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Kan Mikami / Ryojiro Furusawa › Shokugyō

lp • 7 titres

  • 1Aomori Kitatsugaru-gun Tōkyō mura
  • 2Karasu
  • 3Mikami kōmuten ga aruku
  • 4Umi
  • 5Bang!
  • 6Saigo no saigo no saigo no sanba
  • 7Kono rekōdo o watashi ni kudasai

enregistrement

Enregistré le 9 juin 1979 à Rikuzen Takada, préfecture d'Iwate.

line up

Ryojiro Furusawa (batterie), Kan Mikami (guitare, voix)

remarques

chronique

Styles
folk
jazz
punk
Styles personnels
poison brut

La décennie des années quatre-vingt n’aura pas été tendre envers les artistes tenus en échec par les enjeux musicaux de leur époque. Traversée du désert connue surtout des folkeux ; on pense au Neil Young de 1983-1987, autre âme solitaire trimballant alors (plus ou moins sciemment) son lot de casseroles. Mikami, lui, aura été complètement broyé par la machine, et il faudra du temps pour s’en remettre. Limitant ses concerts à une routine mensuelle et à des tournées annuelles, le poète se fait tout petit, prend ses marques dans des paysages jazzy et fait maturer sa cervelle dans le ronron familial. On le voit à la TV pour une émission locale au concept nouveau, qui pressentira le phénomène des otakus et deviendra, pour une part de ses compatriotes, sa contribution la plus visible au paysage musical nippon. Il profite de cette période largement moins turbulente pour vivre d’autres expériences, voyager, tourner dans des films comme le Furyo d’Oshima (passant à tabac David Bowie) et écrire des chansons, tout un répertoire même, qu’il garde sous le coude. Son moment viendra. En 1983, il change de point de vue sur l’instrument dont il se sert depuis ses quinze piges. Il œuvre ensuite dans l’ombre d’un studio berlinois pour un compère acteur, Nezu Jinpachi, puis monte en puissance avec des batteurs comme Toshiaki Ishizuka, dynamiteur attitré de Kazuki Tomokawa, ou encore Sunny Murray. En 1987, Kan se réintéresse à de vieux enregistrements jamais publiés. Il tombe sur les bandes d’un concert donné en 1979 en duo avec Ryojiro Furusawa, un de ses maîtres ès rythmes, et percute à son tour : même à cette époque sombre où les bornes d’arcade le poussaient hors de la scène, il n’avait rien perdu de sa verve. Maintenant qu’il a repris du poil de la bête, les lendemains lui paraissent plus chantants. Il a envie de le crier sur les toits : il n’a pas l’intention de raccrocher les gants au vestiaire. C’est de là que vient ce LP énergique, souillon, dans lequel il est question de son « métier », qui consiste à redonner aux mots toute leur charge signifiante. Retour à une production underground. Comme le disait Marshall McLuhan, le médium est le message – plus que jamais. Si le contenu débridé de cette archive n’est pas forcément ce que Mikami a fait de mieux (il est en tout cas difficile d’en juger sur pièce), il reste un manifeste, un prologue à sa renaissance. Avis aux détracteurs : le poète n’est pas définitivement mort et enterré. Un producteur tokyoïte, Hideo Ikeezumi, sent d’ailleurs le vent tourner.

note       Publiée le mardi 23 mars 2021

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