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Steve Roach › Live at SoundQuest Fest

cd • 5 titres • 73:52 min

  • 1Momentum of Desire28:36
  • 2Medicine of the Moment12:06
  • 3Thunderwalkers11:13
  • 4Morphic5:37
  • 5Off Planet Passage16:19

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré en concert le 23 Octobre 2010 au SoundQuest Fest à Tucson Arizona

line up

Steve Roach (Synthé Oberheim, Korg, Clavia et Yamaha, SéquenceursRoland Emu et Doepfer et percussions électroniques Waldrof)

Musiciens additionnels : Byron Metcalf (Percussions et batteries) Dashmesh Khalsa et Brian Parnham (Didgeridoo)

remarques

Pour plus d'info sur Steve Roach et son étonnant monde musical et y entendre des échantillons musicaux, visitez son site web à l'adresse suivante: http://www.steveroach.com/

chronique

Enregistré lors du Festival SoundQuest à Tucson, Arizona, Live at SoundQuest Fest est le 2ième album en concert réalisé par Steve Roach en 2 ans. Après le très calme et serein Live at Grace Cathedral, Live at SoundQuest Fest secoue un peu le pommier des séquences et rythmes transes que Roach abordait sur Destination Beyond et explorer en plus grande profondeur avec Byron Metcalf and Dashmesh Khalsa sur Dream Tracker. On y ajoute les éléments méditatifs bouillonnants d’Immersion 5 et on obtient un savoureux cocktail où les rythmes transes et tribaux de Roach marinent à merveille avec ses envolées synthétisées et les oraisons chamaniques de Dashmesh Khalsa et Brian Parnham.
Des chants de criquets et des ondoyantes ondes de synthé aux fines textures métallisées ouvrent l’intro de Momentum of Desire. D’oblongues couches de synthé s’enlacent et flottent dans un lent maelström où des couches plus perçantes éraflent les structures paradisiaques de cette douce intro chaleureuse. Cette juxtaposition des strates de synthé moulent une ambiance à la fois céleste et dramatique avec ses tendres élans qui aboutissent dans de divines étreintes. Tranquillement la vie prend rythme sous ce ciel aux milles couches enchanteresses d’un synthé hybride. Des fragments de percussions et des pulsations se font entendre au loin. Ils percent cette dense opacité synthétisée et pulsent avec plus de vigueur, apportant à cette intro une agréable saveur tribale. Une saveur qui nous accompagnera tout au long des 20 minutes restantes, car le rythme se dessine et se précise avec des pulsations plus lourdes et des cymbales qui roulent telles des queues de crotales. Lourd, le tempo continue son expansion avec l’ajout de percussions diverses et de pulsations au débit plus accentué qui enrichissent une mise en scène musicale où la multiplicité des couches de synthé étonnent et subjuguent. Vers 12:30 le tempo modifie subtilement son axe. Il devient plus fluide et coule sur des percussions/pulsations aux soubresauts nerveux et une ligne séquentielle aux accords qui sautillent nerveusement dans une faune de percussions unique à l’imagination tribale de Roach. Cette séquence est délicieuse et libère des accords moulés dans une structure de basse aux hoquets glauques qui palpitent sous un ciel toujours bariolé de couches de synthé aux souffles variées. On peut même en entendre hurler. Comme on peut aussi y entendre des chœurs astraux sillonner la vallée des rythmes abscons par une intense opacité synthétisée qui flotte sur des séquences de plus en plus troubles et des percussions/pulsations aussi lourdes que résonnantes. Le synthé/clavier laisse partir des accords et riffs nerveux qui chevrotent dans une immense flore de percussions, pulsations et séquences basses. Tant que nos oreilles peinent à capter toutes ses vibrations et pulsations qui façonnent une rythmique sans dessus/dessous recouverte de faibles souffles des sirènes apocalyptiques. Tout simplement superbe, Momentum of Desire continue sa migration rythmique et ne peut s’éteindre sous le poids des voix angéliques qui finalement oppressent l’ardeur de ce superbe mouvement qui hante encore nos oreilles lors de la transition avec le tribal chant des plaines désertiques qu’est Medicine of the Moment. Des couches de synthé ondoient et flottent dans une sombre ambiance où des implosions synthétisées coulent dans le néant. Des percussions tribales roulent comme des boules de branches dans le désert, initiant les souffles enchanteurs du Didgeridoo. Medicine of the Moment est un étrange dialogue phonique entre le Didgeridoo et des éléments sonores tels sifflets, cymbales indiennes et autres sonorités hétéroclites d’un monde tribal inconnu qui nous conduit vers le plus dynamique Thunderwalkers et ses tam-tams d’un monde perdu (ou Jurassique) qui résonnent parmi les souffles rauques des Didgeridoos.
Si le rythme introductif est lent et envoûtant avec ses tambours tribaux aux frappes hypnotiques, il gagne en intensité avec ses frappes de plus en plus rapprochées qui battent dans une jungle chimérique aux milles sonorités hétéroclites. Thunderwalkers devient une superbe danse chamanique avec ses chœurs en transes qui scandent sèchement parmi dans un sublime tonnerre des dieux claniques. Grisant et hypnotique Thunderwalkers est un titre puissant tant par son rythme qui croisse subtilement que par ses tam-tams qui suivent les battements d’un cœur affolé et qui alimentent une cadence acharnée, confrontant les souffles lugubres des Didgeridoo dans une étrange ambiance phonique. Morphic est un curieux résultat d’un échange de souffles des Didgeridoos de Dashmesh Khalsa et Brian Parnham dans une ambiance sans rythmes mais animée d’une vie cloîtré. Les dialogues dévient tranquillement et imprègnent l’intro d’Off Planet Passage de ces étranges dialectes gutturaux qui se moulent à un environnement plus serein, mais toujours aussi nuancé et ambigu, où de délicates couches d’un synthé solitaire survolent une faune sonore toujours aussi éclectique et mystérieuse. Et c’est dans un paysage musical aux multiples variances hétéroclites que s’écoulent Off Planet Passage où les flûtes isolés rencontrent des serpentins aux mouvements broyés de clochettes et des percussions qui grondent avec la subtilité des feuilles de métal sous de lentes oscillations de synthé. C’est un monde tribal et hétéroclite unique à Steve Roach qui se déguste les oreilles béates et les sens aux aguets.
Présenté dans un superbe digipak avec de belles photos, Live at SoundQuest Fest de Steve Roach est une autre agréable surprise du synthésiste Américain. Je sais que Steve Roach produit des albums en quantité industrielle et que chacun ne peut être superbe, génial ou supérieur au précédent. Mais malgré toutes ces années et son impressionnante collection d’œuvres stigmatisées sur CD, Steve Roach réussit à étonner et produire des albums d’impact qui se démarquent dans sa gargantuesque discographie. Live at SoundQuest Fest est l’un de ceux-là!

note       Publiée le mardi 21 juin 2011

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Gucguck › mercredi 22 juin 2011 - 03:23  message privé !

C'est bien vrai ! Heureusement qu'il a vos chroniques pour nous guider ! :-) C'est grâce à ce site que j'ai découvert Steve Roach d'ailleurs, j'ai commencé avec la réédition de Empetus !

Phaedream › mercredi 22 juin 2011 - 02:00  message privé !
avatar

Bien je vais demander une promo...mais je ne promets rien. Il y a tant à chroniquer dans l'univers de Roach et de la musique électronique:-) Mais ça demeure un univers absolument divin.

Gucguck › mardi 21 juin 2011 - 17:52  message privé !

La chronique me fait envie, surtout les passages sur les didgeridoo et autres tam-tam du jurassique, l'image me plait ! Steve Roach en concert, mine de rien, ça me parait inconcevable ! D'ailleurs, comment se fait-il qu'on ait pas encore vu dans les pages de ce site ses "Mystics Chords & Sacred Spaces" ? À chaque fois que j'en parle, on site dans sa discographie ces albums là.