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Indra › Dhumavati

cd • 4 titres • 79:27 min

  • 11 Conjure Me 21:00
  • 22 The Other World 15:10
  • 33 Renaissance 20:42
  • 44 Sacred Quest 22:37

line up

Indra: Virus Classic & KC, Korg Wavestation, Kurzweil K2000-SVX, VSTi: Albino 3, Blue, Discovery, Absynth 3, Moog Modular 2, Kontakt 2 & FX

remarques

Pour entendre des échantillons sonores et en savoir plus sur l’artiste, visitez son site web au http://www.indramusic.ro/

chronique

Avec Chinnamasta (le Vol. VI de la série Tantric Celebration) Indra transcendait les limites de la Berlin School avec une approche plus poétique et romantique du monde spirituel très intimiste au synthésiste Roumain. Une Berlin School nuancée par des rythmes hybrides et exotiques qui flottaient dans un monde astral, si finement rodé par de superbes strates soyeuses qui s’entortillaient lascivement sous des rythmes à la fois cosmiques et tempérés. Dhumavati, la grande puissance cosmique de la vacuité, poursuit cette tendre escapade céleste où les délicats rythmes d’Indra se moulent à des synthés aux milles formes sonores, tant lyricales et poétiques, que rythmiques et cosmiques et qui prend racine au fond de notre intimité.
Conjure Me débute cette quête spirituelle avec des percussions hétéroclites qui papillonnent dans un univers sonore en suspension. Un monde musical qui sort d’une immersion cosmique, soutenue par cette séquence percussionnée qui agite ses pulsations métallisées. De délicats arpèges scintillent dans ce tourbillon rythmique abstrait, dont le courroux d’une basse se fait discret, mais tendrement efficace. Envoutant, Conjure Me se couvre d’un étrange rythme statique qui cahote doucement dans un univers sonore strié de douces strates mélodieuses, parfois tranchantes mais toujours enveloppantes, moulant une étrange danse astrale. Avec The Other World, nous passons littéralement dans un autre monde. Un monde sonore teinté de lourdes réverbérations qui s’entremêlent à des strates synthétisées finement mélodieuses qui épousent les sonorités de flûtes du Moyen-Orient. La musicalité se façonne à partir des résonnances qui se collent l’une à l’autre, créant un étrange mur sonore dont s’échappent les lignes hésitantes d’un synthé aux boucles nerveuses. De douces pulsations repositionnent la cadence avec une approche rythmique un peu plus fluide, mais très envoûtante, enrobé de lourdes strates ondoyantes et d’orchestrations larmoyantes qui déchirent autant l’âme que l’écoute. Cette séduisante sinuosité musicale est absorbée par le ressac de l’intro qui dégage une rythmique plus ferme dans un univers synthétisé stationnaire où les sonorités d’ailes de libellules foisonnent autour d’arpèges cristallins solitaires sur un tempo langoureusement subjuguant. Un très beau titre, intense et arrache-cœur que je repasse en boucles y trouvant toujours une excuse pour le faire jouer à nouveau et qui suit les traces du superbe et épique Link To The Hidden Blue de Chinnamasta.
Après une intro tribale éthérée, Renaissance épouse les rythmes claniques du Moyen-Orient avec de belles percussions Hindoues dont les frappes dispersent la candeur d’un synthé aux lignes hésitantes. Un doux mellotron vocable y laisse filtrer ses chœurs chimériques, dans une ambiance de kermesse spirituelle que seul Indra arrive à rendre avec justesse. Un long titre qui tranquillement épuise ses ressources rythmiques pour plonger dans un aven empli de spectres aux voix soporifiques, induisant à la tranquillité personnelle, dont la quête spirituelle reprend graduellement sa structure cadencée, nourrie de souffles célestes. Sacred Quest est une longue tirade immobile, comme le vent aride du désert dont les souffles agitent les carillons de la tranquillité. Des voix, des souffles, des grelots et une lente procession nomadique composent cette lente litanie qui connait des moments intenses. Une intensité cosmique, sans rythmes ni séquences, qui se perd dans les pensées druidismes.
Aussi beau et tendre, peut-être même plus poétique, que Chinnamasta, Dhumavati est une douce ode à la sérénité spirituelle. Indra mélange savamment ses doux rythmes transcendantaux à des moments de pur recueillement qui ne sont pas sans déplaire, quoique totalement dénué de rythmes. Je pense notamment au passage ambiant de Renaissance, qui n’en demeure pas moins savoureux, et au long passage atonal qu’est Sacred Quest, qui a le mérite de paraître ‘’musical’’. En fait, je reste toujours étonné par la prolificité d’Indra qui pond ses œuvres à la vitesse de l’éclair, mais qui fignole chacune d’entre elle d’une étampe tellement personnelle. Un peu comme si le synthésiste Roumain était devenu notre ami intime….

note       Publiée le mardi 22 décembre 2009

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