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Indra › Parallel Time

cd • 3 titres • 79:53 min

  • 1Prophet 31:32
  • 2Sphinx 30:52
  • 3The Twins (Bonus Track) 17:29

enregistrement

Composé et enregistré par Indra au printemps 1993 sauf The Twins (2007). Réédité en Septembre 2011

line up

Indra (Synthé Korg, claviers, percussions électroniques, séquenceurs et FX)

remarques

Pour en savoir plus à propos d’Indra et y entendre des échantillons sonores, visitez son site web: http://www.indramusic.ro/

chronique

Des accords secs et tranchants valsent avec une cohésion métallisée sur les souffles glauques de lourdes et sinueuses réverbérations irisées. Fondue dans un univers sonore où les sonorités argentées se perdent dans des souffles de métaux agonisants, l’intro de "Prophet" nous entraîne dans le curieux et abstrait monde musical d’Indra. On y entend bien ses synthés sculptés des vents d’Orient. Comme on y entend ses souffles poétiques et ses arrangements orchestraux transportés des accords lunatiques qui ne demandent qu’à former une chaine musicale cohérente, mais Indra a décidé de s’éloigner de son approche habituelle pour offrir un album plus audacieux. Un album qu’il qualifie de plus difficile à apprivoiser.
C’est après avoir assisté à la pièce de théâtre The Primeval Beauty qu’Indra eut l’idée de composer un album où l’abstrait côtoierait les rythmes ambivalents et latents. Après 2 premiers albums inspirés par le Berlin School, le synthésiste Roumain voulait entreprendre un voyage musical plus audacieux et Parallel Time en est tout un. "Prophet" est le plus expérimental des 2 titres de Parallel Time. C’est une longue toile abstraite où une panoplie de sonorités interrompues, d’accords brisés et d’orchestrations isolés vacillent et flottent dans un univers musical divisé entre l’anarchie cérébrale et ses éphémères rythmes évolutifs. L’ambiance est surréaliste avec ses bouts de mélodies noyés dans une anarchie musicale composée de sonorités hétéroclites et de souffles métallisés. Malgré sa longueur (31:32) on ne peut pas dire que "Prophet" s’étire en redondance abstraite puisqu’Indra capte notre attention et alimente l’imagination avec des insertions harmonieuses qui s’égarent et reviennent sous d’autres formes dans ce long capharnaüm musical. Divisé entre la pure atonie, de subtils élans séquencés qui ondulent sur une mer de sonorités agitées et de chœurs errants et des avalanches de percussions éparses "Prophet" continue sa longue route aux harmonies égarées, tombant parfois dans d’âpres moments éclectiques et se relevant d’autres fois dans de brefs moments harmoniques; témoin de la constante dualité qu’Indra veut imposer à sa 3ième œuvre.
Nettement plus musical et plus inspiré par The Primeval Beauty, "Sphinx" est tout simplement superbe. C’est un long titre hypnotique qui est fortement imprégné des influences de la Berlin School avec un méditatif rythme progressif martelé de percussions incisives dont les frappes parfois métallisées résonnent dans des brumes aux fragrances hindouismes. Un synthé aux mielleux souffles du Moyen Orient en ouvre l’intro. Une intro riche où les souffles paradisiaques sont enveloppés de strates de synthé entrecroisées. Des strates qui échappent ses chœurs et ses limpides tonalités de crystal. Cet envoûtant mouvement de valse morphique étire ses élytres de désirs au-delà des premiers battements des percussions, enracinant la sensualité d’une intro qui ne cesse de se fondre dans l’étrange lascivité d’un mouvement qui pourtant se dirige aux frontières de la perdition. Un peu avant la 8ième minute les percussions tombent avec plus de lourdeur et de vigueur, masquant un peu les sonorités de suaves flûtes qui émanent des synthés et donnant une seconde vie à "Sphinx". Une vie empreinte d’un magnétisme sensuel et cérébral. Des chœurs errants hument le rythme clopinant. C’est un rythme lent et lourd, comme un groovy hypnotique, qui sautille avec un mélange de percussions et de cliquetis métalliques. Indra y ajoute de superbes et séduisantes couches de synthé aux sonorités aussi attrayantes qu’étonnantes qui attisent les sens et apaisent la lourdeur des frappes de percussions dont le pilonnage hypnotique surdimensionne son approche dédacophonique. Et "Sphinx" continue de défiler ses 30 minutes comme une lente transe cérébrale où le rythme sert de prétexte à une toile musicale aux milles souffles éclectiques et où la magie d’Indra installe ses premières véritables ramifications audacieuses qui serviront la versatilité du synthésiste Roumain à travers ses nombreuses œuvres à venir. Ce titre est une pure merveille de musique minimaliste électronique.
Composé près de 15 ans plus tard, en 2007, "The Twins" est un titre en boni offert avec cette nouvelle réédition de Parallel Time. Et c’est un autre joyau qu’Indra sort de ses synthés! Un pur délice de fascination minimaliste qui débute avec des accords carillonnés qui sautillent et s’entrechoquent avec la douceur des tendresses oniriques. On reconnaît le son d’Indra. Sa délicatesse et son espèce d’hésitation pondérée, signature de douceur et de sensibilité acquis à coups de vie, qui façonne une fine rythmique légèrement saccadée. Et la musique est belle. Une superbe romance où les accords volètent avec finesse et harmonie, changeant le cours de leur mélodie sur un axe rythmique subtilement permutatoire. Le mouvement est d’une innocente candeur et tout en harmonie avec des séries de scintillants accords carillonnés qui sautillent en lignes filiformes et s’entrecroisent en différentes approches mélodieuses, forgeant un bal de mélodies inachevées qui se complètent dans l’abstraction de ses lignes parallèles, d’où le lien avec Parallel Time. Et lorsque l’on se dit; ‘‘Merde que c’est beau’’, ça le devient encore plus avec ses arrangements orchestraux qui décrochent un sourire à l’âme. Sourires qu’Indra m’arrache en fait depuis bien des années.
Parallel Time est une perle! Si "Prophet" peut écorcher vos oreilles avec son approche aussi éclectique qu’expérimentale, "Sphinx" et "The Twins" sont deux incontournables dans le monde musical d’Indra et même de la MÉ en général. Audacieux, Indra jetait les bases pour un style qu’il peaufinera avec plus de raffinement dans ses œuvres subséquentes, je pense notamment au très beau Echo in Time paru en 1998, et qui deviendront le sceau de ce brillant synthésiste et compositeur.

note       Publiée le mardi 21 février 2012

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