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Indra › Matangi

cd | 3 titres | 78:32 min

  • 1 The Sound of Magic [ 26:47]
  • 2 Wonder Spell [ 28:24]
  • 3 Aqua Fortis [ 23:21]

line up

Indra (Virus Classic & KC, Korg Wavestation, Kurzweil K2000-SVX, VSTi: Albino 3, Blue, Discovery, Absynth 3, Moog Modular 2, Kontakt 2 & FX)

remarques

Pour entendre des échantillons sonores et en savoir plus sur l’artiste, visitez son site web au http://www.indramusic.ro/

chronique

Matangi est la 9ième Grande Puissance Cosmique de la tradition tantrique hindoue. Elle est la Déesse de la réflexion intérieure. C’est aussi le 9ième album de la série Tantric Celebration qu’Indra entreprenait en 2006. Une série que le synthésiste Roumain n’a point touchée depuis plus de 18 mois et qui pourtant n’a rien perdu de son fil conducteur avec un très bel album où la sérénité d’Indra se transpose toujours sur de fines structures minimalistes électroniques dignes des bons Berlin School éthérés. Suivant les préceptes de son concept, Matangi est un album méditatif où les rythmes doux progressent lentement avec de fines séquences cristallines qui virevoltent dans des brumes et des vocales angéliques. L’album est composé de 3 titres, dont un seul majoritairement ambiant, où les rythmes uniques à la signature d’Indra sont caressés par des synthés dont les souffles harmoniques deviennent de plus en plus imbibés du romantisme de Vangelis. Imprégné de mysticisme et érigé sur des rythmes et ambiances aux fines permutations séraphiques, "The Sound of Magic" amorce son odyssée cérébrale avec des touches de synthé cristallins qui tournoient et façonnent une envoûtante mélodie onirique. Ces accords se subdivisent et éparpillent leurs harmonies qui s’agrippent, de concert avec les chœurs éthérés, à de fins serpents carillonnés, épousant des formes séquencées qui s’entrecroisent dans un beau dédale harmonique sur un rythme léger, mélodique et lyrique. Mélangeant les tonalités et jouant sur les nuances harmonieuses, Indra tisse un jardin de sérénité méditative où la quiétude des psaumes et l’harmonie des séquences scintillantes devient troublé par une ligne moulée dans une sonorité de basse qui perce le dandinement des touches de synthé pour onduler sinueusement vers la 2ième phase de "The Sound of Magic". Cette ligne séquentielle solitaire effectue des vrilles, secouant ses accords résonnant qui hoquètent d’un rythme sautillant et saccadé. Un rythme fluide qui serpente sous des souffles ocrés, ramenant des débris d’accords scintillants qui rayonnent au-dessus de cet immense serpent stroboscopique désarticulé dont la course se termine dans les territoires ambiants de "The Sound of Magic". Nous sommes à la 13ième minute et les souffles de synthé aux sonorités Vangelesques noircissent les rayonnements d’un ruisseau scintillant. C’est un court passage ambiant où les ondes de synthé qui flottent parmi les soupirs ocrés tissent de belles bribes harmoniques, guidant "The Sound of Magic" vers sa 4ième et dernière phase. Sa phase la plus harmonieuse. Un peu après la 17ième minute, une approche séquencée étale ses accords qui se dandinent soporifiquement sous un cerceau carillonné et ces soupirs ocrés qui tapissent les abysses spirituels de "The Sound of Magic". Une savoureuse danse intemporelle s’ensuit où ces accords unissent leurs rythmes alternatifs et leurs harmonies morphiques, dessinant une fine spirale qui tournoie délicatement dans des vapeurs oniriques. "Wonder Spell" est le titre le plus atmosphérique sur Matangi. Des chants de sirènes irradient au dessus d’une longue intro nourrie d’oblongues réverbérations échoïques. L’ambiance est surréelle avec ces lourdes tonalités de machineries industrielles qui respirent sous des couches de synthé ondoyantes qui valsent dans une grotte où les cristaux suintent d’une transpiration glauque. Étrange et biscornue, cette lourde phase issue des abîmes terrestres se noie dans l’intensité des chœurs létaux, conduisant "Wonder Spell" vers un passage plus éthéré où des couches de synthé iridescentes flottent pour valser d’une délicatesse morphique. Tout en contraste, ce mouvement est d’une quiétude astrale. Les brises des synthés font danser des arpèges miroitants et énergisent les voix des sirènes qui psalmodient et rayonnent d’une sérénité angélique avec des vocalises suaves et aiguës qui sillonnent cette mer de sérénité méditative. Une tranquillité bousculée par des percussions qui émergent des psalmodies paradisiaques. Nous sommes à la 18ième minute et les percussions galopent d’une frénésie retenue, mais tangible, avec une ligne d’accords aux ondulations stroboscopiques qui moulent une mélodie séquentielle tournant en boucle sur un bouillonnant rythme circulaire. Des cerceaux aux tonalités saccadés et des percussions aux tonalités d’enclume appuient cette structure rythmique aussi sauvage que mélodieuse qui hoquète d’une frénésie effrénée pour plus de 5 minutes avant que les ambiances éthérées ne nous conduisent au repos cérébral de "Wonder Spell". S’éveillant face à la mer, les touches de synthé qui virevoltent en ouverture de "Aqua Fortis" se réfugient en un carrousel séquencé pour tournoyer en une structure rythmique stationnaire. Une ligne aux accords chevrotants s’infiltre. Elle papillonne parmi d’éparses frappes de percussions, solidifiant structure séquentielle harmonieuse caressée par de suaves couches d’un synthé discret. Le rythme accentue son flux et déchaîne peu à peu les éléments harmoniques de "Aqua Fortis" avec des solos de synthé torsadés et chanteurs qui camouflent la vélocité croissante des frappes de percussions et des pulsations bourdonnantes, créant une splendide spirale ascensionnelle qui tournoie avec une envoûtante délicatesse sous le couvert de chœurs flottants. Et la course oblique s’épuise sur les rivages des océans de la contemplativité où les vagues et les cris des sternes se laissent bercer par les appels à la sérénité des sirènes astrales. Nous sommes à la 10ième minute et les chants spirituels se perdent dans des accords de guitares synthétisées et des percussions dont les claquements résonnent dans des enveloppes de feutre, comme pour ne par déranger la lyricité du moment. Les percussions et les accords deviennent plus insistants, éveillant des accords carillonnés qui miroitent et virevoltent, façonnant la naissance d’un rythme pulsatoire qui renoue avec les cendres de son introduction, mais dont les percussions claquantes sont plus présentes de même que les chœurs flottants. Imprégnant à la finale de "Aqua Fortis" cet hypnotique touche technoïde unique à la signature musicale d’Indra. Ceux qui suivent mes chroniques depuis mes débuts connaissent l’attachement que j’ai pour Indra. Comme un vieil ami, j’ai suivi son évolution. Et si sa musique de Tantric Celebration suit toujours les mêmes tangentes, elle possède toujours ce cachet si poétique qui en fait quelque chose d’unique. Ainsi Matangi, et ce même si les structures polyrythmiques et les ambiances plurivalentes qui s’y trouvent s’apparentent à celles trouvées sur Bagalamukhi, suit toujours cette courbe évolutive qui fait que les œuvres de cette série se succèdent comme une œuvre littéraire avec juste assez de nuances et de fins rebondissements pour que l’on soient capable d’en différencier les tomes. C’est magnétique, envoûtant et surtout très beau! C’est dans la lignée des œuvres minimalistes de Klaus Schulze, avec une touche séraphique.

note       Publiée le mardi 3 avril 2012

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