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Steve Roach › Skeleton Keys

  • 2015 • Projekt PRO00315 • 1 CD digipack

cd • 8 titres • 73:57 min

  • 1The Only Way In 7:15
  • 2The Function Inside the Form 8:23
  • 3It's all Connected 9:28
  • 4Outer Weave 5:12
  • 5Symmetry and Balance 9:35
  • 6Saturday Somewhere 10:50
  • 7Escher's Dream is Dreaming 9:48
  • 8A Subtle Twist of Fate 13:24

line up

Steve Roach(Synthesizers.com modulaire analogue synthétiseur/séquenceur System)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: http://www.projekt.com/store/product/pro00315/

chronique

J'adore ce titre! J'utilise souvent le mouvement du squelette d'un squamate afin d'imager les ballades, les torsades et les mouvements en saccades de certaines figures de rythmes ambiants forgés dans des lignes de séquences aux séduisantes complexités évolutives. Steve Roach ne pouvait choisir un meilleur thème afin d'expliquer en peu de mots la magnificence des hypnotiques mouvements protéiformes de “Skeleton Keys”. Imaginé et conçu dans les fils, entrées et boutons de l'imposante muraille du Synthesizers.com modulaire analogue synthétiseur/séquenceur System, ce dernier album de Steve Roach répond à cette incessante curiosité d'une nouvelle génération d'artistes pour la MÉ analogue. Un peu comme Klaus Schulze et Tangerine Dream l'ont fait dans les années 70, Steve Roach prend le bâton du Pèlerin afin de bien nourrir l'imagination de cette nouvelle relève en construisant un énorme pont entre Empetus et le puissant At The Edge of Everything où les rythmes pulsatoires de “Skeleton Keys” fascinent et attisent constamment la curiosité...des oreilles, comme la démarche du squelette d'un Centipèdes ou encore comme ces bulles d'encre qui étalent leur rayonnement sur un papier buvard.
Et ça débute avec les oscillations de "The Only Way In" où plusieurs mouvements de séquences entrecroisent rythmes et harmonies dans une figure ondulatoire aussi abstraite qu'ambiante. Des cerceaux oscillatoires en ouvrent la porte. Dès lors d'agiles ailes métalliques scintillent et papillonnent sur les légères saccades de séquences basses et de ses discrets reflets. La ligne métallique irradie de ses chants irisés alors que le principal mouvement de rythme stagne dans son approche furtive. La couleur des séquences est aussi séduisante que son approche avec des teintes organiques qui pépient dans un univers électronique qui multiplie ses charmes comme les dessins d'un spirographe. "The Function Inside the Form" offre une structure plus vive, plus saccadée avec une nuée d'oscillations organiques qui croassent comme dans ces structures de rythmes des années Empetus.I pour "It's all Connected" et son approche plus douce où les faibles soubresauts pétillent avec des percussions électroniques sous d'apaisantes larmes de synthé. Des larmes et des brises plus discrètes sur "Outer Weave" qui est plus fluide et bénéficie d'une principale ligne de rythme oscillatoire dont les amples boucles répétitives sont jumelées à des cliquetis de percussions qui tracent l'effet d'une course effrénée, genre On the Run de Pink Floyd, alors qu'une autre ligne de séquences en parallèle fait sautiller des touches aux reflets un brin organique. Construit un peu sur les mêmes bases, "Symmetry and Balance" affiche encore plus de vélocité, on est quasiment dans du funk ambiant électronique, mais avec une approche légèrement différente au niveau du séquençage et avec une utilisation accentuée des percussions.
"Saturday Somewhere" offre une splendide structure de rythme ambiant. C'est un peu comme être envoûté par les évolutions des taches d'un spirographe aux couleurs psychédéliques. Le rythme sautille légèrement avec des ions aux tonalités tant rythmiques qu'organiques qui rayonnent de leurs ombres multicolores sous ces douces caresses d'un synthé et des ses enjôleurs parfums de désert spatial si unique à la poésie vagabonde de Roach. L'approche décalque sa profondeur avec des pulsations sèches qui sonnent comme des percussions basses, amenant la base ambiante de "Saturday Somewhere" vers une hypnotique vigueur insoupçonnée. Je dirais pas que c'est la pierre angulaire de “Skeleton Keys” parce que "Escher's Dream is Dreaming" nous amène dans les territoires de la Berlin School avec une structure minimaliste qui monte et descend, va et vient, avec des doubles des ions qui sautillent dans leurs ombres, un peu comme ces chorégraphies de ballets aquatiques, pour forger une fascinante ritournelle ondulatoire qui s'enfonce entre nos oreilles à mesure que le coup de masse des pulsations basses résonnent. Ici aussi le jeu des percussions, ses nuances, ses subtilités et ses gradations dans les frappes offrent une séduisante profondeur à des séquences dont les tonalités égalent l'envoûtement de ses multiples torsades hypnotiques. "A Subtle Twist of Fate" se nourrit des mêmes charmes des rythmes ambiants oscillatoires mais dans une enveloppe plus éthérée, plus ambiosphérique qui nous ramène aux œuvres ambiantes de la période Dreamtime Return. Ça apporte rien de nouveau à l'album, qui en passant est aussi disponible en vinyle, mais ça explique toutes les possibilités et surtout les nuances d'un album qui fait évoluer ses structures de rythmes comme les squelettes des créatures des déserts.
Ah ce Steve Roach! Il est aussi séduisant que déstabilisant et maintenant surprenant. Aussi incroyable que cela puisse paraitre, il renaît dans cette nouvelle fontaine de jouvence qu'est la renaissance de la MÉ analogue. Il me semble que depuis trois ou quatre ans il est redevenu cet imposant magicien des sons qui imposait le silence, l'attention dès que la première note d'un de ses albums tombait. Et c'est exactement le cas avec “Skeleton Keys”. Dès que les cerceaux de "The Only Way In" se multiplient et se transforment en séquences, nous pénétrons un univers sonique absolument envoûtant où les séquences embrassent des formes et des couleurs qui semblent tellement en conformité avec les innombrables et les insondables possibilité de cet art, que nous nous mettons à rêver et à espérer plus. Et nous sommes convaincu que c'est juste un nouveau portail que Steve Roach vient d'ouvrir.... Connaissant Steve Roach; il est déjà dans les interstices d'autres possibilités.

note       Publiée le mercredi 13 mai 2015

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