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Indra › Bagalamukhi

cd • 4 titres • 79:54 min

  • 11 Stardust 26:12
  • 22 Birth of the Earth 22:40
  • 33 Odyssey 21:51
  • 44 La Belle Epoque 9:10

line up

Indra: Virus Classic & KC, Korg Wavestation, Kurzweil K2000-SVX, VSTi: Albino 3, Blue, Discovery, Absynth 3, Moog Modular 2, Kontakt 2 & FX

remarques

Pour entendre des échantillons sonores et en savoir plus sur l’artiste, visitez son site web au http://www.indramusic.ro/

chronique

Bagalamukhi, ou Bagala, est l’une des déesses de la sagesse. Elle écrase les fausses idées ou les délires de ses ennemis avec son bâton, tout en ayant le pouvoir de capturer et de contrôler avec la seule force de son visage. C’est aussi le 8ième opus de la série Trantic Celebration d’Indra. Un album à l’image de la déesse où les nombreuses structures rythmiques impromptues caressent de douces mélodies mielleuses et rêveuses dans un délire musical aussi intense que complexe. Un autre superbe album du synthésiste Roumain qui nous amène à portée de bâton de Bagalamukhi avec 4 titres aux dénouements pas toujours facile à suivre où la poésie du Berlin School se mélange à la contemporanéité de l’art musical Allemand et l’intrépidité créatrice d’un Indra au sommet de son art. Un Indra audacieux qui offre des structures rythmiques et des harmonies qui se subdivisent et se fractionnent dans un délice musicale à la fois poétique, onirique, lyrique et anarchique. De quoi agité le bâton de Bagala.
Stardust est un autre petit bijou qu’Indra nous sert à bout de doigts. Un superbe titre aussi poétique qu’onirique qui initie cette 8ième ode spirituelle avec un doux vent chaleureux soufflant sur de fines séquences aux sonorités de tablas, initiant un rythme agréablement flou, bouleversé par de brefs intercales sonores aux résonnances métallisées. Ces séquences tambourinent délicatement, dessinant une douce quiétude cosmique que des accords de claviers arrosent d’une fine pluie musicale nostalgique. Au-delà de cette tendresse cosmique, Stardust évolue en rythme avec une ligne séquentielle de trois coups de percussions rapides qui hypnotisent le tempo, alors qu’une danse des cymbales accompagne une batterie aux pulsations lourdes et donc le débit accélère discrètement le rythme un peu plus fluide de Stardust. Cette subtile évolution cadencée dirige ce petit chef-d’œuvre vers de délicieuses strates mellotronnées qui aspirent et étouffent finement le rythme, déviant Stardust vers un atonal abysse synthétisé. Pendant quelques minutes cette étonnante danse onirique et sensuelle est suspendue dans le temps et enveloppée de strates à peine vivantes qui s’enroulent dans un lourd vortex musical métallisé d’où s’échapperont les tendres et chaleureuses séquences tambourinées, ré initiant cette lascive danse cosmique et spirituelle qui n’a d’égal que l’approche très ésotérique d’Indra. Divisé en deux structures rythmiques très à l’opposé, Birth of the Earth débute par des sonorités éclectiques qui suivent l’évolution d’un lent magma synthétisé. Une séquence cahoteuse et incertaine en ressort, traçant un rythme à ascension hésitante. Nerveuses, les séquences sautillent de partout pour finalement mouler un tempo qui ondule en cascade, tel un serpentin sonore ourlant une cadence qui devient de plus en plus uniforme. Vers la 10ième minute, des percussions ajoutent plus de relief au rythme de Birth of the Earth. La fusion batterie électronique et séquences sautillantes aux eurythmies limpides moule une cadence spasmodique survolée de stries synthétisées, tels des spectres aux ailes de métal veillant sur un rythme décousu qui s’apaise vers la 14ième minute. Pour une brève période, nous pénétrons un univers ambiant où des strates aux lamentations hybrides ondoient dans un lent plasma synthétisé. Un passage sonore de deux minutes afin de préparer une autre structure rythmique, plus chaleureuse, dont les séquences ondulent sous un doux mellotron flûté avant d’éclater dans un monde sonore tonitruant, inconséquent et anarchique qui se démène sous l’ombre des souffles mellotronnés.
Autre structure musicale multidirectionnelle qui se fractionne en 4 temps, Odyssey enivre nos oreilles avec une sublime introduction rythmique. Une frénétique pulsation qui bat à une vitesse démesurée sur une chaleureuse ligne de basse ouvre Odyssey. Des tam-tams lorgnent attentivement cette arythmie, sur dimensionnant l’approche nerveuse sur une séquence qui ourle et permute le rythme en se subdivisant sous d’étranges incantations lugubres et un splendide synthé flûté qui n’est pas sans rappeler Edgar Froese et Drunken Mozart in the Desert. Le tempo ne cesse de permuter, agrémenté d’un synthé aux boucles échotiques et aux lignes harmonieuses, sous une nuée de pulsations frénétiques avant de percuter un mur du silence. Un monde ambiant où la tranquillité souffle ses airs métallisés, un peu comme dans une mer d’éther, avant de reprendre un rythme qui ondule de ses cascades frénétiques, comme un défibrillateur en surcharge, sous un ciel couvert de strates nuancées et mélancoliques qui soufflent sous un infernal tempo chaotique. Une cadence fiévreuse et nerveuse qui s’assagit pour renaître de ses mesures anarchiques, respectant les lignes de cette étrange odyssée où le rythme se déchire avec la sérénité. Avec toute cette effervescence sonore, il fallait bien qu’un répit vienne adoucir nos oreilles, et c’est avec La Belle Époque que vient cet élixir de tranquillité. Un beau titre qui, après une intro tout de même abyssale, instaure un doux climat onirique avec une superbe approche mélodieuse avec un beau synthé mellotronné qui souffle tendrement parmi des arpèges carillonnées et une tendre séquence qui coule comme un beau rêve paisible. Tout doucement le rythme s’anime un peu, jetant une couverte de sensualité sur une cadence qui accompagne les étoiles et l’innocence du rêve chérubin, sous les affres des tonnerres intimidants, un peu comme si Indra refuserait de laisser le calme régner sur le territoire de Bagalamukhi, un des beaux albums offert par Indra dans cette audacieuse série qu’est Trantic Celebration.

note       Publiée le jeudi 15 juillet 2010

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