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Steve Roach › Sight of Ages

  • 2010 - Projekt, PROJEKT246 (1 cd digipack)

cd | 6 titres | 73:50 min

  • 1 Quelling Place [8:14]
  • 2 The View From Here [10:31]
  • 3 Sentient Breath [15:47]
  • 4 Morning Of Ages [13:02]
  • 5 Return Of The Majestic [16:03]
  • 6 Longing To Be... [10:10]

line up

Steve Roach (Synthés Oberheim Xpander & Matrix 12, Waldorf Q, Nordlead 2, Roland JX3P, Emu Esynth Evolver et Arp String Ensemble)

remarques

Pour plus d'info sur Steve Roach et son étonnant monde musical et y entendre des échantillons musicaux, visitez son site web à l'adresse suivante: http://www.steveroach.com/

chronique

C’est connu, un artiste crée au gré de ses humeurs et de ses fantaisies. Et nous, les écouteurs, sommes les témoins auditifs de ces moments parfois intimistes, et parfois collectifs, où l’artiste vie un ou des moments de vie. Et des fois, un artiste va créer un chef d’œuvre suite à un drame personnel. Faisant de nous les écouteurs, les témoins indiscrets d’un drame inconnu. Est-ce correcte? Est-ce correct de s’abreuver les oreilles d’une infinie tendresse ou d’une passion d’un drame personnel et anonyme? Oui! L’artiste tisse ses créations aux travers ses expériences de vie et nous les offre avec toute sa passion et sa dévotion pour son œuvre. Donc l’écouter est l’équivalent d’en être son confident. Son ami obscur et lointain qui mange ses émotions. Sigh of Ages est le festin introspectif de Steve Roach. Réalisé après 10 mois de pensées méditatives matinales et nocturnes, Sigh of Ages est une réflexion personnelle sur la solitude et un soupir du temps, des âges et de l’usure d’une vie. Immobile derrière de lentes envolées d’un synthé sombre et pensif, Quelling Place évolue avec de grands coups d’ailes d’un synthé nomade, épuisé par le poids de son errance. Une lente structure aux lourdes oscillations, Quelling Place flotte avec la grâce d’une solitude nocturne où les soupirs mélancoliques surplombent un synthé aux sombres boucles minimalistes qui tournent et tournent avec la pesanteur d’un rêveur insomniaque. Plus léger et plus joyeux, The View from Here se déroule sur de fines séquences bouclées qui chuchotent et tanguent hypnotiquement autour de lourdes nappes d’un synthé aux lentes modulations. Un superbe titre qui n’est pas sans rappeler le merveilleux univers de Structures from Silence et Quiet Music. Ici, comme partout sur Sigh of Ages, le mouvement est minimaliste et défile doucement dans un univers poétique et lyrique où des fines strates d’un synthé sombres en croisent des plus clairs et vivifiantes. Un superbe morceau qui vous emportera au-delà des rêves. Sentient Breath est un long soupir atonal où de multiples nappes de synthé s’entrecroisent délicatement dans un long murmure sonore. Un murmure nocturne où les pensées mijotent dans une tête remplie de regrets et d’amertume. À tout le moins, c’est ce qui a le plus collé à ma perception. Une longue errance diurne qui se jette dans les lueurs de Morning of Ages et sa grâce naturelle qui jaillit tel un levé de soleil après une lune morose. Le ton est toujours aussi flottant. Des nappes de synthé qui flottent et tournoient délicatement dans une aurore plus vivifiée, pansant les songes d’une nuit d’errance, sur une structure où le silence des anges se fait entendre au travers un synthé radieux et gracieux. Du très bon Roach. Après ses deux morceaux aux antipodes du rythme, Return of the Majestic offre une splendide structure animée de fines séquences qui vrillent et ondulent en boucles parmi de délicates nappes d’un synthé aussi poétique qu’onirique. Des percussions et des effets sonores uniques au monde de Steve Roach s’échappent de cette longue incantation synthétisée, où ce doux tumulte apporte une dimension plus aérée à un album truffé des soupirs des âges et de ses retombées d’amertume. Un superbe titre dont le doux rythme façonne une étrange procession statique aussi envoûtante que sclérosante, jetant un baume sur les douleurs du temps. Longing to Be...conclût ce chef d’œuvre méditatif autour de lourdes nappes de synthés qui s’entortillent lentement sur une structure sombre. Une structure ambiante qui évolue sur de grandes envolées synthétisées, tels de grands oiseaux menaçants qui survolent sinueusement l’intimité des âmes en perdition. Lourd, intrigant et ténébreux, Longing to Be...flotte comme une menace à l’introspection. Comme un monstre de notre garde-robe qui a les clés de notre spiritualité. Après Live at the Grace Cathedral je me demandais jusqu’où Steve Roach pourrait aller dans sa quête de l’introspection. Sigh of Ages n’est pas la réponse, car il est évident que Roach est constamment tiraillé par sa spiritualité et la dualité de ses émotions. Sigh of Ages est assez révélateur à ce sujet. Quoiqu’il en soit, je ne fais pas dans la psychanalyse mais dans les chroniques de MÉ. Et Sigh of Ages est colossal et étonnant de vérité introspective. Un album extrêmement émouvant et saisissant où la musique de Steve Roach pénètre les recoins de notre propre introspection. Un sublime album qui démontre que le synthésiste Américain n’en finit plus de séduire et d’étonner avec une musique sans mouvements, ou presque, mais rempli de sentiments aussi intenses que nos soupirs des âges. Depuis plus de 30 ans que Steve Roach est fidèle à lui-même et construit des merveilles musicales qui se succèdent avec un étonnement sans cesse renouveler. Ainsi, vous ne serez pas surpris si je vous écrivais que Sigh of Ages est un incontournable et un chef d’œuvre en puissance pour amateurs d’ambiant et de rêveries constructives qui rejoint une longue liste d’albums qui ont la signature unique du maître de l’ambiant.

note       Publiée le mardi 2 novembre 2010

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Wotzenknecht › mercredi 3 novembre 2010 - 11:42  message privé !

me réconcilier avec Steve Roach ? Essayons...

gkar02300 › mercredi 3 novembre 2010 - 09:43  message privé !

D'accord avec vous les amis.....indispensable !!!

Note donnée au disque :       
la sagesse du destin › mardi 2 novembre 2010 - 20:48  message privé !

Totalement d'acoord avec toi Phaedream. Un chef d'oeuvre absolu de la musique électronique qui nous trancende.Le meilleur Steve Roach , du moins parmi ceux que je connais. Il est du reste agréable de penser que les chefs d'oeuvre de la musique électronique ne se situent pas seulement dans un lointain passé mais aussi dans le présent et probablement dans le futur.