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Kan Mikami › Makeru toki mo aru darō

lp • 7 titres • 35:08 min

  • 1Ni-do made no serifu4:06
  • 2Sutorippāman3:53
  • 3Fushidara no keikō3:17
  • 4Rigō ikō-shū yori6:31
  • 5Machi de3:25
  • 6Umi otoko5:27
  • 7Makeru toki mo aru darō8:29

enregistrement

Enregistré à Sunrise Studio, Freedom Studio et Media Studio.

line up

Kan Mikami (guitare, voix)

Musiciens additionnels : Hitoshi Komuro (guitare), Takeshi Shibuya (piano), Seiichi Nakamura (saxophone), Shozo Okamoto (basse), Ryojiro Furusawa (batterie), Toshiyuki Daitoku (piano), Koji Fujika (clarinette), Masaharu Kanda (violoncelle), Tatsuya Miyake (alto), Saburo Ueki (violon), Yoshinari Nakamura (violon), Chuei Yoshikawa (guitare), Bellwood Philharmonic (orchestre), Hiroshi Ishimaru (direction)

remarques

chronique

Pour Mikami, la musique est une affaire sérieuse. Elle vaut le coup de s’y jeter entièrement, corps et âme, de mettre sa vie en jeu. Quand un chansonnier se mange des murs et broie du noir, il n’en sort que grandi. Leçon chèrement acquise ? Il y a des fois où il faut savoir perdre. C’est le sujet de cet album paru chez Bellwood, qui fut un des labels à suivre à l’époque bénie du folk-rock nippon, où Kan va poser ses godasses pendant quelques années sans créer d’autres disques à son nom. Le poète n’est pas du genre à laisser passer l’occasion de transformer ses échecs en textes poignants ; c’est même, sans doute, ce qu’il fait de mieux. Comme à son habitude, il demande des renforts promotionnels à ses amis, du moins ceux qui ne lui ont pas encore tourné le dos. L’heure est, de toute façon, au pathos assumé. Mis à part une chanson qui semble parachutée en plein milieu sans autre forme de procès, il livre là une perle opaque sortie du caniveau, en dévoilant une facette sensible voire romantique qu’on ne lui soupçonnait pas. Avec ses instrumentations intimes de musiciens classiques, sans pomposité inutile, c’est une antithèse parfaite de BANG! et pourtant, une écoute tout aussi essentielle pour qui veut comprendre le cheminement de l’artiste. On y trouve l’image d’un poing fermé séchant les larmes versées pour chaque année gâchée depuis ses débuts, ainsi qu’une paraphrase d’un texte de Rigaut, mêlant tendance suicidaire et philosophie cathartique. Être sérieux comme le plaisir. Mikami trouve là une phrase qui enveloppe toute la complexité de son être. Rappelons-le : le chanteur est aussi un acteur de films érotiques pas toujours très reluisants. Et alors ? Dans son esprit, le stupre et la souffrance, la jouissance et la mort sont indissociables. Comme une paire de seins, dirait l’autre. Le plus tragique, ici, c’est que cette bulle d’air que Kan s’autorise n’est qu’un îlot d’apaisement. Les crises vont se succéder, et 1979 sera un véritable pivot. Acculé par les créanciers, abasourdi par un film de John Milius, bouffé par une sensation de vide qui lui tord les boyaux, Mikami va plaquer tout ce qui ne touche pas à la pratique musicale et poétique et se lancer sur la route. Quitte à faire des erreurs. On l’aura compris, ces dernières lui serviront en premier chef à aller de l’avant.

note       Publiée le jeudi 11 mars 2021

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