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Steve Roach › Fade to Gray

cd | 1 titre | 73:54 min

  • 1 Fade to Gray [ 73:54]

line up

Steve Roach (système analogue modulaire Synthesizers.com, Modulaire Eurorack, Nord Lead 2, Oberheim Xpander, DSI Pro2, Pro 8, Pro 12 et le Soundcraft analog mixing console)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien Bandcamp suivant: https://steveroach.bandcamp.com/album/fade-to-gray

chronique

Et moi qui pensait que l’ami Steve avait atteint ses limites de musique d’ambiances sombres et méditatives avec des monuments d’introspection contemplative tels que This Place to Be et Shadow of Time en 2016! Voilà qu’il termine l’année avec un duo d’albums de musique abstraite où les ombres du silence sont autant intuitives qu’indisciplinés. “Fade to Gray” est un album lourd et sans rythmes. Même pas ces mouvements ondulatoires qui abrogent la musique linéaire et abstraite. Non, aucun rythmes! Peut-être une force ondulatoire qui pourrait aspirer ou éteindre les feux de chandelles, mais sans plus. Tranquillement, la longue vague immersive infiltre nos oreilles pour les 74 prochaines minutes. L’effet de brise creuse amplifie un panorama sonique qui s’apparente à une montée de nuages gris que l’on observe sur le lit d’une montagne. Ces nuages qui se déplacent en silence cachent pourtant une colère sourde qui magnétise les éléments de la couleur gris. On entend ici et là des notes, comme des souffles, disparates errer et se refermer comme des huîtres. Mais pour l’essentiel, “Fade to Gray” est une longue tornade circulaire qui se mue par la force des drones et de leur magnétisme à former une masse compacte où le son se perd dans ses ondes longitudinales. Beau? Comment le son du gris peut-être beau? C’est comme être englouti dans un gros magma de bourdonnements avec la menace d’assourdir notre capacité à extraire une quelque symbiose harmonique d’un amas de pierre flottant. Mais certains diront que c’est la musique idéale pour se plonger dans un état végétatif où l’on se déconnecte de la réalité. C’est le principe des albums précités plus haut, ainsi que de la série Immersion ou, plus récemment, le coffret 4 CD de Bloodmoon Rising qui semble avoir perdu un 5ième CD lors du mastering final. On le retrouve ici. Nous avons toujours le sempiternel débat Lise et moi, ainsi qu’avec mon ami Bernard, à savoir si la musique telle que “Fade to Gray” est réellement de la musique. Si Lise trouve ça monotone, Bernard trouve que Steve Roach a atteint les limites de la musique d’ambiances à la fin des années 80 en faisant référence à Quiet Music. Seule la puissance diffère. Ici, les vagues qui roulent comme un tunnel vers le vide sont d’une puissance à avaler notre aura, à nous aspirer vers la plus profonde des relaxations. Un peu comme si Steve Roach parvenait à nous rejoindre, à effacer le temps. Et c’est selon moi la plus belle qualité de ses musiques d’ambiances qu’il laisse murmurer à travers un corridor de vrombissements qui s’effacent dans une finale où le gris passe de sombre à translucide. Si on aime la musique d’ambiances sombres et méditatives, on louangera cet album aux impies. Sinon on passe à autre chose. Mais une fois dans votre vie, laisser vous transporter par l’univers d’ambiances de Steve Roach. Et vous comprendrez pourquoi qu’une fois que nous avons les oreilles dedans, on ne peut en décoller. Du bon Steve Roach!

note       Publiée le dimanche 19 mars 2017

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