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Therapy? › Babyteeth

lp • 7 titres • 27:39 min

  • 1Meat Abstract
  • 2Skyward
  • 3Punishment Kiss
  • 4Animal Bones
  • 5Loser Cop
  • 6Innocent X
  • 7Dancin' With Manson

informations

line up

Andy Cairns (chant, guitare), Fyfe Ewing (batterie), Michael McKeegan (basse)

Musiciens additionnels : Keith Thompson (IR) (saxophone sur "Loser Cop")

chronique

Therapy? était un groupe sale à ses débuts, issu d'esprits punks toxiques, nocifs, au moins autant que les crusteux d'Amebix. Sur Babyteeth, les juvéniles Therapy? m'évoquent des sociopathes tout juste sortis de l'adolescence, et de leur sous-sol. Avec des gueules de sac de chaux, une haleine de rat, et une faim redoutable à enchaîner les tubes underground. Des dents, une bitte et un couteau - et on y va à fond, Baby. Leur grunge à eux, c'est leur lose, à l'irlandaise. "Seattle" c'est pluvieux mais ça sonne très classe, à côté d'un bled qui s'appelle Larne. Therapy? suinte la solitude, dans cette petite ville portuaire et industrielle. Autant que l'alcool, le labeur, les angoisses nocturnes à se réveiller en se disant qu'on rate sa vie en se tuant à la tâche. "Everyday I feel the same, every day drains into the next". La damnation dans le manuel. L'obsession féroce d'une musique qui tourne et crisse comme la rémouleuse de l'atelier quotidien. Le sexe express dans des WC publics, rivé à ce rythme de maniaque qui mènera à un orgasme sec, une grimace de dégoût. La volonté de Therapy? : te pénétrer, soniquement. Ce que cette pochette à la Giger SDF exprime assez bien : une langue-pénis dans la tête par l'oreille (un lien facile à faire avec le groupe américain Outil, et son logo phallique à base de clé anglaise). Obsession très directe, adolescente, et donc sale : taper dans le fond de tes tympans, pour se finir dans ton cerveau tout mou et gluant. Mais pas sans avoir quelque choses importantes à transmettre au passage, sur ce qui macère dans celui de ce petit mec de vingt-cinq ans, sorti d'usine et décidé à monter son groupe de rock qui va neutraliser la concu. Pour cela, Andy Cairns est déjà plus que sing-ulier. Aussi atypique que le prodigieux Fyfe Ewing.

Therapy? est né par ce son de batterie, peut-être le plus cru du monde : celui qui ouvre "Meat Abstract", l'ancêtre de "Neck Freak". Puis par ce son de guitare unique dans le sillage de Geordie Walker et Steve Albini, tendu par le poteau Cairns, et sa voix de déchet radioactif... "No one knows the trouble I've seen / No one knows my mind"... Charisme, rythme, ambiance : validation totale au gros marqueur indélébile. La stoner-grunge "Skyward", met le chant d'Andy en retrait pour faire vrombir un moteur magique dans ma tête retournée, à grands renforts de wah-wah. Que dire de "Punishment Kiss" gaulée comme le meilleur d'un Scratch Lizard, avec un "solo" strident et sublime ? Ou de la sauvage "Animal Bones", sonnant comme un Fugazi avec les couilles encore plus pleines et en fusion, propulsé par Ministry ? Le techno-noise rock MONSTRUEUX de "Innocent X" mettant d'accord tous les raveurs d'un monde dystopique plein de masques à gaz et d'étincelles, avec un featuring possible de Dennis Hopper au respirateur... en tout cas samplé depuis Easy Rider, sur l'ultra-brutale "Loser Cop", avec ce saxo qui tartine ce qu'il faut pour créer le malaise, sans casser les coureilles comme Zorn. La mélodie punk-pop qui s'épanouira bien vite chez Therapy? apparaît timidement, mais elle est déjà là : sur "Dancin' with Manson", accompagnant la basse ultra-post-punk de McKeegan et des paroles odieuses inspirées par l'assassinat de Sharon Tate, avant de s'achever sur un extrait de Magic (ce petit chef d'œuvre d'épouvante avec Anthony Hopkins). Final d'un mini album à l'effet maximum hallu-minium. Babyteeth incarne (avec Pleasure Death) ce que Therapy? ont fait de plus cru, de plus malsain, et pour plusieurs auditeurs de la première heure : ce qu'ils ont fait de mieux... Quand je l'écoute, je suis d'accord avec eux. Oui, Therapy? serait déjà culte rien qu'avec cette boucherie. Il faut le dire, le redire ; et surtout l'écrire, sinon on sait comment ça fait : ça entre par une oreille et ça sort par l'autre !

note       Publiée le vendredi 26 mai 2023

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    torquemada Envoyez un message privé àtorquemada

    Merci, je sais maintenant d’où vient le surnom de McKeegan !

    Note donnée au disque :       
    nicola Envoyez un message privé ànicola