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Indra › Archives-Ruby Two

cd • 8 titres • 74:45 min

  • 1Maya 11:01
  • 2The Deep (Excerpt) 10:53
  • 3A Walk in the Clouds 9:30
  • 4Living on a Rainbow 7:43
  • 5Equilibrium 12:04
  • 6Oldie but Goldie 8:03
  • 7In the Army 7:56
  • 8Ancestor's Legacy 7:31

enregistrement

Enregistrements récupérés, difficilement, dans les voûtes d'Indra. Compositions qui datent des années 94 et 95

line up

Indra (Claviers, synthés Wavestation et arrangements)

remarques

On peut avoir des informations supplémentaires sur cet album, de même qu'entendre des extraits, en visitant le lien suivant: https://indra-music.bandcamp.com/album/archives-series-cd2-ruby-two-2015

chronique

Après un premier Ruby qui comprenait une série de 14 titres récupérés dans les années 94 et 95, “Ruby Two” conclut cette période avec 2 titres tirées des albums Tales from Arabia en 1995 et Space réalisé en 1994. Par la suite “Ruby Two” fait un énorme bond dans le temps avec 6 titres composés à la même époque que Echo in Time, un des premiers CD officiel d'Indra, qui étaient perdus dans les nombreux enregistrements qui jonchent les voutes du synthésiste Roumain. Contrairement à Ruby One, ce 2ième volet de la gigantesque série Archives offre une meilleure qualité sonore, mise à part des percussions qui résonnent trop fort dans le succulent "Equilibrium", et nous amène littéralement là où Indra commençait peu à peu à charmer les sens des amateurs d'une MÉ minimaliste qui était imbibée des parfums de Klaus Schulze, périodes Agnst à Miditerranean Pads. Moi j'ai adoré car, et ce comme dans chaque album d'Indra, se cache une perle ou deux qui font sourire, et nos oreilles, nos sens et notre âme.
Et ça débute avec "Maya", tiré de l'album Tales from Arabia. Déjà nous sentons la prémices de la signature Indra avec un mouvement de séquences minimaliste qui zigzague en douceur et subtilité et où s'intègrent des accords de synthé qui sont vêtus de tonalités de guitares méditerranéennes. Des nappes de synthés embuées de brumes et de chœurs astraux assurent la portion ambiances alors que ces accords de fausse guitare dirigent la portion des harmonies. Ça me fait penser à un conquistador jouant de la guitare sur le dos d'un âne. Envoûtant et magnétisant, même paré de cette vieille enveloppe sonore, "Maya" est la porte d'entrée d'un univers que l'on ne connaissait pas encore spirituel d'Indra. "The Deep (Excerpt)" est l'un des rares fragments sonores récupérables de l'album Space. C'est un titre ambiant avec de belles orchestrations qui sont secoués par des percussions armées de frappes arythmiques. Les violons, les nappes et les pépiements des synthés ainsi que ces chœurs que l'on devine à peine nous plonge dans un univers de méditation trouble. Après nous tombons dans l'inédit avec le très beau "A Walk in the Clouds" et, croyez-moi, le titre porte ses intensions à merveille. Au tout début, le mouvement des séquences est furtif avec des pas incertains qui sculptent la marche d'un canard sur des nuages stigmatisés dans des couleurs irisées. Façonnées dans une fumée bleutée, les harmonies sont divines même si ambiantes. L'architecte des sons de la Roumanie ajoute ces percussions aux frappes si désordonnées ainsi que des séquences en verre qui tintent sur les pulsations de ces pas qui sont maintenant plus vifs, plus rapides. C'est un bref passage accélérant où les synthés gémissent merveilleusement dans une mosaïque de sons et de tons qui reprendra la marche boiteuse de son introduction mais enrichie de tonalités organiques, on croirait vraiment entendre un canard caqueter, et de ces perpétuelles caresses de violon qui donnent tant de profondeur à la musique d'Indra.
Ces violons pleureurs nous porte aux nues avec la très belle berceuse morphique qu'est "Living on a Rainbow". Un autre titre que j'aimerais entendre dans une version totalement refaite par Indra. Très beau! Le piano m'arrache les larmes de l'âme. Les limitations des sources d'enregistrement sont encore plus omniprésente dans "Equilibrium". Les tintements et surtout ces percussions décousues qui meublent les ambiances méditatives d'Indra, de même que certaines explosions feutrées (sont-ce toujours des percussions?) agacent un peu l'ouïe. À ce niveau, le très ambiosphérique "Ancestor's Legacy" aurait nettement plus d'impact ici. Mais pourquoi mettre un tel morceau si la sonorité fait tant défaut? Parce que c'est un pur bijou! La berceuse cosmique qui gravite comme si nous montions une escalier en colimaçon vers le ciel est tout simplement divine. Les arrangements sont soyeux. Et la finale! Tout simplement divine avec son mouvement fluide et vif des séquences qui semblent courir comme une armée de petit pas dans un labyrinthe orné de mini haut-parleurs qui diffusent des nappes fumigènes et des harmonies vampiriques. Du New Berlin School magnétisant. Et ça me fend le cœur de savoir un titre aussi génial perdu dans une enveloppe sonique si limitée. "Oldie but Goldie" est un autre titre intéressant dont l'intro semblait pourtant dégagée rien de vraiment captivant. Ça démarre lentement avec des couches de synthé aux formes contrastantes. On dirait des chants de baleines qui se meurent sur les banquises du cosmos. Des bruits hétéroclites et des percussions éparpillées, ainsi que leurs ombres et l'écho de ces ombres, tentent de sculpter un rythme ambiant qui accompagne les chants d'un synthé nasillard. Peu à peu ce mouvement plutôt inorthodoxe prend forme avec des séquences plus harmoniques qui tintent dans les sillons de percussions de plus en plus entraînantes. Séquences et percussions ajustent leurs cadences et amènent "Oldie but Goldie" vers un tempo aussi lent mais plus lourd et plus dynamique. Sans doute composé dans les cendres et ambiances de "Oldie but Goldie", "In the Army" offre une structure superbement plus animée avec un bon jeu de séquences et de percussions où éclatent de beaux effets sonores et s'extirpent une splendide mélodie séquencée et tisseuse de ver-d'oreille. Depuis les 7 dernières minutes de "Equilibrium" nous sommes dans un univers qui mérite amplement ce “Ruby Two”. Dans un univers unique à Indra qui mérite certainement son alliance sonique avec Klaus Schulze. Il y a du très bon matériel ici. À date, l'exploration des deux premiers volets de Ruby sont à la hauteur de mes attentes. Je plonge dans Ruby Three la semaine prochaine.

note       Publiée le mercredi 9 décembre 2015

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