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Kan Mikami › Mikami Kan no sekai

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DukeOfPrunes      jeudi 18 février 2021 - 21:59

lp • 11 titres • 39:14 min

  • 1Baka Bushi4:35
  • 2Monona Komori Uta3:03
  • 3Karasu4:51
  • 4Juzu no Tama Kireru Hi Ni2:44
  • 5Odo4:23
  • 6Naze5:00
  • 7Pistoru-ma no Shonen2:01
  • 8Ki1:54
  • 9Kuroi Chiisana Kamotsu-ressha2:25
  • 10Shonben Darake No Mizuumi2:48
  • 11Yume Wa Yoru Hiraku4:50

line up

Kan Mikami (guitare, voix)

remarques

chronique

Styles
folk
Styles personnels
enka-folk revanchard

Tokyo, septembre 1968. Un gamin rêveur, avide d’expérience beatnik, descend du train et se mange la mandale de sa vie dans la moiteur automnale de la métropole japonaise. Fraîchement débarqué de sa campagne d’Aomori où il ne supportait plus les jupons de sa mère, Mikami pénètre dans la jungle urbaine. Son rythme infernal lui bouffe le cerveau. Il croyait pourtant bien faire en cédant à l’appel des sirènes, en suivant l’exhortation à fuguer de son mentor par correspondance, Shuji Terayama. Il se sentira refoulé avant même de franchir le seuil du théâtre Tenjo Sajiki, à Shibuya. De quoi forger le caractère d’une bête en cage. Trois ans plus tard, après les petits boulots, la misère et la faim, vient le doux sentiment de revanche avec son premier album, où il déballe son monde à qui veut l’entendre. Du folk rageur, en réaction aux blues du « dieu » du genre, Nobuyasu Okabayashi, fusionné avec le pathos de l’enka séculaire, en écho à la jeunesse de Kan, bercée par des stars comme Kyu Sakamoto et Akira Kobayashi. Sa maîtrise pue le chagrin, la boule au ventre ; c’est un règlement de comptes. Le brûlot ose même l’appel du pied à un serial-killer, Norio Nagayama. Par quel miracle un disque parlant de mort et de viol, qu’on dénoncerait aujourd’hui comme une apologie du terrorisme, se retrouve ainsi dans les bacs avec l’aval d’une major, Columbia ? Besoin de diversification, suivi d’un coup de baguette magique du producteur Koichi Baba, qui a su percer à jour le talent brut d’un bourgeon recraché par la société moderne. Le tout dans un dépouillement quasi-total, à l’exception d’une première piste qui fleure bon les arrangements à la Masao Koga. On navigue en des eaux troubles comme du sang caillé, entre freak et punk. Mikami hurle à s’ouvrir la gorge des poèmes à lui, futurs standards underground qui, dans la tradition des Kerouac et autres Bukowski, foutent les mains dans le cambouis et plongent la langue dans le vocabulaire de la rue. Il est hanté par le spectre de son père défunt et garde en bouche le goût de la pisse froide, pendant que les folkeux aux cheveux longs (qu’il côtoie parfois) gratouillent leurs cordes en chœur, en suivant les petites modes du moment. C’est son pote Toshio Saeki qui croque le personnage du poète, une fleur jaillissant de sa poitrine sur fond d’estampes grotesques. Trop, c’est trop : l’album sera censuré, interdit, retiré de la vente. Quelques semaines plus tard, en l’espace d’une nuit, Mikami sera appelé à devenir, bien malgré lui, l’un des chanteurs les plus radicaux de son pays.

note       Publiée le jeudi 18 février 2021

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