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Indra › Colosseum

3 titres - 56:53 min

  • 1 Passion Around (15:30)
  • 2 Colosseum (30:25)
  • 3 Deus Magnificent-Bonus Track (20:58)

line up

Indra : Keyboards, synthétiseur, percussions & FX

remarques

chronique

Styles
electro
Styles personnels
musique Électronique berlin school

Réalisé en 1994, Colosseum est le 9ième titre dans l’imposante discographie d’Indra. Il est réédité pour le plus grand plaisir des nombreux, comme des nouveaux, fans. Et c’est une décision éclairée, car il vaut amplement le détour. On peut suivre l’étonnante progression de cet artiste fortement influencé par la période de la MÉ, style Berlin School. Et, comme ses influences, Colosseum baigne dans une atmosphère très Berlin School où les rythmes se développent lentement avec magnétisme. Sur un vent léger, un synthé aux sonorités indéfinies, comme une flûte à bec avec sourdine, passe en souffle de vent. Une belle ligne basse, nappée de chœurs éthérés s’accroche à ce fin mouvement, teinté de sensibilité et de nostalgie. Lent, envoûtant et sensuel ce doux ballet cosmique progresse parmi des accords aux sonorités de harpes, de guitares, enveloppé par un synthé mellotronné, aux discrets effets de violoncelle et de chœurs de plus en plus profonds, avant de s’égarer vers un mouvement plus atmosphérique. Doux dérapage aux effets sonores nébuleux, Passion Around reprend sa croisière éthérée, avec cette même ligne sensuelle et cette même flûte imbibées d’effets arabesques. Les premières notes de Colosseum tourbillonnent sur leurs échos, modulant une courte mélodie aux allures d’une berceuse. Une ligne séquentielle basse et ondulante installe un mouvement minimalisme. Les percussions martèlent un mouvement hypnotique qui modifie subtilement ses variations lorsqu’il croise des séquences linéaires d’harpe ou d’agiles spirales synthétiques, truffés de chœurs et d’arrangements orchestraux denses, qui se promènent comme des serpentins égarés. Indra développe une structure sonore d’une richesse étonnante où se croisent des boucles séquentielles, des strates synthétiques pesantes et des percussions bigarrées, comme des courtes secousses métalliques. Cette procession s’enrichi de nouvelles notes et intonations orchestrales tout au long de sa progression jusqu’en mi-parcours où le mouvement minimalisme se perd sur les ondes d’un piano égaré qui semble nostalgique. Le mouvement dévie sur un côté atmosphérique où les percussions se rebellent et secouent un rythme qui reprend son souffle séquentiel. Le tempo devient désordonné et suit cette fine séquence sous une nuée d’accords qui croisent les cordes délirantes de violons décordés et totalement déroutés. Une symbiose des plus discordantes dans un univers sonore qui frôle une douce folie démesurée, mais tout à fait calculé. Deus Magnificent se love sur un synthé lascif et de fines percussions sur un fond synthétique mouvant. On croirait assister à une danse arabesque, tant les mouvements sont gracieux et envoûtants. Autant les synthés sont harmonieux et orchestraux, autant les percussions gravitent et forment une cadence sinueuse qui épouse des impulsions sensuelles. Le charme de Deus Magnificent réside dans le jeu des percussions qui animent un rythme flottant. Elles respirent, dansent et insufflent de courts mouvements harmonieux qui prennent plus d’ampleur sur une belle ligne basse ondulante sur effets sonores cosmiques analogiques et des petits tintements de cloches. C’est un beau moment doux où une superbe mélodie se promène avec tendresse. Empreinte d’une nostalgie à découper au couteau, comme un vieil homme qui a tant de douleur à conter. Décidément Indra semble intarissable. Depuis 1993, le synthésiste Roumain a produit 31 titres, dont plusieurs petits bijoux. Colosseum est un habile mélange de nostalgie et de tendresse sur quelques dérapages structurels où Indra démontre une douce folie dans ses arrangements et élaborations. La pièce éponyme démontre que le synthésiste Roumain ne se vautre pas dans la facilité. C’est un titre audacieux qui démontre le goût du risque, le goût de dépasser les simples balises conventionnelles.
Je me demande si effectivement, la Roumanie ne cachait pas un génie, comme l’Allemagne en a produit quelques uns.

note       Publiée le dimanche 26 novembre 2006

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