant, donc sévère, je ne lui aurais mis que 5 boules.

Note donnée au disque :       
snooky › samedi 26 septembre 2009 - 20:25  message privé !

Et si je vous disais que ce v2 est + réussi que le v1 , vous me croiriez ? C'est pourtant le cas.D'abord parce qu"il est beaucoup + émotionnel.Et puis la facture musicale y est + développée.Il n'empêche qu'il souffre, lui aussi, de graves lacunes." Ancient ambiances" est découpée(hachurées?) en 7 parties.La partie 1 c'est l'intro, très animalière(bruit de cochons,de singes, d'éléphants et j'en passe)interminable presque 10 min...De la partie 2 à la partie 5, c'est la musique et là, il faut bien le reconnaître très bonne, du très bon KS.Jusqu'à cette partie 6, transition sous forme de beuglements absolument horripilants qui vient tout foutre en l'air.A ce niveau là, ce n'est + de l'audace mais du n'importe quoi.La partie 7( Castle rock)est très "dancefloor" où KS se déchaîne comme un fou furieux sur ses synthies.C'est très réussi et nous fait oublier sans regret la partie 6.En résumé, enlever la part 1 et 6 et c'est très bon."Anchorage", moi j'aime bien ces sonorités cuivrées et jazzy qu'on retrouve sur "Das Wagner Disaster" et qui préfigure bien "In Blue".Malheureusement, encore une fois, les fonds sonores maltraitent un peu l'ensemble.Dans de telles conditions, le bonus " Variations on BF", très néo classique et pas franchement transcendant apparaît presque "terrible".En résumé, mieux que le v1, mais c'est quand même pas ça...

Note donnée au disque :