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Indra › Chinnamasta

cd • 3 titres • 70:33 min

  • 11 Ego Trap 11:36
  • 22 Link To The Hidden Blue 31:02
  • 33 Out Of The Abyss 27:55

line up

Indra: Virus Classic & KC, Korg Wavestation, Kurzweil K2000-SVX, VSTi: Albino 3, Blue, Discovery, Absynth 3, Moog Modular 2, Kontakt 2 & FX

remarques

Pour entendre des échantillons sonores et en savoir plus sur l’artiste, visitez son site web au http://www.indramusic.ro/

chronique

J’ai pris mon temps avant de chroniquer ce superbe album d’Indra. On connait mon affection et ma passion pour la musique du célèbre synthésiste Roumain, donc parfois je peux me laisser emporter pour un album moyen que je déguste comme un grand cru….Mais pas pour Chinnamasta. Ce 6ième volet de la Tantric Celebration est du grand Indra. Je l’écoute en boucle depuis 2 semaines et la même empreinte sonore me reste dans les oreilles; soit une superbe musique teintée de subtilités tant sonores qu’émotives qui façonne un album sans bavures. Un formidable retour aux sources d’une Berlin School harmonieuse et poétique, unique à la signature musicale du créateur de The Call of Shiva. Un opus qui rejoint, et dépasse même, les puissants Kali et Tara de cette série musicale spirituelle qu’est Tantric Celebration.
Un lourd grondement jette les prémices d’Ego Trap. De fins arpèges qui papillonnent maladroitement dans un effet stéréo captivant en émergent, moulant une cadence nerveuse sautillante et délicieusement chétive qui trouve abri sous un mellotron brumeux. Mielleusement, le rythme crescende avec des accords plus ponctués qui sont ceinturés d’une fine ligne de basse et d’un synthé aux stries autant fantomatiques que cosmiques qui flottent sur des percussions habilement camouflées par des séquences aléatoires percutantes. Un très beau morceau qui progresse avec chaleur et harmonie, empreint d’un synthé aux souffles intrigants et aux fabuleux solos de synthé austères. Des solos sobres, mais délicatement juxtaposés à une rythmique chaotique parfumée d’un doux mellotron. Une superbe pièce qui fait rêver, mais qui est surtout le prélude à un étonnant opus.
Si Nowhere Now Here est un classique de la Berlin School traditionnelle, Link To The Hidden Blue en est le digne descendant. Une douce vapeur éthérée ouvre cette symphonie électronique. Un mouvement serein qui repose sur une lente intro vaporeuse et sinueuse, enveloppée d’une membrane cosmique avec des effets sonores très accentués. Tranquillement, le drame sonore se dessine sur des souffles rauques et une cadence séquencée cahoteuse qui sautille sur un synthé aux souffles nomades. Hachuré, le rythme frétille comme les ailes d’une libellule dans un univers sonore stellaire, teinté d’expirations synthétisées et de frappes éparses d’une peau résonnante. Un mellotron geint dans cette constellation sonore qui embrasse les douces écumes d’un univers cosmique tétanisé où il gémit seul, fusant ses oraisons cosmiques aux quatre coins de l’univers Indrien. Un bref moment d’accalmie qui renaît de ses cendres apocalyptiques pour reprendre sa transe initiale sur les bercements d’un mellotron toujours aussi chaud, suave et romanesque. Une cure contre l’apathie émotive qui s’étale sur une guitare acoustique que personne n’attendait, irradiant encore plus la beauté poétique de Link To The Hidden Blue qui poursuit inexorablement sa quête musicale sur une route cosmique solitaire. Un peu comme un chemin de Compostelle cosmique. Tout simplement délicieux. Le plus beau Berlin School depuis Nowhere Now Here.
L’intro d’Out Of The Abyss détonne par rapport à la douce voluptuosité des 2 premiers titres. Une intro métallique d’où s’échappe des souffles mellotronnés. Syncrétique, mais pas elliptique, l’intro se désarçonne avec de fines et basses pulsations percussionnées qui se greffent à des percussions plus nourries, sous un firmament strié de lames synthétisées. Out Of The Abyss présente une étrange rythmique qui se dandine sur des accords d’un clavier hésitant, comme des feuilles qui tentent de tomber mais qui sont maintenues par le vent. Par contre, l’univers qui entoure ses accords est éclectique et cosmique, créant une envoûtante danse hypnotique éraflée par des striures métalliques qui sillonnent sans cesse un ciel sonore caustique. Le mouvement s’anime sur des séquences percussionnées aux effets ventousés et des accords névrotiques qui virevoltent dans une sphère restreinte, limitant la structure à un niveau minimalisme créatif avec son synthé qui ceinture le mouvement de spirales rotatives sur une structure qui devient hachuré. Nous nageons en plein délire Schulzien avec En=Trance, mais avec la perspicacité innovatrice d’Indra. Un pur délice qui s’éteint doucement dans des limbes atonaux truffés de souffles corrosifs et d’une ligne métallique sinueuse qui nous replonge dans des rythmes encore plus mordants, clôturant un Out Of The Abyss décapant.
Suis-je en avant de mon temps? Ou suis-je simplement un adepte de la musique d’Indra? Toujours est-il que Chinnamasta, qui incidemment est la déesse qui se coupe la tête et arrête toute activité de la pensée, est une pure merveille musicale. Un album sans failles où nous errons dans le royaume musical du maître d’un nouveau Berlin School. Un BS chaud, poétique et très lyrical qui nous interpelle et qui nous réchauffe le cœur. Un superbe album qui traversera le temps, tout comme les grandes œuvres de Schulze. Un chef d’œuvre que tout amateur des premières œuvres de Berlin School et de Schulze doit se procurer sans tarder.

note       Publiée le vendredi 6 novembre 2009

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