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Indra › Archives-Ruby One

cd • 14 titres • 69:35 min

  • 1Self Game 4:19
  • 2Ascending 5:33
  • 3Land of Peace 4:01
  • 4Centre 3:50
  • 5Dance of the Fairies 5:44
  • 6Weeping Spirits 3:34
  • 7Angel Day 4:02
  • 8Dawn 4:22
  • 9Eleodor 3:57
  • 10Mecca 6:21
  • 11Ever Point 4:57
  • 12Late in the Night 8:05
  • 13The Calling 5:41
  • 14The Way In 5:04

enregistrement

Enregistrements récupérés, difficilement, dans les voûtes d'Indra. Compositions qui datent des années 93 et 94

line up

Indra (Claviers, synthés, arrangements et effets)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://indra-music.bandcamp.com/album/archives-series-cd1-ruby-one-2015

chronique

Un artiste étonnement prolifique, Indra est le Klaus Schulze de la Roumanie. De 1993 à 2010, il balance près de 40 albums pour le plaisir de nos oreilles. Et dans le lot, il y en a plusieurs qui sont très solides. J'ai découvert ce fascinant artiste en 2005 avec le très beau Echo in Time que j'avais chroniqué quelque 6 mois plus tard. Depuis ce fut un coup de foudre pour mes oreilles! Sa musique, hautement inspirée par le modèle Klaus Schulze, était composé de très longues structures minimalistes dont les charmes résidaient dans des subtiles évolutions qui se remarquaient bien après leurs apparitions, tant l'envoûtement était au rendez-vous. De purement Berlin School, la musique du créatif synthésiste roumain prenait une tangente nettement plus spirituelle Hindoue à mesure qu'Indra estampillait sa griffe dans l'univers de la MÉ. Sa série Tantric Celebration, de même que les superbes The Call of Shiva Volume 1 et 2, détournait la musique d'Indra vers l'envoûtement de la spiritualité Hindoue. Sauf que l'artiste était aussi capable de faire la juste part des chose en retournant à la base et en offrant de très bons albums d'une MÉ plus Berliner, comme The Challenge, The Pyramid Concert et plus récemment Thunderbolt-Live at the Black Sea. Indra était devenu un peu plus silencieux, moins créatif je dirais, depuis 2010. Le synthésiste de la Roumanie rééditait peu à peu son catalogue en dépoussiérant de vieux albums des années 93-94. Je me souviens de lui avoir parlé à cette époque et il disait qu'il avait un énorme éventail de musique cachée et perdue dans ses innombrables séances de composition ou d'enregistrements. Il avait aussi des albums complets sur cassettes avec une qualité d'enregistrement très inférieur à la qualité numérique. Ses fans, dont moi, lui demandions si un jour nous aurions le privilège d'entendre tout de l'univers Indra. Ce jour est arrivé avec la série Archives. Répertoriée en 25 albums qui sont divisés en 5 catégories, Archives est l'équivalent, ni plus ni moins, de cette titanesque aventure sonique de Klaus Schulze avec son Ultimate Edition. Ce coffret d'une valeur inestimable pour les fans d'Indra suit un ordre chronologique et couvre les périodes 1993 à 2015 avec un nouvel album qui sortira à chaque semaine à partir du printemps 2015. La série Ruby nous entraîne dans l'univers le plus ancien d'Indra en couvrant les années 94 à 98, avec des titres plus contemporains que l'on retrouve dans Ruby Four et Ruby Five. Les albums visés par “Ruby One” sont Self Game et Magic Collection, réalisés en 1994, de même que The Way Out et Tales from Arabia, réalisés en 1995. On avait eu un avant-gout de ce garde-manger sonique avec Interactive Play (The Essential) Vol. I et Vol. II, parus en 2011, où Indra était parvenu à remixer des vieux titres en leur donnant une sonorité qui répondait aux standards de l'industrie. Et c'est important de faire cette mise au point, car Ruby One et Ruby Two (les seuls que j'ai entendu à date) sonnent comme ces vieux enregistrements que nous faisions sur cassette dans les années 70. Et Indra avait averti son public de cette possibilité. Mais la demande étant forte, le sympathique synthésiste roumain a fini par céder et nous offre finalement cette musique que ses fans attendaient avec impatience.
C'est dans les très vieilles voûtes d'Indra que "Self Game" nous amènes. L'introduction est pompeuse à souhait avec une tempête des mouvements staccatos qui déchirent le silence avec éclat. Oui le son est vieillot, mais la signature Indra est très présente avec des orchestrations vives où se cache un mouvement de séquences saccadées qui étire un débit spasmodique. Le ton des séquences est hybride, comme l'est souvent l'univers Indra, et les coups secs bondissent avec la complicité de percussions, autre élément qui ajoute à la profondeur des rythmes d'Indra, alors que les synthés tissent des nappes de voix qui flottent avec la violence des orchestrations. Et comme souvent, le rythme est aussi entraînant, je dirais violent ici, qu'assez mélodieux. Ça sonne vieux. Très vieux! On entend des hiss un peu partout et ça me fait penser aux cassettes de Baffo Banfi et d'Earthstar, mais l'essence Indra est déjà reconnaissable entre mille. "Ascending" vient sans doute de la même époque avec des arrangements qui sont plus fluides. Des orchestrations d'un genre cinématographique Arabique qui englobent la vélocité des séquences, que l'on devine à peine ici, mais pas des percussions qui matraquent un rythme nettement plus lent que les envolées orchestrales. La délicatesse d'Indra, son côté romanesque, a souvent nuancé ses approches pour le moins violentes ou encore minimalistes éthérées. Des perles de tendresse nichent ici. Comme la très belle berceuse lunaire qu'est "Land of Peace" où les étoiles scintillent parmi les gémissements du cosmos. "Angel Day" est une autre belle berceuse pour âmes à la dérive avec des séquences qui chantent autant qu'elles pleurent. C'est émouvant et le nuage de hiss fini par disparaître dans la tendresse du titre qui assume ses parfums de Vangelis. "Dawn" va nous lever le poil du dos avec une superbe flûte cosmique qui a sans doute charmer les lutins du Moyen Âge ou à tout le moins alimenté leurs fantaisies. Idem pour "Eleodor" qui est par contre un peu plus ambiant que mélodieux. On dirait que l'eau qui suinte pleure avec ces nappes de voix séraphiques. "Centre" est plus un titre d'ambiances avec des effets électroniques qui alimentent des chants de flûtes alors que l'introduction soufflée d'ambiances de "Dance of the Fairies" amène vers un fascinant mouvement de danse paysanne des années du Moyen Age; Un parfum qui repose délicatement sur plusieurs des titres ici. Le mouvement devient bondissant, vrombissant même avec des pulsations sourdes mais lourdes qui palpitent avec trop de force dans de belles lignes de synthé porteuses d'élixir de sommeil. Le son est immensément riche, trop même pour les possibilités d'enregistrement de l'époque. C'est définitivement un titre que j'aimerais bien qu'Indra reprenne, rejoue un de ces 4! "Weeping Spirits" est un titre ambiant nourri de longs drones, de longs woosh et de couches de synthé aux couleurs ocrées où tonne un maillage de percussions et de pulsations saccadées. "Mecca" est un autre titre ambiant à saveur spirituelle cette fois-ci avec des effets de guitares qui grattent un rythme tribal Hindoue supportée par des percussions manuelles et des larmes de violons. Le son est difficile à discerner ici, mais on découvre le nid de l'univers Indra. "Ever Point" est autre titre ambiant avec de lourdes nappes d'orgues qui créent un environnement genre Fantôme de l'Opéra. Des percussions secouent un peu les ambiances, amenant l'approche cathédralesque vers ces structures de rythmes minimalistes ambiants d'Indra. Après une intro ambiante, où des accords de guitares gitanes errent dans des bancs de brume patibulaire, "Late in the Night" se tourne vers un rythme délicatement sautillant. Les pulsations vrombissent et les cliquetis dansent alors qu'Indra balance cette structure minimaliste où des percussions changent quelque peu une vélocité stationnaire nourrie par des parfums d'Arabie. "The Calling" est un peu dans le même genre alors que "The Way In" est plus dans le genre ambiant très Schulzien avec des nappes d'orgues, de voix et des percussions qui tonnent et roulent dans une finale qui refuse de se départir de son manteau d'ambiances.
Essentiellement pour les fans d'Indra, “Ruby One” est une compilation de titres récupérés dans des enregistrements qui subissent l'usure, et du temps et de l'avancée technologique en matière d'enregistrement. La musique y est charmante, parfois même très belle. Seule la limitation des sources d'enregistrement de l'époque empêche nos oreilles de la déguster sans avoir des frissons de d'agacement dans les tympans. Mais peu importe, la machine est en marche et j'attends cette série Archives avec la plus grande impatience car Indra est synonyme de très belle musique ambiante, méditative ou séquencée à faire rouler les têtes. La preuve est ici et j'attaque Ruby Two sans autres délais!

note       Publiée le mercredi 9 décembre 2015

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