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Kan Mikami › Jūkyū sai nikka getsu jūroku nichi yoru

2xlp • 26 titres • 77:05 min

  • 1夜中の二時3:43
  • 2近親相姦の唄2:20
  • 3おど5:45
  • 4犯されたら泣けばいい2:38
  • 5夢は夜ひらく4:00
  • 6おかっぱ頭の少女のメンスが紅い2:41
  • 7小便だらけの湖2:17
  • 8処女飛行1:38
  • 9昭和の大飢饉予告編2:27
  • 10ました節3:12
  • 11数珠の玉切れる日に2:44
  • 12気ちがい2:39
  • 13からす3:52
  • 14妹売歌(こんな村でなけりゃ)3:15
  • 15近親相姦の唄3:03
  • 16地獄1:34
  • 17青森県北津軽郡東京村2:14
  • 18夢は夜ひらく2:43
  • 19昭和の大飢饉予告編2:24
  • 20五所川原の日々5:04
  • 21お山さ1:56
  • 22おかっぱ頭の少女のメンスが紅い2:35
  • 23おど5:45
  • 24小便だらけの湖3:25
  • 25気ちがい2:39
  • 26数珠の玉切れる日に2:54

enregistrement

Enregistré à Station '70, Tokyo, en mars-avril 1970.

line up

Kan Mikami (guitare, harmonica, voix)

remarques

chronique

Styles
folk
Styles personnels
shibuya folk

Drôle d’histoire que celle de ce jeune livreur de journaux, la crète au vent, poussant les pédales de son vélo pour gagner sa maigre croûte, et chassé par les caméras de télévision locales parce que son profil et ses racines rappellent le tueur en série Norio Nagayama. Encore plus folle, la scène d’audition de ce même adulescent sur le toit de Station ’70, une sorte de night-club design et avant-gardiste tapissé de miroirs et d’écrans, où se rassemble toute la faune extrémiste et radicale que compte Tokyo en 1970. Mikami n’aura pas eu besoin de faire plus que vivre sa vie, en tout cas y survivre, pour attiser les curiosités et se retrouver à l’affiche de concerts réguliers, comme les jazzmen Masayuki Takayanagi, Kaoru Abe ou Motoharu Yoshizawa, entre deux séquences de baston dans des ruelles mal éclairées. Pas encore émancipé de l’archétype du folkeux sauce Dylan qui se sent presque obligé de souffler dans un harmonica en plus de gratter des cordes acoustiques, il nous parle d’un temps que ce moins de vingt ans n’a pu que connaître. La colère coincée à mort dans les viscères, les cris douloureusement expulsés du corps comme de violentes remontées gastriques, les paluches maltraitant dans leur va-et-vient l’instrument fétiche de ceux qui n’entrent pas dans la norme, par caprice ou par nécessité. L’existence de bandes de cette époque et leur exhumation (tout comme le tournage du documentaire TV de Soichiro Tahara) tiennent du miracle. C’est, pour beaucoup, l’occasion inespérée d’entendre les balbutiements d’une carrière prolifique et des chansons n’existant nulle part ailleurs, bien que la version double-LP de 1991 sur le sous-label Mikami Komuten ne réserve au départ ce document sonore qu’à une petite centaine de bienheureux (il faudra patienter jusqu’en 2005 pour qu’une version CD en permette une diffusion élargie). Station ’70 ne survivra pas longtemps aux implications terroristes de son patron, et fermera un an après les débuts de Mikami ; la capitale mutera et les petits quartiers feront largement place aux grands bâtiments de promoteurs immobiliers peu scrupuleux – pour ne pas dire foncièrement malhonnêtes. Quand bien même, le contenu abrasif de ce live n’a aucun équivalent, dans le parcours de l’artiste comme dans le folk nippon. Il est une machine à remonter le temps, avec pour unique destination cette (courte) parenthèse de l’underground tokyoïte.

note       Publiée le vendredi 9 avril 2021

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