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Steve Roach › Empetus

cd1 | 9 titres | 44:51 min

  • 1 Arrival [4:20]
  • 2 Seeking [5:34]
  • 3 Conquest [6:07]
  • 4 Empowerment [3:52]
  • 5 Twilight Heat [3:15]
  • 6 Merge [6:23]
  • 7 Urge [6:23]
  • 8 Distance Is Near [2:40]
  • 9 The Memory [5:51]

cd2 | 2 titres | 69:00 min | the early years

  • 1 Harmonia Mundi [45:00]
  • 2 Release [24:00]

line up

Steve Roach (Claviers, synths analogues et numériques, percussions électroniques, séquenceurs et FX)

Musiciens additionnels : Weslie Brown (Voix sur Conquest et Merge) Michael Stearns (The Beam sur Arrival, Conquest et Empowerment)

remarques

Pour plus d'info sur Steve Roach, voir son site au; http://www.steveroach.com

chronique

Styles
electro
musique électronique
musique électronique berlin school
Styles personnels
musique Électronique séquencée

Voici un album parmi les plus puissants et le plus percutants que j’ai entendu dans les sphères de la MÉ. À l’époque, c’était le plus puissant. Empetus est un chef d’œuvre de séquences et de rythmes séquencés. C’est du rythme à tour d’horizon, mis à part pour le très silencieux The Memory où l’on sent les prémices de Structures From Silence, avec une utilisation massive de rythmes séquencés endiablées. Des rythmes fougueux, parfois harmoniques (Seeking), avec des nappes de synthé souvent très éthérées. En gros c’est un voyage au cœur des bêtes analogues où Steve Roach a passé des heures à travailler des mouvements de rythmes et de séquences qui transcendent les univers assez teutoniques du mouvement allemand. Chaque titre propose une enveloppe rythmique unique, à quelques variances près, où campent de belles ballades électroniques nouées dans des nuances harmoniques qui s’imbriquent dans des canevas rythmiques finement interconnectés. Tel est l’unique façon de décrire ce joyau de MÉ où l’analogue est prince et le séquenceur roi. Steve Roach a récupérer les droits sur cette œuvre plus de 20 plus tard et propose donc un coffret de 2 CD avec deux longs titres, dont un hyper syncopé, qui démontre à quel point Steve Roach peut aisément se comparer aux monarques de la MÉ contemporaine. Après un bref moment ambiosphérique, Arrival déploie son chapelet de séquences dont les doubles se succèdent dans une forme rythmique endiablée. D’entrée de jeu, Roach instaure une catégorie de rythme rarement égalé avec des ions furieux qui palpitent comme le cœur d’un sprinter à bout de souffle et sur stéroïdes électronique avec une charge rythmique cajolée par des nappes de synthé aux parfums de métal éthéré. C’est un tourbillon de séquences avec ces fameux pas de deux qui trébuchaient sur Poland de Tangerine Dream. Sauf qu’ici, ils courent à perdre haleine avec un débit nettement plus accentué. Si le tempo est minimalisme, les couches de synthé qui s’entrecroisent tissent une mosaïque planante que des percussions assomment de claquements gutturaux et plonge Arrival dans une tornade rythmique où chaque frappe multiplie son écho par 2 et où la dernière résonne jusqu’à sa finale morphique. Seuls les intros et les finales se nourrissent d’ambiances. Il fallait bien que Steve Roach réveille son monde après le merveilleux, mais combien doux, Structures From Silence. Produit par Michael Stearns, Empetus est un album sauvage où les séquences mordent et tourbillonnent comme dans Seeking et son rythme plus léger construit sur des papillons qui voltigent dans une plaine aride. Conquest est farouche avec un séquenceur rude et des percussions qui martèlent avec force. Le synthé fond ambiances et harmonies à cette férocité séquencée avec de belles nappes flottantes qui regorgent de voix éthérées. Une nuée de chœurs sur des accords frivoles et nerveux ouvrent Empowerment. Le tempo est statique avec des séquences qui s’animent frénétiquement sur des nappes de synthé flottantes. Ce mouvement exploite les deux antipodes, j’entends du Jean Michel Jarre, et ça agace l’ouïe tellement nous sommes en attente d’explosions endiablées. Mais ce genre de coït rythmique inachevé possède ses indéniables charmes. Twilight Heat se démarque de par sa délicate et morphique approche mélodieuse. Le mouvement de séquences agite une ligne qui va et vient et tourne en rond dans les caresses d’un synthé toujours près des territoires ambiants de Steve Roach. C’est un titre très mélodieux qui aurait pu se retrouver sur Now/Traveller tout comme Merge et son mouvement carillonné qui danse et danse et où la même frappe se répercute en un long serpentin minimalisme entrecoupé de siffles et de chœurs qui semblent en manque d’Oxygène. Le son est vraiment vintage mais ça demeure encore très bon. Nous sommes dans une phase où les séquences revêtent des airs aussi angéliques qu’harmoniques. Urge apporte une séquence à la Merge dans un rythme du genre ascensionnel qui grimpe et grimpe avec un très bon jeu de percussions qui étonne, autant pour l’effet que l’idée, et dont les frappes résonnent comme des pas lourds. Courte mais dévastatrice, la séquence de Distance is Near ramasse tout ce qui traîne (percussions, carillons, strates et chœurs) pour offrir un tourbillon d’une violence que Roach n’avait pas encore atteint sur Empetus. Un morceau démentiel. The Memory nous transporte ailleurs et avec douceur. C’est un titre ambiant qui flotte de ses belles nappes éthérées avec de fines et subtiles modulations ambiantes. Un prélude à Quiet Music, édité quelques mois plus tard. Cette nouvelle édition du label Projekt vient avec un 2ième CD qui contient deux très longs titres dont le furieux et très hypnotique Harmonia Mundi où l’on jurerait que notre esprit suit les cercles d’un immense kaléidoscope aux tracés enflammés. Le rythme, si l’on peut dire ainsi, reste statique et linéaire tout au long de ses 45 minutes. Il est comme un gros serpent courant après une proie dans des montagnes escarpées avec de fines modulations dans ses oscillations et où de délicates nappes de synthé refusent toutes approches harmoniques, et ce même si parfois ils tissent des murmures tribaux ou des chants de flûtes essoufflés. Les touches de séquences sautent avec violence, entraînant parfois leurs ombres dans un tumulte statique qui est par endroits fouetté par des coups de percussions assez bien éparpillés. Ces 45 minutes d’un rythme syncopé passent plutôt assez vite (oui oui), car si Roach a le don de bien doser ses subtiles modulations il a aussi cette unique façon de jeter ici et là d’étranges allégories soniques qui adoucissent la plus pire de ses intempéries rythmiques. À date, je n’ai jamais entendu un rythme électronique aussi violent que celui de Harmonia Mundi. Après cette violent tempête d’ions sauteurs, Release calme un peu les ambiances avec un délicat rythme qui cahote harmonieusement dans une structure aussi harmonique que rythmique. Une ligne de séquences basses pulse laconiquement alors qu’une autre fait papillonner ses ions fureteurs et une autre fait vagabonder des ions qui éclatent de leurs scintillantes harmonies dans les vents de délicieux solos de synthé. Nous sommes dans des territoires de la Berlin School alors que tout doucement Release adopte les courbes démentielles des rythmes séquencés indomptables de Empetus. J’entends Klaus Schulze dans sa période Totem. Empetus est une leçon de séquenceurs et de rythmes infernaux. Steve Roach multiplie la preuve par 10 que la MÉ n’est pas seulement une histoire de musique d’ambiances ou encore de rythmes flottants. Mise à part quelques passages tranquilles, nécessaires j’imagine afin de donner un peu de répit aux oreilles et à celles des autres, Empetus décortique l’art des mouvements séquencés dans sa plus intime forme. Les séquences y dansent, assez férocement par endroits, en solitaires comme en troupeaux, furieux d’être si nombreuses d’où les orages rythmiques qui dominent de superbes mélodies uniques à l’univers de Steve Roach. Remarquable, recommandable et nécessaire!

note       Publiée le vendredi 6 avril 2007

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Walter Smoke › dimanche 14 septembre 2014 - 13:10  message privé !

Avec Structures from Silence, Roach avait réussi à montrer qu'il était un nouveau géant de la Mé. Avec Empetus, la seule chose à dire, c'est qu'il transforme l'essai. Les séquences déployées ici sont superbes, les sons ne le sont pas mois... la ressemblance est flagrante avec la Berlin School tout comme, et ça peut suprendre, avec Vangelis, mais Empetus est loin de la copie, et ça fait vraiment plaiz'.

Note donnée au disque :       
Phaedream › jeudi 17 juillet 2014 - 23:10  message privé !
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Réécouté encore...Ouf! Toute une claque!

snooky › mardi 8 septembre 2009 - 18:38  message privé !

Au fond, je me demande si j'ai pas eu la dent un peu "dure" en ce qui concerne cet album.Parce qu'après plusieurs écoutes, l'impression de superficialité et de linéarité semble disparaître, ou du moins s'estomper quelque peu.Mais pour le reste, je ne change pas d'avis.Et si "Twilight Heat" ne passe toujours pas,"Distance is Near"(trop court à mon goût) est vraiment sublime.Il y a que les imbéciles qui changent pas d'avis...

Note donnée au disque :       
snooky › mercredi 26 août 2009 - 19:51  message privé !

Après avoir écouté cet album, je suis bien loin de partager l'enthousiasme de Phaedream ou de Gkar.Certes, Empetus est loin d'être un mauvais disque, loin s'en faut.Constitué en majeure parties de morceaux(relativement) courts et très rythmés( séquencés), on alterne le bon( The Arrival, Conquest,Distance is Near, Urge) au franchement moyen(Empowerment ou Merge).J'irais même jusqu'à dire que Twilight Heat est très mauvais.En fait, ce qui me gêne tout au long de l'écoute, c'est la superficialité de l'ensemble, cette extrême linéarité qui anime ce disque( on dirait du JMJ c'est dire) comme si S.Roach en sortant de ses sentiers battus( longues fresques flottantes et profondes)s'était mis mal à l'aise et fourvoyé dans un style qui n'est pas le sien pour aboutir sur une oeuvre un peu contre nature, compulsive. Comme pour se rassurer.Et s'il y avait une seule analogie avec KS, on la retrouverait dans l'intro de Urge qui n'est pas sans évoquer l'intro de "Crystal Lake"(Mirage).Et pour moi,la comparaison s'arrête LA.En résumé, un bon disque de Roach, mais loin d'être mon préféré...

Note donnée au disque :       
Uhu › vendredi 11 janvier 2008 - 00:02  message privé !
Décidément, la Mé c'est pas ma came...j'ai du mal avec le son trop kitsch des synthés...