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Indra › Tripura Sundari

2 titres - 71:59 min

  • 1 Elixir 51:58
  • 2 Casyopeea 20:01

enregistrement

3ième volet de la symphonie électronique Trantic Celebration

line up

Indra: Virus Classic & KC, Korg Wavestation, Kurzweil K2000-SVX, VSTi: Albino 3, Blue, Discovery, Absynth 3, Moog Modular 2, Kontakt 2 & FX...mais pour une liste très exhaustive de l'équipement utilisé par Indra, voir http://www.indramusic.ro/forum/viewtopic.php?id=20

remarques

Pour entendre des échantillons sonores et en savoir plus sur l’artiste, visitez son site web au : http://www.indramusic.ro/

chronique

Écrire de longues pièces, sans index musicaux, est tout un pari audacieux. Des artistes comme Klaus Schulze et Mike Oldfield se sont déjà rivés le nez en présentant des titres d’une complexité évolutive de 75 et 60 minutes, sans offrir d’index. D’ailleurs, les fans de Oldfield ont repris Amarok en ajoutant des index en quantité industriel. Pour l’ouverture de son 3ième chapitre de Tantric Celebration, un ambitieux de projet musical de 12 CD qui se veut une célébration à la grande puissance cosmique et à la divine beauté de l’amour, Indra décide de relever ce défi en présentant une pièce d’ouverture de plus de 50 minutes.
Elixir est un superbe voyage musical qui prend naissance sur un léger tourbillon, dont les arcs sonores étendent ses réverbérations sur des ondes pulsatives Atonique, le mouvement est silence sauf pour les légères intrusions de ions feutrés aux tintements hypnotiques. Les réfractions sonores s’amplifient sous une fine ligne de basse ondulante qui oscille sur une douce arabesque tournoyante, qui intensifie ses ondes réverbérantes auprès de délicates striures synthétisées.
Si les liens avec Kali et Tara semblaient distant de Tantric Celebration, Tripura Sundari est plus près que jamais du voyage cosmique d’Indra. À elle seule, Elixir en développe les sens avec un long voyage d’une tranquillité intérieure teinté de boucles hypnotiques et envoûtantes qui progresse en 3 parties; l’atonie, l’éveil des sens et la création. Les fusions sont sans temps et aléatoires aux perceptions personnelles, d’où l’absence d’index pour en faire une distinction. Indra aime étonner et est surtout capable de faire évoluer un monstre de 50 minutes avec une habilité progressive étonnante.
Le mouvement est d’une douceur lascive et progresse en délicatesse sous l’œil d’un synthé aux cercles sonores pénétrants. De légères perles synthétiques parsèment cette intro qui s’active sur des séquences spiralées. Un peu comme un doigt touche l’onde des eaux, provocant une multitude de cercles sonores. Ces cercles s’accentuent pour fusionner entre l’inertie et le rêve, sur une impulsion continue, mais dont l’accélération est à peine perceptible. Ce segment est superbe, car il est inondé de formes sonores syncrétiques à l’évolution en place. On plane et on dérive sur une surface calme, dont l’ébullition est certaine mais difficilement perceptible. Plus on avance plus la cadence devient syncopée. Sans percussions, le mouvement percute d’une lourdeur hypnotique, offrant une transe séquencée d’un voile sombre, nourris de synthés aux cercles ambigus et aux chœurs lourds, dardés d’une émotion claustrophobe. Un gros Berlin School aux ondes enveloppantes et aux synthés truffés de mellotrons lourds et dominants.
Casyopeea est construite sous l’autre sens. Au lieu d’un tourbillon horizontal, c’est un long cercle aux sonorités verticales qui attisent l’envoûtement. Sur une intro aux sonorités échotiques, les cerceaux sonores nous envahissent et nous dirigent vers une forme emphatique aux mouvements sensuels. Un mellotron flûté d’une texture musicale indéfinissable flotte parmi cet univers hypnotique aux boucles moulantes et animé d’une multitude d’anions aux eurythmies aussi diverses que son abondance. Pas vraiment rythmé, ni atonique, on assiste à un ballet incohérent aux mouvances gracieuses comme si la musique pouvait en astreindre sa profondeur théâtrale.
Un beau titre aux nuances contradictoires efficaces qui nous présente un Indra très particulier, avec une sonorité et une structure tout à fait nouvelles et d’une étrange ambiguïté. Casyopeea se termine sur une comptine malveillante, comme si les dangers sont toujours présents, même dans l’innocence.
Selon moi, Tripura Sundari est l’album le plus personnel du synthésiste Roumain. Il faut prendre le temps de s’asseoir et d’écouter ce voyage musical velouté rempli de tendresse et de passion, aux rythmes progressifs dans une mer d’une oisive tranquillité. Une ode à l’amour culte qui progresse avec une douceur poétique sur des prémices aux paradoxes bien sentis.

note       Publiée le mercredi 24 octobre 2007

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torquemada › mercredi 24 octobre 2007 - 20:38  message privé !
Quelle pochette !