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Kan Mikami › U・S・E

  • 1993 • Psf PSFD-30 (MM-3) • 1 CD

cd • 9 titres • 28:58 min

  • 1Fish (Suzuki)3:58
  • 2Miyakojima Miyakojima3:18
  • 3Xᴺ+Yᴺ=Zᴺ (N≠yuki) N=Hotaru2:45
  • 4U・S・E4:07
  • 570'4:26
  • 6Nanji, rinjin no...3:28
  • 7MC・Bluse2:09
  • 8Sakura. Sakura1:42
  • 9Yowai hito (A Man)3:00

enregistrement

Enregistré au Studio J par Takeshi Yoshida.

line up

Kan Mikami (guitare, voix)

remarques

chronique

Styles
blues
folk
Styles personnels
japamericana

En 1993, Mikami continue de tailler sa route au Studio J pour imprimer encore plus sa marque blues-folk dans le catalogue du label d’Ikeezumi. Cette fois, en lieu et place d’une forme géométrique zen ou d’une illustration déjantée, se dessinent les grandes lignes de la bannière étoilée de l’Oncle Sam. Preuve tangible de l’influence des bluesmen américains ? Certains titres tendraient à confirmer cette théorie ; mais, a priori, pas du tout. Kan ne navigue pas dans les eaux troubles du Mississippi, en tout cas, pas officiellement. Les États-Unis sont ici prétexte à un jeu de mots (dont il s’est toujours fait une spécialité) : USA = USE, « UTILISER ». Le poète ferait donc une critique en accords mineurs du consumérisme, corollaire sacré du capitalisme, en dispersant quelques boulets rouges contre un géant géopolitique dont les dérives impérialistes ont bouleversé l’histoire de son propre pays. En voilà une première lecture, certes. Ceci dit, en grattant le dos du mediator, on peut sans mal échafauder une autre hypothèse valable. Ce troisième album solo sous l’ère Heisei cacherait une critique au vitriol de la nation nippone, elle-même gouvernée par une société du prêt-à-jeter – les accords du Plaza en ligne de mire. Mikami s’est nourri de la contre-culture et des icones pop d’outre-Pacifique, des Ray-Ban à Marilyn Monroe en passant par Jack Kerouac, le style Ivy League, le surf et tous les autres produits d’importation dispersés par les bottes des G.I.’s amerloques, sans oublier (bien sûr) le jazz. Il ne l’a jamais caché : son langage est celui de « l’entertainement ». Et le tango du yen et du dollar, la dévaluation, la crise ? Implicitement, les travers de la superpuissance serviraient de décodeur cynique du pays du Soleil Levant. On dépasse ainsi l’économie pour entrer dans le champ social. Car l’argument musical du chanteur déraciné dépeint une autre version du Nihonjiron, ce genre littéraire traitant du Japon qui, souvent, verse dans l’idéologie pure et les thèses rationalistes. Est-il acceptable, par exemple, de parler d’unicité de race dans un archipel aux ethnies et us multiples ? Bleu, blanc ou rouge, le roman national étatsunien élude aussi le génocide de peuples autochtones. D’où qu’on vienne, où que l’on soit –sujet à méditer. U・S・E a tout l’air d’une exhortation à foutre les discours fermentés à la poubelle, pour le bien suprême. Et c’est le blues qui referme le couvercle.

note       Publiée le mercredi 14 avril 2021

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